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Nucléaire : peur sur la ville de Fukushima

Nucléaire : peur sur la ville de Fukushima
Greenpeace et des associations de résidants de Fukushima réclament l'évacuation des enfants et des femmes enceintes de la ville. Un voeu auquel le gouvernement japonais pourrait ne jamais accéder...

Bien que située à soixante kilomètres de la centrale nucléaire accidentée, la ville de Fukushima (Japon) présente désormais par endroits des taux de radioactivité plus de quatre fois supérieurs aux seuils autorisés.

Les autorités japonaises devront elles se résoudre à évacuer les enfants et les femmes enceintes, comme le prône Greenpeace depuis plusieurs semaines au nom du principe de précaution ?  Des associations de résidents qui ont effectué les mesures – l’une d’entre elles a révélé un taux de quarante-six mille cinq cent quarante becquerels par kilogramme alors que la limite légale est de dix mille becquerels – réclament à leur tour le déplacement des populations les plus vulnérables dans des zones sécurisées. Une mesure qui interviendrait alors que le pays doit consentir un effort de reconstruction sans précédent, qui serait particulièrement complexe à mettre en place dans la mesure où Fukushima compte près de trois cent mille habitants mais qui apparaît aujourd’hui nécessaire au regard des derniers chiffres, par ailleurs supérieurs aux seuils à partir desquels les riverains de Tchernobyl ont été évacués. Si l’on en croit le militant de Greenpeace Jan Beranek, Tokyo ne semble cependant pas disposée, sans doute par crainte de mouvements de panique, à franchir le cap : « (les pouvoirs publics obligent) les gens et la société à revenir à une activité normale. Or, dans le même temps, il y a des niveaux toujours très élevés de rayonnement [...] À ces niveaux d’exposition, cela pose évidemment un risque pour la vie et la santé de la population ». Et de déplorer la lenteur du gouvernement qui, bien qu’ayant selon nos confrères de la BBC l’intention d’agrémenter des stress tests pour toutes les unités atomiques du pays (NDLR : des tests de résistance qui seraient alignés sur ceux de l’Union Européenne (UE) et ne prendraient donc pas en considération les risques liés à un crash d’avion, à une attaque terroriste et à une défaillance humaine), ferait selon lui « trop peu par rapport à la gravité de la situation ».

« La contamination des sols s’étend dans la ville [...] Les enfants jouent avec la terre, ils jouent donc avec des substances hautement radioactives », a quant à lui souligné Tomoya Yamauchi, professeur à l’Université de Kobe, spécialiste des radiations et qui plaide lui aussi pour un nouvel élargissement du périmètre de sécurité (NDLR : la zone d’exclusion a déjà été étendue la semaine dernière avec l’évacuation d’une centaine de foyers dans la ville de Date, à soixante kilomètres au nord-ouest de la centrale), étant entendu que la moitié des cent soixante mille personnes riveraines de la centrale que l’opérateur TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany) va devoir dédommager et qui ont fui à la suite de la catastrophe ont regagné depuis leur domicile.

fukushima : peur sur la ville

Le temps contre TEPCO

Dans le sillage du gouvernement, qui a officialisé hier une rallonge budgétaire de deux mille milliards de yens (environ dix-sept milliards d’euros) pour aider les régions touchées par le séisme, le tsunami et l’accident de Fukushima 1, l’exploitant, selon lequel le circuit de refroidissement fonctionnerait désormais à 80 % de ses capacités mais dont on peut douter qu’il puisse éviter la banqueroute, a annoncé qu’une indemnité variant entre cent mille et trois cent mille yens (de huit cent cinquante à deux mille cinq cents euros), en fonction du temps vécu hors de leur domicile, sera versée aux cent soixante mille victimes précédemment évoquées.

L’électricien pourrait au bout du compte devoir débourser un total astronomique de mille milliards de yens (huit milliards cinq cents millions d’euros) certes relativement modeste en comparaison du coût financier, encore impossible à déterminer, généré par les effroyables conséquences de l’accident dont il porte l’essentiel de la responsabilité mais bien trop élevé pour une entreprise de ce standing. Les mesures prévues par les décideurs pour tenter de lui éviter la liquidation faisant actuellement l’objet d’âpres discussions parlementaires, et le temps jouant de toute façon contre TEPCO, sur et en dehors du terrain, nombre d’observateurs lui prédisent un enterrement sans fleurs ni couronnes.

Quand bien même le groupe sortirait la tête de l’eau, il n’a cependant pas fini de regretter sa légèreté passée. Moins de pusillanimité en amont lui aurait très certainement permis d’envisager des jours meilleurs. Et surtout d’épargner à l’humanité un cataclysme nucléaire qui n’a absolument rien d’une fatalité.

Crédits photos : flickr – DVIDSHUB / Kawamoto Takuo
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  • hyper ecolo

    Tu m’étonnes !

  • lilou

    Je ne comprends pas pourquoi les habitants de Fukushima n’ont toujours pas été évacués ! C’est honteux, de laisser autant de vies en jeu.