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Les habitants du district chinois de Wangjiang, dans la province de l’Anhui (sud-est de la Chine), sur les bords du Yangtsé, se rebellent contre un projet de centrale nucléaire en amont du fleuve. Les autorités locales ont en effet estimé dans un rapport officiel qu’il constitue une menace pour la population.
La Chine, qui connaît une croissance soutenue depuis de longues années, veut – et doit – développer son offre énergétique. C’est dans cette optique que l’Empire du Milieu se prépare à se doter de 25 nouveaux réacteurs nucléaires, dont 14 actuellement en construction, afin de multiplier par cinq voire par six sa production électrique d’origine atomique d’ici 2020. Un dessein qui n’est cependant pas du goût de tout le monde, alors que Wikileaks a pointé il y a quelques mois une certaine légèreté en matière de sécurité.
Le gouvernement central a autorisé en 2010 la construction d’un réacteur de troisième génération à Pengze, dans la province du Jiangxi. Entamés l’an passé, les travaux sont prévus pour durer un peu moins de cinq ans, avec une ouverture de la première unité en 2015, la seconde devant entrer en service en 2016.

Toutefois, les autorités du district voisin de Wangjiang ont tapé du poing sur la table. Selon elle, le rapport sur l’impact environnemental de la centrale serait irrecevable. Il aurait ainsi omis une précision de taille, à savoir que le site serait construit sur une faille sismique en activité. Ces dernières années, plusieurs séismes ont ainsi été ressentis. En 2006, un tremblement de terre de magnitude de 5,7 sur l’échelle de Richter a frappé la région. Un autre de magnitude 4,6 a également été enregistré en septembre dernier. Mais ce n’est pas tout : le rapport produit par les autorités de Wangjiang pointe aussi la sous-estimation du nombre d’habitants domiciliés dans un rayon de dix kilomètres à peine de la centrale.
La population, qui s’est sentie sous-informée pendant les consultations locales, a désormais peur pour sa sécurité, alors que les pouvoirs publics de Wangjiang ont de surcroît fait état d’un risque de « gaz et de liquides nocifs émis par la centrale [qui] vont gravement affecter les habitants en aval ».
De l’autre côté du fleuve, les autorités de Pengze jugent les accusations de leurs homologues « sans fondement », rapporte le journal Xinjing Bao, qui a exprimé son désir que les rapports d’évaluation soient rendus « publics et transparents » et considère que « l’accident de Fukushima au Japon l’an dernier constitue un énorme avertissement ». Alors que le barrage des Trois Gorges est lui aussi vivement contesté, l’administration chinoise a pu constater ces dernières semaines que ses ambitions énergétiques sont surveillées de près par une population globalement de plus en plus réceptive aux thématiques environnementales. Feront-elles comme si de rien n’était ?

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