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Nucléaire : PS-EELV, l’accord impossible ?

Nucléaire : PS-EELV, l'accord impossible ?
Eva Joly et François Hollande auront bien du mal à accorder leurs violons d'ici la fin de la semaine. Il n'est en outre pas acquis que telle soit leur intention...

La semaine qui débute sera décisive, Eva Joly ayant indiqué qu’aucun accord ne serait possible après le 19 novembre, c’est-à-dire dimanche prochain…

L’ultimatum en a indisposé plus d’un dans les rangs d’un Parti socialiste qui aurait voulu un peu moins de hardiesse et plus de diplomatie de la part d’une candidate qui – certains de ses responsables ne se sont pas privés de le rappeler – plafonne à 5 % d’intentions de vote. Le fait est que les écologistes n’ont pas cédé un pouce de terrain jusqu’ici sur la question du nucléaire, déterminante à leurs yeux, quand bien même les débats tournent essentiellement autour de la crise de la dette et 40 % de nos concitoyens se sont déclarés « hésitants » quant à une sortie de l’atome selon un sondage IFOP paru dans l’édition d’hier du quotidien Sud-Ouest (NDLR : signalons toutefois que 47 % des personnes interrogées se sont dans le même temps dites « inquiètes » au sujet de la sécurité des centrales nucléaires françaises). Pas de demi-mesure : l’accord ne sera possible que si le PS s’engage à exclure progressivement le nucléaire du bouquet énergétique national et à faire une croix sur le réacteur EPR (European Pressurized Reactor) de Flamanville (Manche).

« Nous ne sommes pas prêts à brader nos idées pour quelques dizaines de circonscriptions », a insisté leur candidate hier sur Canal +, réfutant par là-même les allégations gouvernementales selon lesquelles les écologistes étaient disposés à lâcher du lest voire à « marchander les intérêts de la France », dixit le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, pour obtenir une meilleure représentation parlementaire voire ministérielle. Et Mme Joly d’ajouter : « lors des élections, il y a des accords. On a vu le geste de M. Jospin qui avait abandonné le canal Rhin-Rhône, on a vu la fermeture de Superphénix… C’est la tradition de prendre en compte les exigences de ses associés ou partenaires ». Un peu plus tôt, la Secrétaire nationale d’EELV Cécile Duflot avait fait de l’intransigeance énergétique du parti une question de « courage politique ».

« Il faut que les écologistes réfléchissent aussi »

« La gauche n’a jamais rien fait d’important ou de grand sans être unie » et, pour « devenir le candidat qui va battre Nicolas Sarkozy, (François Hollande) a besoin de nous », a également déclaré Mme Joly. Les écologistes sont en effet tout aussi unanimes dans leurs discours officiels sur la nécessité d’une concorde avec les socialistes, perçus comme des partenaires potentiels et même souhaitables, non comme des adversaires.

Devenu le lieutenant de M. Hollande, Pierre Moscovici n’a pas dit autre chose : « (nous souhaitons) un accord avec les Verts. Nous voulons diriger le pays avec eux ». S’exprimant au nom du parti ou à tout le moins de celui qui portera son dossard dans la course à l’Élysée, il a cependant réaffirmé son engagement à construire l’EPR à Flamanville et invité les écologistes à mettre de l’eau dans leur vin, rappelant que « quant on fait un accord, c’est sur la base du compromis ». « Nous avons mis sur la table des propositions très fortes. Il faut que les écologistes réfléchissent aussi », a-t-il poursuivi.

« Il n’y aura pas d’accord, du moins pas dans les délais fixés », a quant à lui prophétisé notre confrère Thomas Legrand ce matin sur France Inter, selon lequel « plus Mme Joly adopte un ton comminatoire, moins elle a de chance d’obtenir un accord ». Les deux partis ont-ils vraiment intérêt à s’entendre ? Si une alliance serait politiquement préférable pour EELV, la formation écologiste se doit néanmoins aussi d’afficher sa spécificité pour mieux exister sur le terrain idéologique. De son côté M. Hollande, perçu jusque là comme l’homme de la synthèse, comme celui qui ne sait pas dire non, a aujourd’hui vocation à adopter une posture présidentielle, c’est-à-dire à gagner en fermeté.

Passer de 75 à 50 % de nucléaire dans le mix énergétique à l’horizon 2025 est déjà une proposition notable et inédite et il semblerait que le candidat socialiste ne souhaite pas aller plus loin. Sans doute estime-t-il aussi que céder aux exigences de l’ancienne magistrate, qui de surcroît pèse peu dans les sondages, serait vu comme un aveu de faiblesse. Divisés au moins dans l’immédiat sur la question du nucléaire, socialistes et écologistes occupent du coup depuis plusieurs semaines la Une des médias. Un mal pour un bien ?

Crédits photos : flickr – EvaJoly 2012
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  • vertdo

    arrêtez de dire “ultimatum” Eva Joly n’a jamais dit ça .La date du 19 est une date choisie en commun par les négociateurs depuis le début . Où est l’ultimatum ? la date a été co-choisie et dans un “ultimatum” il y a une menace , qu’elle est -elle ??

    Eva Joly avait simplement rappelé que l’EPR était non négociable et rappelé la date butoir .

  • visiteur

    @verdo : Allez un peu au-delà de la sémantique ! Quand EELV dit que si le PS n’abandonne pas l’EPR, il n’y aura pas d’accord, pour tout le monde il s’agit bien d’un ultimatum !
    LB