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Claude Allègre, à contre-courant (1/2)

Claude Allègre, anti-écolo et fier de l'être

La plupart des environnementalistes, ceux-là même qu’il se plaît à dézinguer à chaque interview ou presque, l’exècrent. Ils ont il est vrai bien des raisons d’en vouloir à ce provocateur hors norme.

À moins que ses déclarations, souvent fracassantes et épisodiquement teintées de condescendance, n’aient fini par les laisser de marbre.

Quoi qu’il en soit, Claude Allègre énerve. Il énervait déjà lorsqu’il était ministre de l’Éducation Nationale. Partisan d’une réduction drastique du nombre de fonctionnaires, il avait déclaré vouloir « dégraisser le mammouth ». Digne des Tontons flingueurs, la tirade avait choqué des dizaines de milliers de professeurs. Il a continué d’énerver durant la dernière campagne présidentielle, en lapidant Ségolène Royal sur la place publique. C’était certes son droit le plus absolu, il n’était certes pas le seul, il n’a certes pas instigué le mouvement mais le fait est qu’il a pris position contre la candidate de sa famille politique.

Pestiféré

Passé maître dans l’art de cultiver son impopularité, il a ensuite déversé une partie d’un fiel que ses détracteurs quantifient en hectolitres contre François Hollande et Lionel Jospin, lequel lui avait offert son premier (et jusque là unique) portefeuille ministériel. L’acceptation en 2008 d’une mission confiée par le chef de l’État himself – l’organisation des Assises européennes de l’innovation – aurait pu être l’ultime clou dans le cercueil de son ostracisme. Sauf qu’il avait encore des critiques à formuler et de quoi entretenir l’animosité de ses compatriotes journalistes, scientifiques ou simples écocitoyens.

Parce qu’il ne s’est encore jamais victimisé, on dirait qu’il n’a que faire de déplaire. À soixante-treize ans, Claude Allègre est en tout cas l’archétype de l’aboyeur paria. Il devrait le rester mais la cuirasse paraît définitivement trop épaisse pour être transpercée, et peut-être même que son excommunication est devenue son nouveau fond de commerce.

Son courroux actuel, lui, porte sur les tenants de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique, l’avènement du concept de développement durable, bref sur tout ce qu’il pourrait un jour appeler « le diktat de l’écologiquement correct ».

Médaille d’or du CNRS en 1994, géochimiste reconnu, le sieur a a priori quelque légitimité pour parler de la hausse des températures et jouer les redresseurs de torts climatiques au demeurant loin d’être avérés. Avec son cadet géophysicien Vincent Courtillot, il forme un redoutable duo de messieurs soleil sceptiques qui, toutefois, ont tardé à faire part de leurs réserves, et c’est précisément ce que certains leur reprochent aujourd’hui.

Pourfendeur du GIEC

Claude Allègre ne s’est jamais appesanti sur l’étonnante durée de son silence. Il n’est en revanche pas avare d’écrits et de paroles plus ou moins vulgarisés pour tenter de démontrer l’inexactitude des conclusions de la majorité de ses pairs, les membres du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) en particulier, qu’il n’est pas loin d’accuser de corruption et qui mettent désormais tout en oeuvre pour à leur tour faire peser sur lui le terrible soupçon d’amateurisme.

Grande gueule mâtinée de mauvaise foi, l’ancien ministre de l’Éducation nationale reste sur deux publications à charge. Après Ma Vérité sur la planète, sorti en 2007 et rédigé au moyen d’une plume baignée dans le vitriol – Al Gore et Nicolas Hulot peuvent en témoigner – , il a fait beaucoup parler de lui avec L’imposture climatique ou la fausse écologie, un livre d’entretiens avec le journaliste Dominique de Montvalon paru en début d’année.

« Depuis trois hivers, tout le monde patauge dans la neige, le froid », « il ne faudrait plus manger de boeuf parce que… c’est mauvais pour le climat ». Plutôt facile et pas forcément efficace même si, le plus souvent au comptoir du bistrot, il y en a d’autres qui, exaspérés par son omniprésence dans les médias et peu enclins à se faire dicter leur conduite, tournent eux aussi le débat en dérision.

Forcément, les polémiques récentes qui ont éclaboussé le GIEC l’ont gonflé à bloc : « Je crois que tout est en train de s’ouvrir et va bientôt se retourner », anticipe celui qui n’avait pas attendu le « climategate » pour s’interroger sur la crédibilité des membres de l’institution onusienne.

Scabreuse à souhait, cette affaire attesterait de « l’existence du système mafieux que l’on suspectait » en son sein, sauf que pas une seule fois Claude Allègre ne semble s’être interrogé sur les motivations réelles des hackers, donnant ainsi à certains l’image d’un scientifique paranoïaque uniquement quand ça l’arrange. « (La communication du GIEC) est malhonnête parce qu’elle cherche à faire peur [...] et le tout sans laisser la parole aux scientifiques qui ne pensaient pas comme eux, en leur coupant les crédits, en les empêchant de publier leurs idées, en les empêchant d’avoir accès aux données puis en les calomniant », assène-t-il dans L’imposture climatique ou la fausse écologique.

Des accusations violentes, très similaires à celles portées dans son précédent opus et qu’il a le mérite d’assumer totalement. Mais peut-être aussi parce qu’elles lui valent l’intérêt des médias. Voilà au moins une vérité dont on est sûr qu’il est le seul à la détenir.

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