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Marée noire : Bye-bye Tony Hayward ?

Marée noire : Bye-bye Tony Hayward ?
Le directeur général de BP (à g.) devrait quitter son poste (et le groupe) dans les heures qui viennent. L'Américain Bob Dudley est pressenti pour assurer la relève

L’inénarrable directeur général de BP est annoncé sur le départ par plusieurs de nos confrères. Il pourrait quitter son poste dès aujourd’hui, trois ans après y avoir accédé.

L’hypermédiatisation de la marée noire dans le Golfe du Mexique l’a complètement désorienté, à moins qu’elle n’ait révélé une nature pour le moins désinvolte face à la détresse collective. Quoi qu’il en soit en voilà un qu’ils ne seraient pas nombreux à regretter, même s’il devait au bout du compte être confirmé dans cette fonction (NDLR : A l’heure où nous écrivons ces lignes la direction du groupe pétrolier a tout de même indiqué n’avoir encore pris « aucune décision définitive ». La presse pourrait donc prendre ses désirs pour des réalités.) que la plus grave catastrophe environnementale de l’histoire des Etats-Unis a rendu fort peu enviable. Entre ses déclarations hasardeuses voire carrément déplacées – notamment sur l’ampleur de la pollution provoquée par l’explosion de Deep Water Horizon – , ses états d’âme au sujet de sa vie personnelle depuis la catastrophe et son escapade insensée pour assister à une régate sur l’île de Wight (Grande-Bretagne), Tony Hayward a réussi le tour de force de se mettre à dos Barack Obama, les démocrates, les républicains et toute l’opinion publique américaine (le reste du monde ne le porte sans doute pas beaucoup plus dans son coeur).

Moyennant quoi l’impayable a fini par se voir décharger courant juin de la gestion quotidienne de la marée noire au profit de l’Américain Robert Dudley, auquel le big boss suédois de la multinationale britannique Carl-Henric Svanberg a sans doute demandé de se montrer plus coopératif et moins grotesque que son prédécesseur. Le départ définitif de M. Hayward, employé de BP depuis 1982, serait la suite logique – d’aucuns diraient la juste sanction – de cette éviction aussi discrète que lourde de sens.

Une prime annuelle révisée à la baisse ?

D’après la chaîne britannique BBC, qui s’est appuyée sur une source au sein du groupe pétrolier, le serial-gaffeur serait en train de boucler les conditions de son départ, lequel aurait selon le Sunday Times également été motivé par des résultats semestriels forcément décevants. Ceux-ci seront publiés demain et il faut d’ores et déjà s’attendre à ce que le cours de l’action accuse une nouvelle baisse spectaculaire.

D’ici là M. Hayward – alias « Patapouf » ou « Tiny » (NDLR : « Le tout petit ») pour quelques-uns de ses nombreux détracteurs – devrait donc avoir démissionné, avec sans doute la décision du conseil d’administration de diminuer sa prime de départ histoire de s’épargner un nouvel anathème.

Le très probable futur ex-directeur général de BP a cependant droit à un an de salaire, soit plus d’un million de livres et environ un million deux cent mille euros. Il touchera également une retraite annuelle de six cent mille livres par an (sept cent dix-sept mille euros) que n’aurait pas renié l’ancien co-président exécutif d’EADS Noël Forgeard, autre dirigeant de géant à la morale élastique et aux méfaits somme toute quasi-impunis du strict point de vue économique. Quant à la prime annuelle, elle atteint la somme colossale de deux millions de livres (deux millions quatre cent mille euros) mais pourrait en bout de course être réduite.

M. Hayward, qui selon toute vraisemblance sera remplacé par M. Dudley, coulera donc quoi qu’il arrive des jours paisibles sur le plan matériel.

Les plaisanteries devraient fleurir sur le Web au sujet de sa nouvelle carrière. Une chose est sûre – pour paraphraser le Secrétaire général de la Maison Blanche Rahm Emmanuel – il ne peut prétendre à une reconversion en conseiller en communication.

Le principal parasitaire de BP est en passe de s’en aller. Reste à la multinationale britannique à revoir en profondeur ses méthodes d’exploitation. C’est une autre affaire bien plus cruciale. Celle-ci nécessite la contribution de dirigeants certes moins agaçants mais surtout écologiquement réfléchis.

Crédit photo : BP p.l.c.
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  • daniel d

    Ouf !