NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Pêche à la baleine : La proposition de compromis de la CBI dérange

Pêche à la baleine : La proposition de compromis de la CBI dérange
La CBI s'est prononcée pour une réduction des captures de baleines en Antarctique mais aussi pour une réouverture partielle de la pêche commerciale. Un compromis fermement critiqué par l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les associations écologistes, qui souhaitent tous que les instances décisionnaires aillent plus loin

Le lobbying japonais, qui a déjà fait ses preuves lors de la dernière réunion de la CITES (Convention internationale des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction), est manifestement très efficace aussi auprès des autorités de la Commission baleinière internationale (CBI)…

Celle-ci s’est en effet prononcée jeudi pour une autorisation limitée, sous sa supervision et valable pour les dix prochaines années de la pêche à la baleine à des fins commerciales.

« C’est notre souhait depuis longtemps », a rappelé Toshinori Uoya, figure de l’Agence de pêcherie japonaise. C’est aussi un véritable coup de théâtre quand on sait que cette pêche-ci fait l’objet d’un moratoire qui a été instauré en 1986. Moratoire qui, toutefois, n’a jamais été respecté par l’Islande et la Norvège et est allègrement contourné par le Japon, lequel continue de participer activement à la diminution des stocks des cétacés pour des motifs officiellement scientifiques qui ne trompent (presque) plus personne.

Limitation des prises en Antarctique

La proposition de la CBI, dont elle estime qu’elle est « un équilibre délicat de concessions », consiste en outre en une réduction des prises japonaises en Antarctique à quatre cent dix baleines pour la prochaine saison de pêche. Les quotas seraient ensuite ramenés à deux cent cinq spécimens à compter de la saison 2015-2016.

Cette « compensation » ne satisfait ni l’Australie – qui réclame depuis deux ans une proscription totale des captures dans l’océan Austral – ni la Nouvelle-Zélande, dont le ministre des Affaires étrangères Milly McCully a d’ores et déjà fait savoir dans un communiqué que son pays « n’(accepterait) pas » des limites de prises au demeurant « pas réalistes ». Elle ne contente pas davantage les autorités nippones, lesquelles souhaitaient capturer entre sept cent soixante cinq et neuf cent trente cinq baleines par saison et ont fait savoir par la voix du ministre de l’Agriculture Hirotaka Akamatsu qu’elles « poursuivraient obstinément les négociations (pour diminuer cet écart) ». Elles peuvent néanmoins accueillir favorablement ce nouveau passe-droit qui n’est par ailleurs pas du tout du goût des organisations écologistes.

Rendez-vous en juin

Responsable de Greenpeace au Japon, Junichi Sato a ainsi déploré qu’ « en ce moment, il semble que ce soit aux baleines de faire toutes les concessions et non aux baleiniers, et cette proposition va maintenir en vie l’industrie baleinière, et non les baleines ». Ladite proposition doit néanmoins encore être débattue en juin, à l’occasion de la session annuelle de la CBI. Peut-être qu’il sera question en cette occasion de la hausse des températures, des filets de pêche dans lesquels les cétacés se retrouvent régulièrement pris au piège et de la pêche au harpon explosif, autant de facteurs que la Commission a jusque là complètement éludé alors qu’ils contribuent largement eux aussi à la décimation des populations baleinières.

Une chose est sûre : il y aura des déçus au Maroc, pays hôte d’une réunion où « pro » et « anti » devraient se livrer un duel sans merci. Il ne fait aucun doute que les premiers continueront de faire valoir leurs intérêts économiques. À cet égard il est difficile d’imaginer qu’ils repartent bredouilles. Les seconds, eux, pourraient mettre en avant les conclusions d’une étude australienne récente selon laquelle les déjections des baleines feraient office de bouclier contre l’acidification des océans, un phénomène qui inquiète beaucoup le microcosme scientifique. Leur survie serait donc d’autant plus nécessaire qu’elle servirait les intérêts des écosystèmes marins dans leur ensemble.

Ils  bénéficieront en tout cas du soutien des défenseurs de l’environnement et en particulier de celui de l’association Sea Shepherd, qui a fait de l’abordage des baleiniers l’une de ses spécialités. Pourra-t-il infléchir la tendance ? L’histoire récente ne plaide hélas pas pour l’emballement.

Crédit photo : wikimedia - Fritz Geller-Grimm
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !