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Plastic Planet, un documentaire qui fait réfléchir

Plastic Planet, un documentaire qui fait réfléchir
Le plastique a envahi notre quotidien. Il est le symbole des dérives de notre société de consommation

Réalisé par le cinéaste autrichien Werner Boote, ce documentaire-choc est sorti hier dans toutes les salles françaises. Réflexion personnelle sarcastique et critique sur le plastique, Plastic Planet est un voyage autour du monde qui a l’immense mérite de porter l’accent sur l’impact d’une matière devenue incontournable, ce qui n’est pas sans dommage pour la planète.

Werner Boote a eu l’idée de traiter ce sujet il y a déjà plus de dix ans. C’est un article de presse dans le Time Magazine consacré à la pollution des mers du Groenland qui l’a décidé à se lancer dans cette longue enquête au « royaume » du plastique.

Le tournage a débuté en 2007 à Londres (Grande-Bretagne) et après des expéditions au Japon, notamment dans les villes de Tokyo, Tsushima, Minamata City et Kumamoto, s’est poursuivi à Shangai (Chine), à Calcutta (Inde), au Maroc, en Ouganda, à Los Angeles, à Cincinnati (Etats-Unis) pour s’achever en Autriche un an plus tard. M. Boote nous fait voyager avec de superbes images dans le monde entier et fait tout de suite entrer le spectateur dans le vif du sujet. Quelques plans vus d’hélicoptère et l’on découvre comment est apparu le plastique dans notre vie.

C’est en 1907 que le chimiste belge Leo Hendrik Baekeland a mis au point la bakélite, le premier produit entièrement synthétique fabriqué à partir de pétrole et le point de départ d’une nouvelle ère. Le grand-père de M. Boote, lui, a dirigé la société Interplastick dans les années soixante. Même si l’idée de dédier un film au plastique lui est venue beaucoup plus tard, son petit-fils est donc littéralement tombé dedans lorsqu’il était petit. Des images tournées quand il n’était encore qu’un bébé ont d’ailleurs été couchées sur la bobine, et pour cause : dès la naissance on est entouré de cette matière, on la touche, on la sent, elle est colorée et attire l’œil, bref elle fait partie de notre quotidien. « Quand je repense à ma jeunesse, je repense au plastique », ose même M. Boote, qui à travers cette enquête a voulu lever le voile sur les effets du plastique sur la santé et l’environnement.

Deux cent soixante millions de tonnes de plastique produites dans le monde chaque année

Le réalisateur nous fait entrer dans l’univers des industriels du plastique en nous faisant assister à un entretien qu’il a eu, non sans mal, avec le président de la société Plastics Europe John Taylor. Selon lui, l’Europe produit soixante millions de tonnes de plastique, soit un quart de la production mondiale. Et le responsable de lui expliquer par A plus B que si tel ou tel matériau ou structure, par exemples une bouteille ou une canalisation, étaient en verre, en acier ou en ciment, ils seraient plus lourds et requerrait plus d’énergie pour le transport.

Au cours de son périple, M. Boote a aussi dialogué avec, entre autres, un livreur de bonbonnes d’eau aux Etats-Unis qui se réjouit de l’utilisation du plastique pour ce type de produit et à Ouarzazate (Maroc), au cœur du désert, avec un cascadeur qui déplore la présence de plus en plus envahissante de milliers de sacs plastiques accrochés aux branches desséchées des arbres de ce paradis oriental.

Aujourd’hui, ce sont tous les secteurs industriels qui dépendent du plastique et les enjeux financiers sont colossaux. Sauf qu’« une couche en plastique met deux cents ans à se décomposer complètement et que pendant ce temps là, elle a toutes les chances de libérer des matières nocives pour l’environnement », souligne le spécialiste Klaus Rhomberg.

Le cinéaste a par ailleurs voulu nous faire comprendre, via des séquences tournées chez une famille qui déplace à l’extérieur ses objets en plastique, l’omniprésence du plastique dans la maison. Au final, il ne reste plus rien à l’intérieur ! Quelque deux cent soixante millions de tonnes de plastique sont il est vrai produites chaque année dans le monde. Autres chiffres explicites : près de trois cent cinquante tonnes de déchets plastiques sont jetées chaque heure dans les mers, plus d’un million d’Européens travaillent pour l’industrie plastique et en France, nous utilisons près de trois cents sacs plastiques par an et par habitant, étant entendu que 45 % de nos déchets plastiques ne sont pas recyclés. Même si le plastique a révolutionné notre quotidien et qu’il en fait partie intégrante, au point d’être devenu un sinon le symbole de la surconsommation et de la pollution à grande échelle, il est aujourd’hui un grave danger aussi bien pour l’Homme que pour l’environnement.

Sur les écrans dans une vingtaine de salle en France, dont quatre à Paris, Plastic Planet est là pour nous le rappeler.

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Crédit photo : Plastic Planet
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