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Pêche : la France et l’Espagne s’opposent aux vues de la Commission européenne

Pêche : la France et l’Espagne s’opposent aux vues de la Commission européenne
La réforme de la politique de pêche proposée par Bruxelles indispose la France et l’Espagne

Il y a tout juste une semaine, la Commissaire européenne à la Pêche Maria Damanaki a proposé une nouvelle réforme de la pêche. Bruxelles souhaiterait interdire d’ici 2016 les rejets de poissons non commercialisables,  instaurer un marché des droits de pêche et atteindre un rendement maximum durable.

Des mesures qui paraissent aujourd’hui indispensables dans la mesure où l’Union européenne (UE) dépend de plus en plus des importations et surexploite les trois quarts des ressources halieutiques présentes dans ses eaux territoriales. Les représentants des Vingt-Sept se sont réunis hier dans la capitale belge pour débattre de ces propositions mais si tous s’accordent sur la nécessité de réformer la politique commune de pêche (PCP) les recommandations de la Commissaire ne font pas l’unanimité.

Le Danemark, la Grande-Bretagne et la Suède se sont dit très favorables à ces dispositions et considèrent même que la Commission pourrait aller encore plus loin. A l’inverse, les numéros un et deux du secteur, à savoir la France et l’Espagne, n’y sont pas favorables.

réforme européenne de la pêche : ça coince

Aux yeux du ministre français de l’Agriculture Bruno Le Maire, qui a rappelé que l’Hexagone « importe déjà 80% des produits de la mer consommés » et a évoqué une « absurdité politique », elles signifieraient même « la mort de la pêche française ». Son homologue espagnole Rosa Aguilar, elle, estime que les desseins et le calendrier défendus par Mme Damanaki ne sont pas réalistes. A l’instar de M. Le Maire, elle a également plaidé pour repousser l’échéance à 2020. « Toute autre date aurait des répercussions sociales et économiques considérables pour le secteur », a-t-elle affirmé.

L’exclusion des navires de moins de douze mètres concernerait à l’échelle européenne 21,5% de l’ensemble des navires. Une véritable catastrophe sociale et économique aux dires de Paris et Madrid, qui voient aussi d’un mauvais oeil l’interdiction des rejets en mer et leur transformation en farines. « Il faut trier au fond de la mer et pas sur les navires », soutient M. Le Maire, qui prône une approche pragmatique adaptée à chaque type de pêche, avec en autres, des filets adéquats.

Soutenue par plusieurs ONG – notamment Greenpeace, selon laquelle  « l’Espagne et la France doivent vraiment réaliser que sans des mesures pour reconstituer les réserves de poissons, cette réforme sera un échec » – Mme Damanaki s’est tout de même déclarée disposée à faire des concessions. « Nous pouvons discuter des dates, d’approches progressives », a-t-elle indiqué, avant d’affirmer avoir « beaucoup d’arguments » pour démontrer aux récalcitrants que « 2015 est faisable ». Ces derniers pourraient cependant ne pas vouloir les entendre. Et par là même, en ne faisant pas le nécessaire pour assurer le renouvellement des stocks, se tirer un obus dans le pied.

Crédits photos : flickr – Elissa Sursara / Délirante bestiole
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