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Normandie : le Conseil d’État rejette les opposants à l’éolien offshore

La France affiche d’ambitieux objectifs en matière de déploiement de l’éolien en mer : en 2009, le gouvernement se donne en effet une dizaine d’année pour déployer jusqu’à 6.000 MW de turbines offshore. Malheureusement, le potentiel éolien tricolore n’est toujours pas exploité. De multiples recours en justice freinent en effet la construction des premières fermes éoliennes offshore et l’implantation des turbines au large des côtes françaises. Les partisans de cette énergie totalement renouvelable peuvent cependant se féliciter d’une première victoire juridique.

Le Conseil d’État a en effet rejeté ce mercredi 16 mai le pourvoi de 5 associations opposées à la construction d’un parc éolien offshore au large de Courseulles-sur-Mer. La démarche de ces associations visait à faire annuler l’autorisation de construction et d’exploitation de 75 éoliennes à une dizaine de kilomètres des plages normandes du Débarquement.

Lors de sa plaidoirie, l’avocat des associations requérantes a évoqué la présence de “nombreuses mines de la Seconde Guerre mondiale” dans les fonds marins du parc de Courseulles-sur-Mer. L’incidence du parc éolien sur le projet de classement des plages du Débarquement au patrimoine mondial de l’UNESCO a également était souligné.

“C’est triste car notre demande n’a même pas été jugée recevable et cette décision ouvre la voie à l’autorisation d’autres parcs éoliens”, estime Hervé Texier, président de l’association Belle Normandie Environnement. Mais ce rejet ne semble pas le décourager. Il a en effet indiqué qu’un second pourvoi serait déposé devant le Conseil d’État.

Les opposants à l’éolien offshore ont également décidé de se tourner vers la justice européenne. Un groupe d’une quinzaine d’associations ont en effet saisi la Commission Européenne pour contester l’ensemble des projets offshore prévus dans la région Normandie.

Les premiers parcs éoliens offshore ont été attribués au large de Fécamp, de Courseulles-sur-Mer et de Saint-Brieuc en 2012, à la suite d’un appel d’offres du gouvernement. La construction des deux premiers projets (Fécamp et Courseulles-sur-Mer), ainsi qu’un parc au large de Saint-Nazaire, ont été attribués à l’électricien français EDF. Le groupe espagnol Iberdrola se chargera du développement du parc de Saint-Brieuc.

Face au retard accumulé, les premières éoliennes offshore françaises ne devraient pas entrer en service avant 2021 ou 2022. Une situation déplorable quand on sait que le potentiel éolien en mer français pourrait aider le gouvernement à atteindre ses objectifs en matière de déploiement des énergies renouvelables…

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