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Marée noire : le puits maudit est définitivement sous contrôle

Marée noire : le puits maudit est définitivement sous contrôle
Le puits Macondo a beau avoir été scellé, la pollution continue. Quelque mille kilomètres de côtes entre la Louisiane et la Floride portent encore des stigmates de la plus grave catastrophe écologique de l'histoire des Etats-Unis, d'où le maintien de vingt-cinq mille personnes aux opérations de nettoyage

La nouvelle a été officialisée ce dimanche. Cinq mois presque jour pour jour après l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon…

Vu le temps qu’il a fallu pour en arriver là, les incommensurables dégâts provoqués sur la biodiversité et le terrible préjudice porté aux populations concernées il y aurait quelque indécence à déboucher le champagne. C’est cependant une information qu’il convient d’apprécier comme il se doit et qui pour un peu mériterait d’être écrite en gras et en lettres majuscules :  le désormais célèbre puits Macondo est officiellement condamné depuis hier, soit une douzaine de jours après avoir été sécurisé.

Particulièrement délicate, cette opération consistait en l’injection de ciments et de matériaux à sa source, via un conduit secondaire, à quatre mille mètres sous le sol marin. Elle a été menée par les ingénieurs de BP dans le cadre de la stratégie « bottom kill », laquelle avait préalablement été approuvée par les autorités américaines et a pris du retard en raison de mauvaises conditions météorologiques.

« Faire tout ce qui est possible pour que les côtes du Golfe se remettent complètement de la catastrophe »

Tout en se gardant d’un triomphalisme qui eut été malvenu, l’amiral Thad Allen, responsable des opérations de secours et de nettoyage pour le compte de l’administration Obama, a fait part de son soulagement. Le locataire de la Maison Blanche a quant à lui indiqué que le pouvoir demeurerait « (engagé) à faire tout ce qui est possible pour que les côtes du Golfe se remettent complètement de la catastrophe ». « C’est un chemin difficile qui nous attend mais nous continuerons à travailler étroitement avec les habitants », a-t-il ajouté, étant entendu qu’il faudra des années voire des décennies pour que les écosystèmes ravagés par les hydrocarbures recouvrent leur état initial.

L’exécutif a par ailleurs dévoilé une nouvelle réglementation contraignante. Celle-ci exige des groupes pétroliers qu’ils démantèlent les plateformes inoccupées et sécurisent les puits inactifs. Dans la mesure où trois mille cinq cents puits immergés dans les eaux territoriales américaines sont à l’heure actuelle uniquement obturés par des valves de sécurité bien moins fiables que les couvercles dits « définitifs », c’est un chantier considérable (et nécessaire) qui va prochainement débuter.

Des chiffres astronomiques

Quant au scellage du puits endommagé de Deepwater Horizon, il constitue un pas supplémentaire vers la fin du worst-seller écologique de l’année. À moins que le mauvais sort ne vienne une nouvelle fois s’en mêler tout risque de nouvelle fuite est en effet définitivement écarté, deux mois après que la pose d’un couvercle sur le puits ait permis de stopper le déferlement de brut dans les eaux du Golfe du Mexique, qui a été estimé à quatre millions neuf cent mille barils [NDLR : C'est-à-dire sept cent quatre-vingt millions de litres et seize fois plus qu'à la suite du naufrage du supertanker Exxon Valdez en 1989, qui détenait jusque là le titre peu glorieux de plus grave catastrophe environnementale de l'histoire des États-Unis et a encore aujourd'hui des conséquences sur le monde animal ].

La facture, elle, continue de s’alourdir pour BP, qui l’a évaluée dans la matinée à neuf milliards cinq cents millions de dollars (environ sept milliards trois cents millions d’euros). Rendue publique le 3 septembre dernier, la précédente estimation – qui comprenait elle aussi l’ensemble des investissements consentis pour contenir la nappe de pétrole et réparer ses dégâts, le forage du puits de secours, les sommes versées aux États riverains et aux autorités fédérales ainsi que les indemnisations aux particuliers – s’élevait à huit milliards de dollars (six milliards centre trente millions d’euros).

« Nous avons encore mille kilomètres de côtes touchées entre la Louisiane et la Floride [...] J’ai encore quasiment vingt-cinq mille personnes sur le terrain », a en outre indiqué hier le contre-amiral Paul Zukunft, coordonnateur fédéral des opérations de secours. Les chiffres sont encore là pour nous le rappeler : la marée noire dans le Golfe du Mexique restera à jamais hors norme à tous égards.

Crédit photo : Timothy Tamargo - United States Coast Guard
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  • david

    Ca y est !? C’est fini ?!

  • jane

    On dirait bien…

  • daniel d

    Belle prouesse technique quand même… Et dire qu’il aura fallu cette catastrophe pour que les autorités du pays le plus puissant de la planète se rendent compte de la nécessité de sécuriser un peu plus cette activité potentiellement dangereuse pour l’environnement !