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Non, le requin n’est pas l’ennemi de l’homme

Non, le requin n'est pas l'ennemi de l'homme
Le requin, guest-star d'une exposition magistrale qui se tient en ce moment à l'Aquarium tropical de la Porte Dorée (Paris, XIIe arrondissement)

C’est en substance le message de l’exposition Dans le sillage des requins, qui s’est ouverte le 2 février dernier et se tiendra jusqu’au 6 mars à l’Aquarium tropical de la Porte Dorée à Paris.

Aux dires d’Agnès Iatzoura, directrice du projet pour le Muséum d’histoire naturelle, l’objectif premier de cette manifestation est de dédiaboliser un poisson cartilagineux encore résolument caricaturé, de « détruire l’image négative du requin qui est dans toute les têtes, à commencer par celle des enfants ».

Très tenace depuis la sortie du premier opus de la série Les Dents de la mer, en 1975, le mythe du requin mangeur d’hommes se doit d’être balayé compte-tenu des menaces qui planent sur la survie d’une trentaine des cinq cent cinquante espèces relevées à ce jour, alors que leur rôle de « nettoyeur » des écosystèmes marins, de ses cadavres et de ses animaux malades est indispensable à l’équilibre de la biodiversité. La diminution du nombre de requins, maillon fort de la chaîne alimentaire des espèces en mer, se traduit ainsi, in fine, par une prolifération des algues au détriment des coraux.

Quinze humains tués pour cent millions de requins morts

Réalisée en collaboration avec Galatée Films et la Réunion des musées nationaux, l’exposition se tient dans un espace de six cents mètres carrés où cohabitent des poissons vivants et quelques pièces fossiles tout à fait extraordinaires. Elle consiste aussi en une série de photos et de vidéos équivoques issues du tournage du film Océans.  Les périls auxquels sont confrontés depuis de longues années ceux que Rob Stewart a lyriquement baptisé, dans un film documentaire de 2007, les Seigneurs de la Mer, à savoir les prises accidentelles (notamment lors de la pêche au thon) et la capture sauvage de leurs ailerons, très prisés en Asie, n’ont pas non plus été éludés (NDLR : La pollution et la dégradation de leurs habitats en sont d’autres, moins connus mais tout aussi inquiétants).

Un grand panneau installé à l’entrée rappelle une information tout à fait capitale, à savoir que si quinze humains sont victimes des requins, ce sont cent millions de squales qui sont tués par des humains (NDLR : Diverses estimations font aujourd’hui état, surpêche et accroissement de la demande d’ailerons obligent, de plus de cent cinquante millions de captures par an).

Quoique souvent relayées par les médias, les attaques de requins sont en effet extrêmement rares, de l’ordre d’une soixantaine par an dans le monde entier – alors que dans le même temps le cobra, le crocodile et l’hippopotame sont responsables de la mort de milliers de personnes chaque année sans pour autant subir le même traitement de défaveur. La plupart d’entre elles sont en outre accidentelles, le prédateur ayant commis une erreur d’identification qui, selon certains spécialistes, pourrait être motivée par la curiosité. Elles sont aussi rarement mortelles, dans la mesure où, après s’être aperçu de sa méprise, il ne s’acharne pas sur sa proie et préfère rebrousser chemin.

Même si certains cas de reproduction sans accouplement ont été constatés (NDLR : ce qui laisse à penser que certains requins sont capables de parthénogénèse), une maturité sexuelle tardive et une gestation particulièrement longue fragilisent aussi les requins face à la surexploitation.

L’endiguement de cette dérive passe sans doute par une législation contraignante à l’échelle planétaire et, d’ici là, par une application à la lettre du « plan d’action en faveur des requins » instauré par la Commission européenne en février 2009. En amont, une perception moins biaisée du « nettoyeur nettoyé » paraît elle aussi de toute première importance. L’exposition qui se tient actuellement à l’Aquarium Tropical ne vise pas autre chose.

Infos :

Aquarium Tropical – Palais de la Porte Dorée

293, avenue Daumesnil

75 012 PARIS

Tel : 01 53 59 58 60

Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 17h15 et le week-end de 10h à 18h45

Tarif réduit : 5 euros, Plein tarif : 6 euros 50

Crédit photo : Flickr - d.vones
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