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Océans : ho, c’est grand !

Océans : ho, c’est grand !
Océans, un film à voir absolument

Après Le Peuple migrateur, Jacques Perrin a continué de faire l’apologie de la nature avec Océans. Une œuvre époustouflante qui nous emmène aux quatre coins du monde pour découvrir les entrailles de la mer, ses beautés mais aussi ses étrangetés.

Pour rendre hommage à la beauté des fonds marins, Jacques Perrin et Jacques Cluzot ont vu grand, très grand. Ils ont repoussé toutes les limites technologiques pour donner à voir la quintessence du documentaire. D’ailleurs, est-ce bien un documentaire ? A l’instar de son précédent film, Le Peuple migrateur, Océans est à mi-chemin entre le ballet classique (avec cette musique si douce qui berce les contorsions des otaries dans l’eau azurée) et le documentaire animalier.

Le matériel haut de gamme qui a été utilisé pour la réalisation est épatant : des procédés d’observation et de circulation sous-marine ont été mis au point pour pouvoir filmer de près aussi bien le cétacé que le petit mollusque, sans les effrayer ni provoquer une fuite. Quatre inventions méritent une attention toute particulière. En premier lieu, la Tethys, une sorte de grue qui semble construite sur le modèle des coffrets Mécano qui permet de manier la caméra jusqu’au ras de l’eau. Grâce à son stabilisateur d’images intégré, aucune secousse n’est perceptible à l’écran. Il y a aussi le Jonas, une « caméra-torpille » dotée d’une fibre optique, raccordée au bateau par un câble d’une centaine de mètres et qui permet au plongeur de filmer les fonds avec une grande aisance. Grâce au Scooter, les équipes de tournage ont par ailleurs pu suivre les grands mammifères, lesquels se déplacent à une vitesse qui peut frôler les 30 km/h. Enfin, le Mini-hélico, équipé d’un moteur silencieux, a réussi à s’approcher à environ cinquante centimètres des animaux.

Outre ces bijoux technologiques, François Sarano – plongeur émérite que l’on voit dans le film approcher et même nager avec un grand requin blanc de près d’une tonne et demi – a également confié avoir utilisé un « recycleur », un appareil de plongeur un peu plus sophistiqué et pratique pour les tournages : « On réutilise l’air qu’on a expiré. Et comme on n’expire pas, on ne libère pas de bulles. C’est un outil formidable et on ne peut plus discret pour approcher les animaux ».

Les quatre années de préparation et de tournage de cet opéra-marin se ressentent à l’écran : le choix des images est juste, le rythme est soutenu et les décors fabuleux. Les caméras de l’équipe ont investi pas moins de cinquante quatre contrées, dont les deux Pôles mais aussi  l’Australie (Melbourne), Mooréa (Polynésie), l’île de Guadalupe (Mexique) et celle de Sado (Japon)…  A cause de la luminosité, les plongeurs-cadreurs ne sont pas descendus à plus de cinquante mètres de profondeur. François Sarano précise : « La zone dite de surface est la plus belle du point de vue cinématographique puisque le soleil est le plus beau de tous les éclairages. C’est aussi l’une des zones les plus riches, la zone euphotique, dans laquelle on peut suivre tous les animaux quelle que soit leur vitesse ».

Un film apaisant, instructif et délicat

Océans est finalement l’inverse du Syndrome du Titanic. Là où le long-métrage de Hulot jouait aux Cassandre des temps modernes, adoptant un ton sentencieux et catastrophiste, tout chez Perrin et Cluzaud n’est que poésie, grâce, silence, « luxe, calme et volupté » aurait écrit Baudelaire. Jacques Perrin n’a pas dit autre chose dans les colonnes du Parisien : « Jamais nous n’avions été poissons parmi les poissons. J’ai l’impression aujourd’hui que ce film est une ode à la joie, une ode à la liberté, une ode à la vie ».

Une fois n’est pas coutume, les voix-offs ne viennent pas nous seriner à longueur de temps la complainte postmoderne annonçant solennellement la fin tragique du monde et de la société telle que nous la connaissons, c’est-à-dire constituée de vils pollueurs sur qui pèse l’Apocalypse. La voix rauque et pleine de sagesse qui orne cette fresque, nous ne l’entendons presque jamais. Elle se fait rare. Presque désirée. Parfois, lorsqu’une espèce incongrue fait son apparition, il aurait été souhaitable d’informer le spectateur sur son « identité » et ses caractéristiques. Mais non, et c’est le seul petit bémol.

Les moments « dramatiques » alternent avec les passages tendres. Par exemple, quand une maman morse pousse sa progéniture à l’eau, la prend dans ses nageoires puis l’emmène nager contre elle, l’émotion est à son comble. Mais nous assistons hélas à une scène de boucherie, lorsque des pêcheurs asiatiques harponnent des requins et des dauphins dans le seul but de récupérer leurs ailerons. Ils sont ensuite rejetés vivants dans une eau dans laquelle, immanquablement, ils vont se noyer. La scène est cependant totalement reconstituée, dixit Jacques Perrin : « On a voulu voir ces bateaux qui vont à la recherche des requins taupes, dont les ailerons sont très convoités par la cuisine chinoise. Ils coupent les ailerons, les pendent comme du linge et jettent le reste. Nous avons reconstitué ces scènes grâce à l’animatronique. Les requins sont en latex avec un système mécanique à l’intérieur, des poches de mercurochrome, etc. ».

Les scènes « sur terre » sont épisodiques et dévoilent surtout des tranches de vie des crabes et des otaries. Tout est dans la mer et son immensité. Ce film, en fin de compte, fait prendre conscience au spectateur de la limite du cinéma 3D et de la science-fiction. En effet, lorsque nous suivons à vitesse réelle cette équipée de dauphins, que nous contemplons cette baleine se mouvoir dans le bleu de l’océan ou que nous « rencontrons » ce labre géant avec sa tête de mouton et son énorme bosse sur le front, on se dit que les plus grandes merveilles se trouvent dans la nature. On en vient à penser que tous les effets spéciaux ne parviendront jamais à égaler de tels instants de grâce.

En résumé, Océans est un film à voir et à revoir car, tout simplement, il fait aimer la mer et ces étranges créatures qui la peuplent depuis des milliards d’années.

Crédit photo : www.oceans-lefilm.com
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  • hyper ecolo

    Magnifique projet.

    Magnifique réussite.

    Triste et beau.