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Noël : les dangers insoupçonnés des jouets

Noël : les dangers insoupçonnés des jouets
Les poupées, innocentes à la fabrication bien souvent coupable

Noël approchant, les parents se triturent les neurones pour offrir les plus beaux jouets à leur progéniture. Comme elle, ils ignorent le plus souvent où ils mettent les pieds…

L’habit ne fait pas toujours le moine, en particulier en ce qui concerne les jouets. Qui dit poupées aux couleurs brillantes dit le plus souvent teintures artificielles et produits chimiques – benzène, bisphénol A, formaldéhyde, phtalates, retardateurs de flammes bromés et toluène pour citer quelques-uns des plus connus. On est pourtant « en droit d’attendre (que le jouet) garantisse la meilleure sécurité possible et n’expose pas (l’enfant) à des substances préoccupantes pour la santé », estime non sans raison le WECF (Women in Europe for a Common Future), une association qui regroupe une centaine d’organisations continentales de femmes travaillant sur les sujets de santé et d’environnement et qui a organisé mardi dernier des tests dans le IVe arrondissement de Paris – en présence de Catherine Gouhier, présidente du CRIIREM (Centre de recherche et d’information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques), Michèle Rivasi, eurodéputée Europe Écologie-Les Verts (EELV), et Corinne Lepage, présidente de Cap21 et candidate déclarée au prochain scrutin présidentiel.

Il s’agissait de sensibiliser aux dangers provoqués par les substances précitées, qui sont multiples. Classé cancérigène pour l’Homme par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), reconnu comme polluant de l’air intérieur et de fait susceptible de favoriser l’asthme et les allergies, le formaldéhyde, que l’on peut notamment trouver dans les bois agglomérés ou les textiles, peut par exemple causer des irritations des yeux et des voies respiratoires. Présents dans les jouets électroniques et en plastique rigide en particulier, les retardateurs de flammes bromés, eux, « sont reconnus toxiques et pour certains classés polluants organiques persistants (POP) ».

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : d’après RAPEX [NDLR : le site qui référence les produits rappelés dans l'Union Européenne (UE) ], les jouets ont représenté l’an passé un quart des produits rappelés par les Vingt-Sept. Le risque chimique a par ailleurs été la cause du rappel dans 19 % des cas, ce qui fait de lui le deuxième type de risques à l’origine de retraits du marché. « La conjonction de ces deux facteurs indique clairement que le risque chimique dans les jouets est un enjeu majeur de protection du consommateur au niveau européen », résume le WECF, qui dénonce également – tests du magazine 60 millions de consommateurs à l’appui – la présence de baryum dans des bijoux pour enfants et rappelle qu’une étude réalisée l’an passé par le Finish Environment Institute a révélé la présence de plomb dans plusieurs types de jouets (PVC dur, peinture de certains objets).

« On ne peut en effet pas toujours se fier au label CE »

Identifiés par les deux tiers des citoyens européens comme un risque pour la santé et classés depuis peu « potentiellement cancérigènes pour l’Homme » par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), les champs électromagnétiques (CEM) des téléphones portables inquiètent également l’association, qui souligne que, dès 2008, des scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme sur les dangers provoqués par les terminaux dédiés aux enfants. Une alerte qui prend tout son sens quand on sait que l’offre de jeux émettant des CEM s’est considérablement diversifiée depuis.

Quoique révisée il y a deux ans et devant faire l’objet d’un nouvel examen courant 2013, la directive européenne Jouets, qui détermine les seuils de produits chimiques, apparaît trop légère pour assurer la sécurité des enfants en bas-âge. C’est en tout cas l’opinion de Mme Rivasi, qui regrette que, si elle est encadrée, l’utilisation des mélanges et substances classés cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) dans les jouets demeure autorisée [NDLR : à hauteur de 0,1 % du poids de l'objet, alors même que l'Agence allemande de sécurité sanitaire a calculé qu'« un enfant qui tiendrait dans ses mains pendant une heure un jouet intégrant l'une de ces molécules au seuil autorisé en absorberait autant par la peau que s'il fumait quarante cigarettes » (!) ].

« Cela veut dire que les jouets actuellement mis sur le marché dans l’UE sont dangereusement mis entre les mains des enfants sans que l’on puisse trouver la moindre indication sur les composants […] Il faut que l’on arrive à éliminer totalement ces produits nocifs dont certains sont des perturbateurs endoctriniens […] et il faut surtout qu’un organisme de contrôle et de certification indépendant fasse un travail de vérification avant la mise sur le marché. On ne peut en effet pas toujours se fier au label CE, qui est délivré par les fabricants eux-mêmes », a-t-elle résumé. Et Mme Lepage de renchérir : « Il est urgent de renforcer l’indépendance de nos agences d’expertise européennes en mettant fin aux conflits d’intérêt et en assurant une prise en compte sérieuse de la littérature scientifique indépendante et des signaux d’alerte ».

En attendant un durcissement de la législation et que les fabricants prennent leurs responsabilités, le WECF, qui a élaboré un guide d’achat, recommande les jouets labellisés et en matières naturelles comme le bois brut, le caoutchouc naturel et le tissu, sachant que certains logos comme GS, Oeko-tex et SpielGut attestent d’un contrôle des substances employées dans leur fabrication. Elle encourage également l’acheteur à « déballer puis aérer autant que possible les jouets avant de les donner à l’enfant ainsi qu’à laver les jouets en textiles et plus largement tous ceux qu’il est possible de nettoyer ». Mieux vaut enfin « éviter les jouets en PVC et ceux qui dégagent une forte odeur ». Parce qu’il est des cas graves comme celui-ci où il n’y a pas que l’intention qui doit compter.

Crédits photos : flickr / isamiga76 - Tyger_lyllie
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  • Philippe Routil

    Bonjour, merci pour votre article mais “60 Millions de consommateurs” n’est pas une association contrairement à ce que vous écrivez. Il s’agit d’un magazine, édité par un établissement public (et que le gouvernement cherche par ailleurs à privatiser, voir la pétition en ligne sur http://soutenons60.org )