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Nucléaire : les habitants de Fessenheim défendent leur centrale

Nucléaire : les habitants de Fessenheim défendent leur centrale
Entrée en service en 1977, la centrale de Fessenheim est plus que jamais dans le viseur des anti-nucléaire

Concernés au premier chef, ils sont nombreux à dénoncer la tournure politique qu’a pris le débat autour de son avenir.

Les responsables d’EELV (Europe Écologie-Les Verts) réclament sa fermeture et depuis l’accident de Fukushima 1 (Japon), le nombre d’élus locaux opposés à la poursuite de ses activités a grimpé en flèche. Pays riverains confrontés à une très forte pression de leur opinion, l’Allemagne et la Suisse ont tous deux décidé le démantèlement de l’ensemble de leurs centrales nucléaires, respectivement en 2022 et en 2034, et ils souhaiteraient eux aussi que cette unité ne produise plus d’énergie. Les manifestations surviennent à intervalles réguliers, regroupant à chaque fois plusieurs milliers de personnes, des « anti-atome » français, allemands et suisses qui pour certains l’ont rebaptisée « Fukusheim ».

La catastrophe nucléaire précitée l’a replacée sous les feux de la rampe. Entrée en service en 1977, ce qui fait d’elle la plus vieille de l’Hexagone, la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) a un avenir à long voire moyen terme plus que jamais incertain. Théâtre de plusieurs incidents ces dernières années, elle est devenue un enjeu politique et un symbole fort du déchaînement de passions que suscite le débat énergétique. S’ils sont des millions à l’assimiler à une véritable « cocotte-minute » et à ce titre à préconiser sa fermeture, les revendications sont toutes autres à Fessenheim même, paisible village de deux mille trois cent quarante-et-une âmes irréductibles où les conclusions de l’audit réalisé par les spécialistes de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), évoqué hier dans ces colonnes et qui n’a pas davantage épinglé « leur » site que les soixante-dix huit autres installations atomiques examinées, ont été vécues comme une délivrance.

Là-bas, « c’est l’union sacrée », relatent nos confrères du Monde : de la direction de la centrale à la maire Fabienne Stich (sans étiquette) en passant par les syndicats, les salariés et les commerçants, personne ne semble souhaiter l’arrêt de l’unité trentenaire, qui fait il est vrai office de moteur économique. « Deux cent à deux cent cinquante habitants lui doivent leur emploi et deux cents entreprises travaillent avec elle. Plus de la moitié du budget de la commune (cinq millions d’euros) est apporté par les cotisations versées par EDF », relate le quotidien, citant l’édile, laquelle souligne que « les opposants habitent à des centaines de kilomètres pour certains » et dit faire « confiance à l’exploitant ».

« La centrale, on l’aime bien », résume quant à lui Joël Vonau, boucher-charcutier du village, selon lequel la centrale de Fessenheim est aujourd’hui « l’une des plus modernes de France » dans la mesure où « tout a été refait ». Et d’ajouter : « (les Allemands et les Suisses sont malins), ils disent vouloir la fermer mais ils nous achètent son courant […] Si on retourne au fioul et au charbon, on crame la planète ».

« Il est inacceptable d’échanger l’avenir de la centrale contre des postes de députés »

Membre du Groupement des industriels de la maintenance de l’Est (GIMEST), qui rassemble soixante-quinze prestataires des centrales régionales, Laurent Lemoine rappelle pour sa part que « le devenir de la centrale, c’est à l’ASN de le fixer, pas à des entités extérieures ». Aussi le choix doit-il demeurer à ses yeux « industriel ». Un sentiment largement partagé par les villageois, alors qu’une pétition lancée il y a une quinzaine de jours par la CGT, la CFDT, FO et la CFE-CGC, qui dénoncent de concert « l’acharnement médiatique et la prise en otage politique », a déjà réuni plus de quatre mille signatures. Élu CGT au comité d’entreprise, Jean-Luc Cardoso n’a pas davantage de doutes au sujet de la fiabilité de la centrale et juge de son côté, dans une allusion à peine voilée à l’accord qu’ont scellé EELV et le Parti socialiste – qui pourrait sonner son glas en cas de victoire de la gauche dans la course à l’Élysée -, « inacceptable de sacrifier des salariés pour que des politiques puissent poursuivre leur carrière et d’échanger l’avenir (de la structure) contre des postes de députés ».

Le gouvernement ayant répété plusieurs fois que les recommandations de l’ASN seront toutes respectées, l’horizon immédiat est désormais dégagé, et à moins d’un changement de majorité très rapidement suivi d’une « fermeture politique » semblable à celle de Superphénix (NDLR : son démantèlement, lui, prendrait une vingtaine d’années), le site continuera de fonctionner jusque début 2013 au moins. L’Autorité donnera alors son avis sur la poursuite de la production, sachant qu’elle a déjà autorisé la tranche numéro un en juillet dernier – ce qui, d’après le directeur de l’unité Thierry Rosso, exclurait un avis défavorable sur la tranche numéro deux – et se sera vue remettre un rapport de la centrale en août. Quant au chantier de la troisième visite décennale du réacteur 2, d’un coût de deux cents millions d’euros et qui s’est aussi traduit par le changement des trois générateurs de vapeur, il sera bouclé le mois prochain.

« Si la centrale avait dû fermer, les conséquences auraient été catastrophiques » mais « nous ne sommes pas sauvés pour autant », considère Mme Stich, qui n’ignore pas que les conditions fixées à la poursuite de l’exploitation se chiffrent en milliards d’euros et espère que le dossier Fessenheim ne sera pas utilisé « à des fins politiciennes » durant la campagne. Porte-parole au Comité d’administration Régional des Verts Alsace, Alain Jund, lui, en est autre contraire persuadé : « ce ne sont pas les scientifiques mais les politiques qui décideront de l’avenir de la centrale ».

Il sera sans doute dans le vrai si les Français votent majoritairement à gauche au cours des prochaines élections présidentielles et législatives.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Florival fr / flickr - sortirdunucleaire
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