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Ours des Pyrénées : Où est passé Camille ?

Ours des Pyrénées : Où est passé Camille ?

Camille, le dernier ours autochtone des Pyrénées, inquiète les spécialistes : il n’a pas donné signe de vie depuis le 5 février dernier, dernier cliché en date prouvant qu’il est encore en vie.

Le FIEP (Fonds d’intervention éco-pastoral) et le FAPAS (Fonds pour la protection des animaux sauvages) sont inquiets et commencent à évoquer la mort de l’ours brun. Camille avait entre vingt-cinq et trente ans et avait élu domicile principalement en Espagne à la suite de la mort accidentelle de la femelle Claude, tuée par un chasseur en 1994. « En 1998, Camille qui fréquentait jusqu’alors la rive gauche de la vallée d’Aspe, s’est installé en Espagne, entre la vallée d’Anson et celle de Roncal (Navarre), où il avait été identifié génétiquement », a rappelé Gérard Caussimont, président du FIEP.

Ce naturaliste ne se fait plus aucune illusion sur le sort de Camille dans la mesure où les Espagnols obtenaient en moyenne une dizaine de clichés par an. Jusqu’en février, il ne se passait pas deux à trois semaines sans que l’ours ne soit pas signalé par les riverains. Néré et Cannelito, deux ours des environs, ont quant à eux donné signe de vie dans la région il y a encore quelques semaines. « Cela revient à dire que l’ours est pratiquement éteint en Aragon et en Navarre. Néré est le seul à y faire un tour de temps en temps », a souligné le président du FIEP.

Camille a provoqué de gros dégâts parmi les troupeaux de brebis

Cette espèce d’ours, présente depuis deux cent cinquante mille ans, est actuellement en voie d’extinction. Depuis dix ans, une vingtaine de plantigrades provenant de Slovénie ont été lâchés au cœur de la chaîne pyrénéenne. Rappelons en outre que la secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno annonçait il y a quelques mois la « mise en stand-by » du plan de réintroduction des ours et qu’il n’y aurait désormais plus que des lâchers ciblés pour remplacer les ours tués accidentellement. La dernière ourse autochtone, baptisée Cannelle, a quant à elle été retrouvée morte en 2004. Sur fond de vives tensions entre écologistes et chasseurs, Mme Jouanno a tout de même annoncé qu’une nouvelle ourse slovène devrait être relâchée dans une vallée du Béarn au printemps prochain. Suffira-t-elle à sauver l’identité des ours pyrénéens ? Personne à l’heure actuelle ne peut l’affirmer.

En ce qui concerne les ours slovènes, réintroduits dans les montagnes, et leur comportement qui serait  plus prédateur et plus imprévisible que celui de l’ours pyrénéen, M. Caussimont rappelle que Camille a tout de même provoqué de gros dégâts. Il aurait ainsi perpétré quelque vingt-cinq attaques l’année dernière, essentiellement contre des troupeaux de brebis, tandis que Néré, ours slovène, n’en a que deux à son actif.

Signalons tout de même deux nouvelles naissances, qui ont eu lieu à la suite de la précédente introduction de cinq ourses slovènes, en 2006. « L’ours semblable », expression qui lui a été attribuée, semble se plaire dans cette région et s’y reproduire correctement. C’est pourquoi on peut penser que si l’ours des Pyrénées n’a pas pu être sauvé, la population des ourses slovènes pourrait quant à elle augmenter dans les années à venir.

Le conflit entre partisans et opposants à la présence des plantigrades dans les Pyrénées, lui, n’est sûrement pas près de s’achever…

Crédit photo : flickR - frederic.salein
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