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Nos enfants s’alimentent mal

Nos enfants s'alimentent mal
C'est un fait : les jeunes français sont de plus en plus nombreux à jeter leur dévolu sur les sucreries. Une évolution qui, nonobstant la responsabilité parentale, s'explique d'abord par l'augmentation des publicités dédiées à ce type de denrées

Le bio a beau progresser notablement dans nos cantines, les enfants français ont encore bien des progrès à faire pour améliorer leur hygiène alimentaire. Telle est la principale conclusion de l’étude publiée hier par l’association UFC-Que Choisir, effectuée auprès de trois cent quarante familles « représentatives », consacrée au marketing télévisé pour les produits alimentaires à destination des jeunes pousses et selon laquelle « les produits gras et sucrés sont plus que jamais présents [...] au coeur de (leurs) habitudes ».

Sans pour autant caricaturer ces derniers préfèrent généralement les paquets de bonbons aux fruits de saison, les pains au chocolat aux céréales et les hamburgers solidement ketchupés aux viandes maigres. Il faut dire que les fameux spots « ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé » ne pèsent pas lourd en comparaison de ceux des chantres de la malbouffe.

« Les publicités pour les produits gras et sucrés constituent l’essentiel (80 %) des publicités alimentaires diffusées durant les programmes pour enfants », rappelle en effet UFC-Que Choisir dans son communiqué, soit tout de même une baisse de neuf points par rapport à la précédente enquête, datée de 2006, néanmoins insuffisante pour impulser un changement de pratiques. « Surtout, 93 % de ces publicités figurent désormais durant les écrans « tous publics » », or ceux-ci sont « regardés par un nombre d’enfants encore plus important que ceux des programmes pour enfants (75 % d’audience supplémentaire) », précise l’association.

Cette déferlante publicitaire accentuée par l’impact des images consacre l’hégémonie des produits à base d’huile de palme, de colorants de synthèse et autres substances chimiques favorisant l’obésité. UFC-Que Choisir relève ainsi une véritable flambée des produits gras et sucrés dans les foyers, au point qu’ils représenteraient désormais « 55 % de l’ensemble des produits relevés », soit un gain de dix-sept points en quatre ans. La hausse est encore plus préoccupante en ce qui concerne les denrées néfastes pour l’organisme consommées pour le goûter, leur proportion s’élevant aujourd’hui à 64 %, c’est-à-dire vingt-cinq points de plus que lors du précédent pointage.

Les publicités pour les produits les plus gras ou sucrés doivent être davantage encadrées

Cette américanisation des masses ne pouvait que faire l’objet de recommandations, d’autant que « l’obésité et le diabète ont continué à augmenter en France et que les annonces officielles successives de mesures strictes n’ont jamais été suivies d’effet », déplore l’association. Et d’enjoindre le nouveau ministre de la Santé Xavier Darcos à « présenter au plus vite un projet de loi prévoyant notamment l’encadrement strict des publicités télévisées pour les produits les plus gras ou sucrés aux heures de grande écoute des enfants ». Il serait également de bon ton de valider le Programme National Nutrition Santé de programmes télévisés informatifs, histoire d’indiquer aux parents, qui ont bien sûr eux aussi une responsabilité majeure dans cette évolution, la bonne marche à suivre. « La gratuité de diffusion pour les communications sur l’équilibre nutritionnel émanant de l’Institut National pour la Prévention et l’Éducation Sanitaire (INPES) » est une autre préconisation d’UFC-Que Choisir, qui porte notamment l’accent sur le petit déjeuner et a constaté une « forte progression des biscuits dans leurs versions les plus sucrées, des viennoiseries et des gâteaux » au détriment du pain, « devenu largement minoritaire ».

Le bio et l’alimentation locale seuls remparts

Dans son viseur, les professionnels, accusés de ne pas avoir respecté leur engagement d’améliorer la qualité nutritionnelle du modèle alimentaire que les publicités télévisées promeuvent auprès des enfants. Des publicités qui ont par ailleurs vu leurs budgets repartir à la hausse l’an passé. Reste que si la crise économique semble aujourd’hui de l’histoire ancienne pour les industriels de l’alimentation, les enfants français, eux, sont – essentiellement à cause d’eux – de plus en plus nombreux à filer un mauvais coton. 17,8 % seraient même en situation d’obésité et de surpoids, « alors que l’obésité était quasiment inconnue chez les enfants il y a seulement quelques décennies ».

Or « toutes les études montrent que la proportion de personnes en surpoids ou obèses augmente inéluctablement avec l’âge ». « L’obésité est une maladie chronique, c’est-à-dire une maladie qui s’installe dans la durée, qui est très difficile à faire régresser et qui est malheureusement évolutive », ajoute UFC-Que Choisir.

Les budgets télévisés de McDonald’s, Kellogg’s et Coca-Cola ont augmenté respectivement de 69, 45 et 27 % entre 2006 et 2010 et il n’y a pas lieu de penser qu’ils régresseront substantiellement dans les années à venir. L’alimentation bio, bien que son coût soit encore jugé rédhibitoire par une proportion non négligeable de ménages, a cependant elle aussi le vent en poupe. Les produits sains et authentiques peuvent-ils prendre l’ascendant sur les confiseries et autres denrées grasses ? La malbouffe, la gourmandise exacerbée et l’obésité n’ont en tout cas rien d’une fatalité, et il existe partout en France des producteurs locaux qui n’ont certes pas les mêmes moyens financiers que les Haribo et consorts mais qui ont des produits bien meilleurs pour la santé à vendre. Le bio, lui, est désormais présent dans la quasi-totalité des supermarchés hexagonaux. Il existe donc des alternatives ou plutôt une chance à saisir. Pour ne pas que, dans quelques années, ainsi que le réalisateur Jean-Paul Jaud le redoute, nos enfants soient en position de nous accuser.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Aurélie et Hervé / Picasaweb – Reid Yokoyama / flickr – Mario Diogo
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