L’héritier du trône d’Angleterre vient une nouvelle fois de marquer des points auprès des défenseurs de l’environnement.
Écologiste convaincu – et convaincant, en tout cas aux dires de plusieurs responsables politiques et climatiques -, le prince Charles distille depuis plusieurs années les préconisations écologistes bien senties. Sexagénaire charismatique à la fois apaisé et déterminé, il a en de nombreuses occasions fait montre de talents d’orateur encore insoupçonnés il y a dix ans mais ne se borne pas à prêcher la bonne parole.
Ainsi la distance monarchique n’est-elle pas nécessairement antinomique avec la capacité à vivre avec son temps, voire dans son cas à anticiper la gravité des périls environnementaux, le réchauffement climatique et la déforestation en particulier.
Le prince de Galles dénonce, revendique, enjoint… mais il agit aussi en éco-citoyen modèle, lui qui vient d’obtenir l’autorisation par le conseil de la ville de Westminster (Londres) d’installer trente-deux panneaux photovoltaïques sur le toit de sa résidence quasi-bicentenaire de Clarence House.
Les contribuables britanniques ne paieront rien
Le contraste promet d’être saisissant mais ne signifiera sans doute pas pour autant une atteinte à l’esthétique de la bâtisse, déjà annoncée neutre en carbone en 2007 et promise à devenir une maison à énergie positive d’ici quelques années. En attendant, son propriétaire s’est engagé à payer himself les trente mille livres (environ trente six-mille euros) que d’après nos confrères du Daily Mail devrait coûter cette installation.
La production d’électricité annuelle a en outre été évaluée à quatre mille kilowattheures (KWh), soit assez pour chauffer et éclairer les prestigieux occupants.
Parallèlement à l’ambitieuse stratégie « verte » déployée par le nouveau gouvernement de coalition et au verdissement poussé qu’entreprend la municipalité de Londres, la monarchie britannique démontre donc une nouvelle fois, à travers cette initiative du fils aîné d’Elisabeth II par ailleurs conforme aux engagements chiffrés de l’administration Cameron pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2020, l’importance que revêtent à ses yeux les enjeux écologiques.
Il ne s’agit cependant pas d’un coup d’essai pour le prince Charles, qui outre ses prises de positions explicites aux pupitres avait déjà converti sa Jaguar et sa Land Rover à une essence alternative élaborée à partir d’huiles de cuisson usées (!) Quant à son Aston Martin, elle roule avec un bioéthanol provenant de l’excédent de fermentation d’une récolte de raisin britannique.
Le futur roi va également organiser, du 8 au 19 septembre, un festival dans le jardin de Clarence House, « A garden party to make a difference », lequel a vocation à promouvoir l’alimentation « bio ». Décidément insatiable, il se prépare enfin à entamer une tournée en Grande-Bretagne pour promouvoir le développement durable à bord d’un train alimenté au biofuel. À quand des éoliennes dans le parc de Windsor ?