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Nucléaire : les États-Unis passeront leurs centrales à la loupe

Nucléaire : les États-Unis passeront leurs centrales à la loupe
Conformément au souhait de nombreux parlementaires, les cent quatre réacteurs nucléaires américains seront « oscultés » par la Commission de régulation nucléaire américaine (NRC).

La catastrophe de Fukushima 1 (Japon) pose aussi la question de l’avenir de l’énergie atomique outre-Atlantique. Barack Obama n’a pas renoncé à relancer le programme nucléaire américain, mis entre parenthèses depuis l’accident de Three Mile Island en 1979, mais a officialisé un examen minutieux des cent quatre réacteurs du pays.

« Ce désastre montre la fragilité des centrales nucléaires et les conséquences potentiellement associées à une fuite radioactive après un tremblement de terre », avait déclaré la semaine dernière l’élu démocrate Ed Markey. Un point de vue partagé par le chef de l’exécutif américain, qui a mis la Commission de régulation nucléaire (NRC) à contribution. Cette dernière procèdera à une analyse approfondie à court et long terme des enseignements à tirer de l’accident de Fukushima 1, toujours pas terminé mais qui est d’ores et déjà le plus grave de l’histoire de l’industrie nucléaire depuis celui de Tchernobyl en 1986. La Commission tiendra notamment quatre réunions publiques d’information et publiera des rapports tous les trente jours au cours des trois prochains mois.

Sa tâche s’annonce complexe dans la mesure où les États-Unis demeurent la première puissance atomique du monde. Un cinquième de l’électricité produite dans le pays provient par ailleurs du nucléaire et certaines unités seront prochainement atteintes par la limite d’âge.

Pas de fermetures prévues

« Nous avons un degré de confiance élevé dans le niveau de sécurité des cent quatre réacteurs », a toutefois déclaré le directeur exécutif de la NRC Bill Borchardt, cité par nos confrères des Échos et pour qui il n’y a pour l’heure pas lieu de fermer des centrales. Et si aux dires de certains experts trente-trois réacteurs utilisant un système de stockage du combustible avec piscine en hauteur seraient particulièrement exposés aux risques sismiques, la Commission, passant en outre les réticences de certains élus locaux, a également délivré des prolongations de licences d’exploitation à soixante et un réacteurs le mois dernier. Un rétropédalage paraît aujourd’hui peu probable et quatre vingt-dix réacteurs au total devraient avoir une durée de vie de… soixante ans.

« Il va y avoir un renforcement de la sécurité et il est possible que certains n’obtiennent pas le renouvellement de leurs licences », a néanmoins tempéré le PDG d’Areva aux États-Unis Jacques Besnaoui, selon lequel le débat sur la dangerosité du combustible MOX, qui fait beaucoup parler de lui depuis deux semaines, n’a pas lieu d’être, pour la bonne et simple raison qu’« (il) ne change rien à la réactivité du réacteur ».

Il n’en demeure pas moins que la catastrophe de Fukushima 1 appelait à un audit semblable à celui auquel la France, deuxième puissance nucléaire mondiale, va incessamment procéder. Piloté par l’Agence de sûreté nucléaire (ASN), ledit examen portera sur les risques d’inondations, de séismes, de perte d’alimentation électrique et de perte du système de refroidissement ainsi que sur la gestion opérationnelle des situations accidentelles. Mené en adéquation avec les stress tests, en passe d’être validés par Bruxelles, et avec le concours technique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) (NDLR : des experts étrangers et des membres de la société civile devraient également y prendre part), ses premières conclusions sont attendues pour la fin de l’année.

« Si nous donnons un feu vert à une centrale (pour être exploitée dix ans de plus), cela n’empêche absolument pas que si des éléments nouveaux apparaissent, nous puissions intervenir. À tout moment et pour tout motif, nous pouvons intervenir pour demander à une installation  », a enfin souligné le président de l’ASN André-Claude Lacoste. Une allusion explicite au cas de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus vieille de France, qui fait actuellement l’objet de discussions passionnées et sur lequel l’Agence doit statuer entre avril et juin. Vu le contexte nul doute qu’une prolongation de sa durée de vie fera grincer bien des dents.

Crédits photos : geograph.org.uk – Lynne Kirton - Wikimedia Commons - Garcellor
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