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Photovoltaïque : « la France ne doit pas devenir le pays du soleil couchant »

Photovoltaïque : « la France ne doit pas devenir le pays du soleil couchant »
Le projet de décret d'arrêté tarifaire sur la filière photovoltaïque a déclenché une levée de boucliers. Soutenus par plusieurs associations de défense de l'environnement, les professionnels du secteur réclament des amendements et le retour de l'esprit du Grenelle dans les décisions gouvernementales

La formule peut prêter à sourire mais l’heure est grave. La France n’est pas le Maroc et surtout elle n’a pas vocation à se tirer une balle dans le pied. Seize organisations ont lancé un appel aux autorités hier. Les décideurs doivent se ressaisir, revoir leur stratégie de fond en comble et proposer une sortie de moratoire par la grande porte, ce qui n’est pas le cas, très loin s’en faut, à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Aux yeux du Comité de liaison des énergies renouvelables (CLER), du Syndicat des énergies renouvelables (SER), de la Fondation Nicolas Hulot, de France Nature Environnement (FNE), du Réseau Action Climat France et du WWF France, entre autres, le gouvernement fait fausse route. Présenté vendredi par François Fillon, le projet d’arrêté tarifaire continue de faire pleuvoir les critiques.

Désormais moribonde, la filière photovoltaïque est unanimement opposée à ce texte, à des années-lumière de l’esprit du Grenelle de l’environnement, révélateur selon elle d’un manque d’ambition et qui pourrait être, après un gel des projets de plus de trois kilowatts crête (KWc) déjà hautement préjudiciable, le coup de grâce pour les PME.

Les auteurs du communiqué ont fait leurs calculs et sont tombés d’accord : « dans quinze jours au plus tard, si rien ne change, vingt-cinq mille emplois [...] seront mis en péril et plusieurs milliers seront supprimés à très court terme ».

Légitime eu égard à l’âpreté de la concurrence chinoise, source des maux actuels du leader national Photowatt, devenu un cas d’école, l’élaboration d’un nouveau cadre nécessitait toutefois un appui et des serrages de boulons auxquels ne souscrit pas ce gouvernement obnubilé par la réduction des déficits. Les propositions émises lors de la concertation n’ayant pas été prises en compte, une question se pose : « la concertation menée depuis fin 2010 n’aurait-elle donc servi à rien ? »

Le projet actuel met en grave danger une filière naissante dont la crise de croissance, réelle, méritait un traitement adapté », ont par ailleurs estimé le SER et consorts.

Et de fustiger « le manque de vision de l’extraordinaire potentiel énergétique et industriel du photovoltaïque pour notre pays », qui « risque de conduire à des décisions lourdes de conséquence ». Des amendements « dans un sens constructif » s’imposent d’ici… demain et l’examen par le Conseil supérieur de l’énergie du projet gouvernemental.

Pour l’heure la stratégie défendue en haut lieu tranche avec celles choisies par nos voisins. La France n’est pas le Maroc. Elle n’est pas non plus l’Allemagne, qui soutient activement l’expansion de l’énergie solaire depuis plusieurs années.

L’un lui a déroulé le tapis rouge. L’autre se prend les pieds dedans. Triste contraste.

Crédit photo : flickr – Les Chatfield
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  • alain b

    Vu les espoirs suscités par le Grenelle, le retard accumulé sur nos voisins et les propositions élaborées dans le cadre de la concertation c’est vraiment désespérant. C’est une filière en pleine expansion et particulièrement prometteuse à laquelle le gouvernement coupe aujourd’hui l’herbe sous le pied. Des emplois et des impératifs écologiques sont aujourd’hui piétinés pour ne pas creuser le déficit. C’est une vision qui me semble tout de même très archaïque…

  • heliosolaire

    Tout à fait d’accord avec votre analyse, ce que l’on voit c’est que ce n’est pas la fin du photovoltaïque en France mais plutôt la fin des PME et des artisans du solaire qui feront place à des multinationales dans laquelle la plupart de nos dirigeants sont actionnaires.
    Je reçois depuis quelques semaines des mails de EDF ENR avec des offres PV défiant toutes concurrences…

  • virginiedidier

    Malheureusement vous avez tout à fait raison !
    Par tous cette politique que le gouvernment n’a pas arrêté de destabilisée depuis plusieurs mois, l’entreprise dans laquelle je travaille se voit dans l’obligation de fermer. Après 4 ans d’existance et près de 800 installations photovoltaïques réalisées, noous pensions être une PME prometteuse et pensions continuer à apporter notre savoir faire. Aujourd’hui, c’est une cinquantaine de personne (techniciens, service administratif, commerciaux) ainsis que nos sous-traitants ou divers fournisseurs qui se retrouvent en difficultés.

    Marre des coups bats de l’Etat, tout ça pour ça !!

  • voodootchang

    Ce que nous pouvons constater est encore une fois, un manque de vision à long terme de nos dirigeants. J’imagine ce que serait l’industrie aéronautique Française si un moratoire avait été décidé à la fin du 19ème siècle!
    Que cherchons nous donc réellement? réduire les dépenses, c’est bien et vertueux! mais faut-il l’imaginer en grévant lourdement les sources de revenus futures? en clair, je suis fatigué de constater encore que nos dirigeants (tout énarques soient-ils) ne savent pas encore faire la distinction entre des dépenses de fonctionnements et d’investissements (ce qui reste la base dans la gestion des collectivités, enfin j’espère qu’ils l’ont appris à l’école?!).
    Enfin, je souhaiterai attirer l’attention des lecteurs sur la pénalisation des PME (certes) mais aussi et surtout des grands groupes (moins évident et pourtant réelle). Dans ces groupes, les solutions énergétiques sont construites dans le monde entier mais le manque de savoir-faire sur le solaire devient préoccupant, or ces grands groupes s’appuient sur le savoir-faire développé dans les PME (partenariat ou rachat)…en résumé, en plantant un couteau dans le dos des PME, nous sommes en train de planté un pieux (à long terme) dans le dos des grands groupes installé sur un marché international, mais évidemment en parlant “long terme” nous allons directement à l’encontre des habitudes politiques de notre cher pays; il va bien falloir qu’à un moment cela change. Remarque: je ne rentre ici dans aucune considération “changement climatique” mais reste bien au niveau des gros sous, ce qui semble n’être que le sujet pris en compte par nos “décideurs”. Mention “peut mieux faire” à mettre sur les carnets de notes de l’ENA.