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Le célèbre environnementaliste a été remis en liberté vendredi moyennant une caution de deux cent cinquante mille euros. En attendant l’examen d’une demande d’extradition vers le Costa Rica…
Le président-fondateur de Sea Shepherd, chantre de la lutte pour la protection de biodiversité depuis quatre décennies, n’est donc pas encore tiré d’affaire. Arrêté le 13 mai dernier à l’aéroport de Francfort-sur-le-Main (Allemagne) alors qu’il était en transit pour Paris, Paul Watson est accusé par les autorités costa-ricaines d’avoir transgressé la législation nationale sur le trafic maritime et d’avoir mis en danger l’équipage du bateau Varadero lors d’une opération contre le shark finning – pratique odieuse qui, rappelons-le, consiste à découper les ailerons d’un requin avant de le rejeter en mer et synonyme de mort certaine pour le squale.
Les faits, bien qu’ils remontent à 2002, ne sont pas prescrits et sont réprimés dans le droit allemand, comme l’a précisé le tribunal de Francfort dans un communiqué mentionné par nos confrères de l’AFP. Plusieurs démarches doivent néanmoins être entreprises pour que le capitaine, qui nous avait accordé une longue interview l’an passé et dont l’association est depuis longtemps dans le viseur des pouvoirs publics japonais (NDLR : D’après des documents que s’était procuré le site Wikileaks, ces derniers ont notamment sollicité l’aide de leurs homologues américains pour la mettre en situation d’illégalité. Depuis, les deux dernières saisons de pêche à la baleine se sont soldées par autant d’échecs, avec des captures de cétacés très inférieures aux quotas.), puisse être extradé, a indiqué à l’Agence Ingo Nöhre, un porte-parole du ministère.
Le procureur, lui, avait précédemment estimé que la détention de M. Watson était justifiée compte-tenu de son risque de fuite. « Ce qui est extraordinaire, c’est que le procureur a pensé bon de spécifier que le ministre des Affaires étrangères ou le ministre de la Justice ont le pouvoir d’arrêter la procédure d’extradition pour raisons politiques », a pour sa part commenté Me Oliver Wallasch, l’avocat qui représente le président-fondateur de Sea Shepherd dans cette affaire, cité par notre confrère Marc Clériot sur blogslexpress.fr.

Un symbole de la sauvegarde de l’écosystème marin en danger
Venu rencontrer M. Watson en prison, Peter Hammarstedt, l’un des capitaines de la flotte de l’ONG, est de son côté persuadé que les déboires judiciaires de l’ancien co-fondateur de Greenpeace, trop « light » à ses yeux et qu’il a fini par quitter avec fracas en 1977 pour lancer Sea Shepherd, ne sont pas le seul fait du Costa Rica. Selon lui, « le capitaine Watson s’est fait des ennemis puissants, au Japon entre autres. Des ennemis qui essaient à tout prix de nous empêcher d’interférer avec leur chasse à la baleine ». Et M. Hammarstedt, également cité par Marc Clériot, d’ajouter : « Le capitaine m’a dit craindre pour sa vie s’il devait être extradé vers le Costa Rica. »
Alors que les pétitions de soutien affluent sur Internet, M. Watson n’est pas autorisé à quitter le territoire allemand avant la décision éventuelle d’extradition, a par ailleurs indiqué le tribunal. Sans doute paie-t-il aujourd’hui au prix fort la ligne de conduite dure – contestée y compris par d’autres associations de protection de l’environnement aux méthodes exclusivement pacifiques – qu’il a adoptée voici trente-cinq ans. L’espoir subsiste néanmoins que le président-fondateur de Sea Shepherd, ce grand défenseur de l’écosystème marin, évite le pire. Les autorités costa-ricaines ont en effet trois mois pour faire parvenir au ministère allemand de la Justice, qui tranchera en dernier ressort, les documents nécessaires à son extradition et qui sait si, sous la pression internationale, ce dernier ne fera au bout du compte pas montre de clémence.
Dans le cas contraire, tous les éco-citoyens conviendront qu’il s’agirait d’un très mauvais signal pour la protection de la biodiversité.

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