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Cancun : douze jours pour faire mieux qu’à Copenhague (2/2)

Cancun : douze jours pour faire mieux qu'à Copenhague (2/2)
Premier pollueur de la planète, la Chine, parallèlement au verdissement progressif de son économie, souhaite que les États-Unis révisent leurs ambitions à la hausse en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES)

Accusés l’an dernier d’avoir été les principaux responsables de la faillite mondiale dans la capitale danoise, la Chine et les États-Unis pourraient à nouveau tout faire capoter. Explications.

Les deux géants auront cette fois encore le terrible pouvoir de décider, seuls ou « ensemble », de l’issue des pourparlers climatiques. Dernière répétition avant Cancún, le sommet de Tianjin (Chine) a en effet une nouvelle fois montré des divergences de fond qui risquent fort de ne pas être surmontées d’ici le 10 décembre prochain.

Même si, conscient des enjeux, l’inamovible président du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) Rajendra Pachauri a appelé à « prendre quelques mesures pour avancer, sans quoi les gens perdront foi dans le système des Nations Unies » – système vivement critiqué et jugé inapproprié pour des discussions de cette teneur par certains chefs d’État, dont Nicolas Sarkozy – , on voit mal   comment les ministres de l’Environnement des deux pays pourront mettre un terme à un différend vieux de plusieurs années en seulement quelques jours. D’autant que les élections de mi-mandat outre-Atlantique se sont soldées par une victoire de l’opposition républicaine, dont on sait le peu d’intérêt pour les thématiques « vertes », et que le Sénat demeure hostile à la ratification d’un traité mondial contraignant.

Des éléments contraires

Si chère à l’administration Obama, la loi énergie-climat, elle, a plus que jamais du plomb dans l’aile et le chef de l’exécutif américain aura toutes les peines du monde à faire triompher ses desseins écologiques d’ici au prochain scrutin présidentiel. Or Pékin estime que le successeur de George W. Bush, à défaut de s’associer au Protocole de Kyoto, doit aller au-delà de son objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’Oncle Sam de 17 % d’ici 2020 par rapport à leur niveau de 2005. Un contexte politique devenu très difficile empêchera sans doute M. Obama d’accéder au voeu chinois.

En dépit d’une empreinte environnementale toujours plus élevée de par sa forte croissance économique, l’Empire du Milieu, qui a signé au début du mois un accord de coopération avec la France pour lutter contre le changement diplomatique, dépêche quant à lui de plus en plus de moyens pour favoriser le développement des emplois « verts » et vise une diminution de ses émissions de GES de 40 à 45 % à l’horizon 2020 par rapport à 2005. Washington l’a toutefois appelé à aller plus loin, ce qui dans l’esprit des décideurs chinois est susceptible de représenter une menace pour leur prospérité.

« La Chine ne va pas faire de geste »

« Il y a une impasse totale aux états-Unis, ce qui veut dire que la Chine ne va pas faire de geste », a prophétisé le directeur de l’Institut d’Environnement de Stockholm Johan Rockström. Membre de « l’Union des savants concernés », Alden Meyer, lui, craint que le Sénat devienne majoritairement républicain en 2012, même si Barack Obama est réélu, étant entendu qu’une majorité des deux tiers est indispensable à la ratification d’un traité international.

L’affrontement sino-américain – malheureusement devenu un constante des sommets sur le climat – mis à part, on est en droit d’espérer une concorde mondiale sur la protection des forêts, sujet crucial dont Paris attend beaucoup et sur lequel des progrès significatifs ont été enregistrés tout au long de l’année. La généralisation du mécanisme REDD (Réduction des émissions dues au déboisement et de la dégradation forestière) et plus largement un renforcement de la législation contre la déforestation sont à l’ordre du jour. Les abus officiellement dénoncés la semaine dernière par Greenpeace en Indonésie plaident toutefois pour la plus grande prudence.

L’happy end à Cancún passe quoi qu’il en soit par un assouplissement des positions de la Chine et des États-Unis. De leur attitude dépend l’avenir de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. Une responsabilité démentielle mais qu’il leur faut assumer. À tout prix.

Crédits photos : Flickr – Sam Haldane / Mathieu Marquer / Wikimedia commons – Jay Carriker
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