Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !
Il est l’une des personnalités « écolos » préférées des Français. Dans un sondage Opinion Way paru début octobre, 26 % d’entre eux souhaitaient même qu’il prenne la succession de Jean-Louis Borloo au ministère de l’Écologie. Un pourcentage qui vous pose un homme et confère – ou contraint, selon les points de vue – à Yann Arthus-Bertrand un devoir d’exemplarité. En toutes circonstances.
L’actualité récente a cependant montré qu’il peut aussi être de ces realpoliticiens susceptibles, en persistant dans cette voie, de courroucer les éco-citoyens aux yeux desquels respect de la nature et marketing ne sont pas compatibles. Plus pragmatiquement le fait est que le green business est une chose et que l’acoquinement avec des piliers de l’or noir en est une autre.
En soutenant la candidature qatarie à la Coupe du Monde de football 2022, d’aucuns trouvent que « YAB » a fait fausse route. Le talent de l’artiste ne saurait certes être remis en cause, mais quand même : pourquoi diable avoir donné son assentiment à ce projet empreint de gigantisme et qui génèrera une consommation énergétique monstrueuse ?
Il ne faut pas chercher très loin. Des investisseurs du pays ont en effet injecté des fonds dans la réalisation de la superproduction Home, allégorie de la beauté terrestre tournée dans cinquante-cinq pays et vue par des dizaines de millions de personnes partout dans le monde. Un renvoi d’ascenseur qu’ils étaient nombreux à ignorer et qui devrait faire jaser dans les chaumières ces prochains jours.
Ajouté aux dix millions d’euros débloqués par l’industriel François-Henri Pinault, cet appui budgétaire rend quelque peu dubitatif sur la crédibilité environnementale des principaux bâilleurs de fonds du photographe-réalisateur. D’une manière générale en ayant promu les très ambitieux desseins footballistiques de Doha, M. Arthus Bertrand en fera sans doute s’interroger plus d’un sur ses arrières-pensées réelles.
À ceux-là nous répondrons que son travail de sensibilisation, par trop considérable et efficace, est au-dessus de tout soupçon de même que sa fondation Goodplanet, très impliquée dans tous les grands combats d’aujourd’hui.
Reste que celui qui est devenu la garantie environnementale de ce Mondial à la saveur pétrodollarisée aurait tout intérêt à s’expliquer, et sans doute aurait-il pu éviter d’écorner ainsi son image. La baisse de la cote de popularité est à envisager et l’incrédulité ne doit pas être loin de faire l’unanimité. Parce qu’il faut aussi rendre à César ce qui lui appartient son engagement pour la cause écologique, lui, reste concret.

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !