NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Nucléaire : vers une fermeture de la centrale de Fessenheim ?

Nucléaire : vers une fermeture de la centrale de Fessenheim ?

Les demandes se multiplient pour réclamer l’arrêt de la centrale haut-rhinoise (Alsace).

Les écologistes militent depuis de longues années pour que cette centrale, mise en service en 1977 et qui est aujourd’hui la plus vieille de France en exploitation, stoppe ses activités. Ils ne sont pas les seuls : un cortège de dix mille personnes (majoritairement constitué d’Allemands) a manifesté en ce sens le 20 mars dernier à Chalampé (Haut-Rhin) et un nouveau rassemblement aura lieu au même endroit le 10 avril.

Cette issue, EDF continue bien sûr de la combattre. L’énergie du désespoir ? L’entreprise a au contraire toutes les raisons d’être optimiste, l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) et le ministère de l’Écologie n’ayant jusqu’ici jamais souscris aux desiderata de l’influent Réseau « Sortir du nucléaire » et consorts.

Devenue impossible à gérer pour l’exploitant TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany), la catastrophe de Fukushima 1 (Japon) a néanmoins relancé la polémique et en attendant que l’ASN expertise la centrale de Fessenheim et rende son verdict, vraisemblablement d’ici juin, le Conseil régional de Franche-Comté, région limitrophe, a adopté vendredi dernier par neuf voix pour et quatre contre une motion pour demander sa fermeture.

Une décision qui a suscité l’embarras de la majorité (laquelle avait choisi de s’abstenir) et du Parti socialiste, tous deux d’accord sur le principe d’audits sans pour autant être disposés à renoncer à l’énergie nucléaire, mais qui a bien sûr été chaleureusement accueillie par Europe Écologie-Les Verts, qui de son côté a proposé un plan de sortie à l’horizon 2035. Le maintien en activité de cette centrale était déjà « très contesté du fait des nombreux incidents enregistrés chaque année sur son site. Il semble aujourd’hui [...] qu’il est devenu totalement impossible à défendre par les responsables politiques », a commenté le parti, selon lequel « l’opinion publique et les positionnements politiques [...] sont en pleine recomposition » et qui « espère que l’exemple de Franche-Comté sera suivi par de nombreuses collectivités territoriales ».

« Fukushima doit nous ouvrir les yeux »

Ce voeu a déjà été en partie exaucé avec la fronde des cantons suisses du Jura, de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne, dont la requête va très prochainement être transmise aux autorités françaises. Construite sur une zone sismique, à 1,5 kilomètre de l’Allemagne et à quarante kilomètres de la Confédération helvétique, l’unité de Fessenheim est actuellement au coeur de toutes les discussions.

Outre-Rhin, des députés écologistes du Bade-Wurtemberg (NDLR : land fraîchement conquis par une coalition rouge-verte) ont ainsi demandé au Commissaire européen à l’Énergie Günther Oettinger, allemand lui aussi, de faire « tout ce qui est en son pouvoir pour mettre immédiatement Fessenheim à l’arrêt ». Le président de la Région Alsace Philippe Richert (UMP), par ailleurs ministre des Collectivités territoriales et membre du conseil d’administration de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), doit pour sa part rencontrer aujourd’hui même à Bâle (Suisse) des représentants des trois cantons précités.

Les risques sismiques (sous-estimés d’après une étude suisse de 2009) et d’inondations seront de nouveau au menu. « A-t-on pris en compte dans les études de sécurité la combinaison d’un séisme et d’une inondation ou d’une rupture de la digue ? », s’est du reste interrogé le préfet du district de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) Julian Würtemberger (CDU) la semaine dernière lors de la Commission locale d’information et de surveillance (CLIS) de Fessenheim. Dictée par le principe de précaution et par une opinion publique particulièrement circonspecte, la suspension pour trois mois des activités des sept réacteurs mis en service avant 1980 de l’autre côté du Rhin, décision intervenue quelques heures à peine après l’annonce par les autorités suisses d’un moratoire sur les projets de renouvellement des centrales du pays, était déjà venue attester de l’inquiétude des pays riverains.

« Fukushima doit nous ouvrir les yeux », a résumé le président du gouvernement de Bâle-Ville Guy Morin. Cet accident et toutes ses conséquences doivent en tout cas faire réfléchir les experts sur la pertinence de prolonger la durée de vie d’une structure qui a déjà donné des signes de faiblesse. De surcroît dans un passé récent et dans un contexte particulièrement tendu.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Florival fr / flickr – Sortir du nucléaire
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • pierre d

    Honnetement… on peut pas dire qu’ils ne l’ont pas cherché (les politiques bien sur) Oui à la fermeture !

  • alain b

    Ce n’est peut-être pas la bombe à retardement décrite par les écologistes mais le fait est que cette centrale commence à sérieusement vieillir et qu’il y a eu plusieurs incidents ces dernières années. Partant de là, et vu ce qui se passe actuellement à Fukushima, peut-être serait-il judicieux d’au moins fermer l’un des réacteurs…

  • liny

    Avant de parler fermeture, il faudrait voir à connaitre son sujet…
    - Incident ? oui il y a en eu, et il y en aura encore mais pas des incidents de niveau 9 !
    - Fermer la centrale ? ok.. et demain, qui ira pédaler pour faire chauffer l’eau du café et allumer la lumière ?
    Soyons honnêtes, oui il faut penser à sortir du nucléaire, en donnant des fonds à la recherche par exemple. Pas en fermant nos SEULES et véritables ressources électriques actuelles.

    Avoir un débat ? ok.
    Réfléchir sur sortir du nucléaire ? ok.
    Fermer les centrales a cause de la paranoia ambiante et de la pression médiatique ? … certainement pas.

    Tout le monde sait que le risque zéro n’existe pas avec le nucléaire mais pour l’instant, c’est tout ce que nous avons :)