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Un projet routier menace le parc naturel du Serengeti

Un projet routier menace le parc naturel du Serengeti

Le président tanzanien Jakaya Kikwete a annoncé que le chantier devrait débuter en 2012.

Le parc du Serengeti (Tanzanie) est le second parc animalier d’Afrique. Etendu sur un peu plus d’un million d’hectares, il compte environ quatre millions d’animaux. Cet espace naturel a beau être classé Patrimoine mondial de l’humanité à l’UNESCO et figurer parmi les derniers sanctuaires de vie sauvage de la planète, il pourrait être littéralement coupé en deux par une route dont la construction est appuyée par les autorités. Discutée depuis 2005, vivement combattue par les défenseurs de l’environnement, elle fait désormais l’objet d’un groupe de travail nommé par le gouvernement tanzanien, qui reste inflexible. «  A ce stade, le gouvernement n’a pas changé de position à propos de cette route », a ainsi déclaré un haut fonctionnaire. Long de cinquante kilomètres, à deux voies, le futur axe devrait traverser le parc pour relier le lac Victoria à la ville d’Arusha et a vocation à faciliter les échanges économiques.

De nombreuses voix s’élèvent toutefois pour dénoncer ce projet qui serait une catastrophe pour les animaux sauvages de la région. Parmi elles, celles d’une vingtaine de scientifiques spécialisés dans la conservation de la faune africaine selon  lesquels il « pourrait causer un désastre environnemental en entravant la migration des grands herbivores ». Les experts soulignent qu’une autre solution peut être envisageable. D’après eux une route contournant le parc par le sud aurait en effet l’avantage de désenclaver une région agricole densément peuplée, alors que celle proposée traversant le parc serait un simple couloir de circulation. Pour l’heure les enjeux économiques demeurent néanmoins trop importants pour que le gouvernement soit disposé à examiner cette piste.

« Une route c’est une barrière pour les gnous et les zèbres »

Selon la revue Nature, la Chine serait ainsi prête à financer le chantier, dont le coût a été évalué à quatre cent quatre-vingt millions de dollars (soit environ trois cent cinquante millions d’euros). Pékin a bien compris quels bénéfices elle pourrait tirer de cette nouvelle route, qui permettrait d’acheminer beaucoup plus facilement les matières premières des régions situées à l’ouest du Serengeti.

La pétition internationale qui circule actuellement pourra-t-elle anéantir leurs velléités ? Plusieurs tour-opérateurs ont en tout cas menacé de boycotter la Tanzanie, dont les revenus dépendent en grande partie des touristes venus admirer la fabuleuse faune sauvage qui se trouve encore dans cette partie du continent africain. Le voisin kenyan a lui aussi demandé aux autorités tanzaniennes de renoncer à leur dessein initial, notamment parce qu’un grand nombre d’herbivores du Serengeti vont se réfugier durant la saison sèche (de mai à octobre) dans la réserve de Masai Mara, laquelle reçoit des millions de visiteurs chaque année. Le tourisme est aussi la première source de devises du Kenya. Quant au parc du Seregenti, il est rien de moins que le dernier écosystème de la planète où les herbivores effectuent des migrations saisonnières.

Pendant la saison humide (de mars à mai), les herbes du parc nourrissent les gnous – qui sont un peu plus d’un million – , les zèbres et les gazelles, qui sont à leur tour chassés par les lions et les guépards. Or la route compromettrait gravement le déplacement pendant la saison sèche de milliers d’animaux qui risqueraient de ne plus trouver ni herbe ni eau. D’après certaines estimations la population d’herbivores pourrait même chuter à trois cent mille individus, contre deux millions recensés aujourd’hui. « Une route, c’est une barrière pour les gnous et les zèbres », a estimé Sophie Grange qui a longtemps travaillé dans le parc. De plus, ledit axe pourrait favoriser le braconnage, ainsi que l’a souligné Patrick Duncan, membre du CNRS.

Au total il ne fait aucun doute que la route que continue de soutenir les hautes sphères tanzaniennes est une aberration écologique. Les protestations de la communauté internationale et le point de vue des experts selon lesquels il existe une alternative pourraient néanmoins les faire plier. La beauté et les extraordinaires richesses naturelles du parc du Seregenti mériteraient pareil happy ending

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  • hyper ecolo

    Évidemment les Chinois sont derrière tout ça… Pourtant c’est drôle c’est bien eux qui organise le sommet climatique à Tianjin non ?