Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !
Cinq pays ont décidé de réduire plus significativement leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Parmi eux deux nouveaux Etats qui veulent avoir un bilan carbone neutre d’ici quelques années.
Ce ne sont certes pas les plus grands pollueurs qui se sont lancés dans cette noble entreprise, mais probablement faut-il y voir la volonté bien affirmée de certains politiques d’accorder davantage de place à l’écologie dans les Etats dont ils ont la charge. Le Cartagena Group/Dialog for Progressive Action s’est tenu la semaine dernière sur l’île de Bandos, dans l’archipel des Maldives, et a réuni 28 nations dont des pays développés comme la Nouvelle-Zélande, la France et le Mexique. C’est toutefois du côté des pays en développement (PED) qu’il faut chercher ceux qui ont pris des engagements.
Le challenge éthiopien
Les Maldives avaient été les précurseurs dans ce domaine après que son président Mohammed Nasheed ait annoncé son intention d’en faire le premier Etat avec un bilan carbone neutre d’ici 2020, suivis peu après par le Costa Rica, dont les autorités se sont quant à elles fixées l’horizon 2021. L’archipel des Samoa vient d’affirmer son intention de faire de même pour 2020 : « Ôter les énergies fossiles de notre économie sera à la fois bénéfique pour le climat et pour nos ressources financières », a estimé Faumuina Tiatia, ministre samoan de l’Environnement et des Ressources naturelles, selon lequel « c’est plus économique pour (son pays) de générer de l’électricité par (lui-même) grâce aux énergies renouvelables, plutôt que d’importer du pétrole de plus en plus cher ». Les archipels des Marshall, dans le Pacifique, et d’Antigua & Barbuda, dans les Antilles, ont également annoncé la réduction de leurs émissions d’ici 2020, respectivement de 40% et 25% par rapport à leurs niveaux de 1990.
De son côté, l’Ethiopie veut relever un défi beaucoup plus compliqué à mettre en œuvre que pour les archipels océaniens : permettre le développement d’un pays de 80 millions d’habitants, sans accès direct à la mer, confronté à des problèmes alimentaires et dont l’essor économique en est encore à ses balbutiements. Cette situation ne décourage nullement le docteur Tewolde Egziabher, directeur général de l’Autorité de protection de l’environnement éthiopienne. Ses leviers d’action seront la reforestation et la transition totale des énergies fossiles vers les énergies renouvelables, grâce en particulier à l’hydraulique. L’accès aux sources du Nil qui traversent son territoire et sont depuis quelques semaines à l’origine de graves tensions diplomatiques sera alors d’autant plus crucial. Parvenir à obtenir ce bilan carbone neutre d’ici à 2030 comme escompté est donc un formidable challenge.
Les chaises vides de Pékin et Washington
La réunion n’a en revanche débouché sur aucune annonce des pays développés. Dans les faits, certaines villes se sont elles-mêmes fixées l’objectif d’un bilan carbone neutre, comme la capitale danoise Copenhague. D’autres Etats, de taille plus importante, seraient probablement à même d’atteindre des objectifs similaires, comme l’ont attesté une récente étude australienne et les récentes déclarations du Premier ministre britannique David Cameron. Ce n’est donc pas qu’une question de taille économique des pays qui empêche les grands de la planète d’atteindre de tels objectifs. Il en va ici aussi de la volonté politique.
L’idée qui pourrait changer la donne vient (encore) des Maldives et du Costa Rica. « Dans le futur, nous espérons établir un standard international pour les pays qui voudraient partager leur objectif d’avoir un bilan carbone neutre », a ainsi confié le vice-ministre costaricien de l’Energie et de la Gestion environnementale Andrei Bourrouet. « Réduire les émissions de carbone ne doit plus être considéré comme une menace qui va détruire des emplois et ralentir la croissance économique mais, au contraire, les actions vertes doivent être vues comme la plus importante opportunité économique depuis la révolution industrielle », a pour sa part plaidé le président maldivien Mohammed Nasheed. Qui sait si ces déclarations pleines de bon sens interpelleront la Chine et les Etats-Unis, les deux plus gros pollueurs de la planète, qui comme un symbole n’ont pas participé à ce sommet.

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !