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Nuage de gaz : les autorités se veulent rassurantes

Venue sur place, la ministre de l'Écologie Delphine Batho a officialisé l'ouverture d'une enquête administrative pour déterminer les causes et les responsables de la fuite de gaz survenue dans l'usine Lubrizol de Rouen (Seine-Maritime)

Rarissime, l’événement n’en est pas moins, inévitablement, vecteur d’angoisses.

Le gouvernement a beau assurer via la Direction générale de la Santé (DGS, ministère de la Santé) que le gaz qui s’est répandu de Paris jusqu’au sud de la Grande-Bretagne (!) – du mercaptan, un marqueur olfactif de type gaz de ville donnant des odeurs nauséabondes de sueur, d’ail, voire d’oeuf pourri  – est sans danger respiré à faibles doses, l’incident chimique qui s’est produit lundi matin dans une cuve de trente-cinq tonnes de l’usine Lubrizol de Rouen (Seine-Maritime) n’est pas sans inquiéter citoyens, écologistes et associations de protection de l’environnement.

Sans surprise, les activités de la structure, classée Seveso seuil haut (risque majeur), construite en 1954, située au bord de la Seine et qui fabrique des additifs servant à enrichir les carburants, les huiles ou les peintures industrielles, ont été interrompues par arrêté préfectoral. Les premiers « soins » pour stopper les émanations ont en outre été prodigués dans la nuit, peu avant une heure du matin (avec trois heures de retard, du fait de travaux préparatoires plus fastidieux que prévu).

Ils « consistent à transférer le contenu du bac d’où s’échappe le mercaptan vers un autre bac contenant une solution sodée », décryptent nos confrères de l’AFP. Preuve du sérieux de la situation : le Plan particulier d’intervention (PPI), déclenché lorsqu’un incident industriel est susceptible de dépasser le cadre d’une usine, a aussi été déclenché hier.

La ministre de l’Écologie s’est rendue sur place

Venue sur place, la ministre de l’Écologie Delphine Batho a quant à elle officialisé l’ouverture d’une enquête administrative pour déterminer les causes et les responsables de cette pollution. L’incident est vraisemblablement dû « à une négligence ou à une faute », a par ailleurs indiqué la locataire de l’Hôtel de Roquelaure, citée par l’Agence et selon laquelle l’achèvement des travaux prendra « un certain temps », peut-être plusieurs jours.

En attendant, les centres de secours et les hôpitaux ont été submergés d’appels. Un phénomène relativisé par la DGS, laquelle s’est employée à mettre en avant le caractère « passager » des symptômes ressentis par certaines personnes « plus sensibles ». Même tonalité apaisante du côté de la direction de l’usine, la porte-parole de la société Lubrizol Nathalie Bakaev ayant souligné que l’incident n’a provoqué aucun dégât matériel et que les trois cents salariés de l’usine, propriété de Berkshire Hathaway, une holding du magnat américain Warren Buffett, n’ont pas dû être évacués. Également interrogés par l’AFP, les pompiers de Paris, eux, soutiennent que le nuage se dissipera « naturellement en fonction des conditions météorologiques ».

Autrement plus circonspecte, l’eurodéputée EELV (Europe Écologie-Les Verts) Michèle Rivasi a pour sa part regretté que les pouvoirs publics, qui ont considéré que la concentration en gaz était d’abord trop basse pour déclencher l’alerte, aient failli au principe de précaution en n’avisant pas les populations dès lundi. Le parti écologiste a aussi dénoncé l’existence d’une « usine à risque » au coeur de la métropole normande. « On ne peut négliger l’extrême fragilité des sites industriels en zone urbaine où un accident peut survenir à tout moment », a ainsi estimé Jean-Michel Bérégovoy, conseiller municipal EELV de Rouen cité par l’AFP. Une manière peut-être de rappeler à qui de droit le funeste souvenir de la catastrophe de l’usine AZF.

Crédits photos : flickr / David Monniaux - isamiga76
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