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Nucléaire : l’étau se resserre encore autour de Fessenheim

Nucléaire : l'étau se resserre encore autour de Fessenheim
Ils étaient de nouveau plusieurs milliers dimanche à réclamer la fermeture de la doyenne des centrales atomiques françaises

En service depuis 1977, construite sur une zone sismique à 1,5 kilomètre de l’Allemagne et à quarante kilomètres de la Suisse, la plus vieille centrale nucléaire française continue d’inquiéter les populations alentours. Et de plus en plus d’élus…

L’accident de Fukushima 1 (Japon), dont la gravité vient d’être revue à la hausse par l’Agence japonaise de sûreté nucléaire, a quelque peu ébranlé la confiance de l’opinion publique internationale en la filière nucléaire et modifié la perception des récentes défaillances constatées sur la centrale haut-rhinoise.

Rappelons que celle-ci est actuellement dans le viseur des « Grünen » allemands, gonflés à bloc depuis la prise du land du Bade-Wurtemberg le mois dernier et dont les pressions ne sont assurément pas étrangères à la spectaculaire annonce de Berlin d’une sortie progressive du nucléaire à compter de 2020, des cantons suisses du Jura, de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne ainsi que du Conseil régional de Franche-Comté, qui réclament de concert sa fermeture immédiate. Une requête que les Verts allemands se sont empressés de transmettre au Commissaire européen à l’Énergie Günther Oettinger – un compatriote qui est apparu autrement plus ferme sur le dossier du nucléaire que sur celui des gaz de schiste - , tandis que le président UMP de l’irréductible Région Alsace Philippe Richert recevait à Bâle (Suisse) des représentants des trois cantons précités le 1er avril dernier.

Ni les stress tests européens ni le « ratissage » de l’Agence de sûreté nucléaire (ASN), laquelle statuera sur la prolongation de la durée de vie de la centrale de Fessenheim dans les semaines qui viennent, n’ont contenté ses détracteurs, qui militent tous pour un arrêt définitif de ses activités.

Une reconversion en site-pilote ?

Ils étaient dix mille à Chalampé (Haut-Rhin) le 20 mars à manifester en ce sens et de nouveau trois mille huit cents ce week-end – dixit la police – à se réunir sur la petite île située juste en face de la centrale. Un rassemblement cosmopolite et bon enfant sous un soleil de plomb, agrémenté de quelques slogans savoureux (« Fukusheim, non merci ! »), certains en allemand, précédé par un pique-nique dominical et auquel succèdera une autre manifestation vraisemblablement beaucoup plus importante le 25 avril.

Ceux qui y prendront part viennent de remporter un joli succès avec le vote dans la nuit de lundi à mardi par le Conseil municipal de Strasbourg (Bas-Rhin) d’une motion demandant la fermeture de la centrale, quels que seront les résultats des expertises actuellement conduites.

Première collectivité alsacienne à dire « stop », le Conseil a justifié sa décision – prise à la quasi-unanimité des élus UMP, PS et Europe Écologie-Les Verts (EELV) moins une abstention – en rappelant que, « pour l’ensemble des spécialistes, les standards de sécurité de l’époque sont aujourd’hui dépassés ». Et de plaider pour une reconversion de cette centrale à leurs yeux obsolète et directement exposée aux inondations « en site-pilote de recherche-développement qui permettra de mettre en oeuvre des savoir-faire et des technologies pionniers, générateurs d’emplois et nécessaires au démantèlement des centrales nucléaires en fin de vie », voeu auquel le gouvernement ne semble pour l’heure pas disposé à accéder.

Les autorités continuent de se réfugier derrière les inspections de l’ASN, seule habilitée à émettre un « bilan santé » recevable de la centrale de Fessenheim. Alors que la Commission locale d’information et de surveillance (CLIS) du site vient d’annoncer une réévaluation des risques hydrauliques et sismiques, le groupe EDF et l’Agence, eux, se veulent rassurants : selon leurs dires, les digues de la centrales seraient capables de supporter une crue milléniale et maintiendraient la structure à sec même en cas de débordement du Rhin sur la plaine d’Alsace.

Des arguments techniques qu’on aimerait voir corroborés et qui pourraient ne pas soutenir la comparaison avec une mobilisation citoyenne toujours très élevée, un peu plus d’un mois après le début de la catastrophe de Fukushima 1. L’appui d’un nombre croissant d’élus locaux est aussi venu corser les affaires de l’exploitant EDF, qui peut toutefois toujours compter sur le soutien de l’Élysée. Et qu’on imagine mal se priver de demander à haute voix aux nucléophobes des alternatives énergétiques crédibles à un switch-off de Fessenheim.

Crédits photos : flickr - Nouara Aci-Scalabre / Wikimedia Commons – Florival fr
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