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Les poissons refont surface dans les terres australes

Les poissons refont surface dans les terres australes
Après des décennies de surpêche et de piraterie, les mers des terres australes retrouvent petit à petit leurs stocks de poissons

C’est ce qu’a constaté une mission scientifique conduite ces dernières semaines dans les îles Kerguelen, au sud de l’océan Indien. Les ressources halieutiques se remettent même à grandir dans l’ensemble des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).

19 tonnes il y a quatre ans, 48 tonnes aujourd’hui. Telles ont été les quantités de légine, l’un des poissons les plus chers du monde (NDLR : de sept à neuf euros le kilo à la débarque) capturées et évaluées par les équipes de la mission scientifique Poker 2 (POissons des KERguelen), dirigée par Guy Duhamel, directeur au Muséum d’Histoire naturelle de Paris. Cette augmentation conséquente des prises est révélatrice de la hausse générale des stocks de poissons dans le sud de l’océan Indien. Une nouvelle qui redonne du baume à cœur alors que les dernières études sur la question, réalisées notamment par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) mettaient en avant une baisse sensible de ces mêmes ressources halieutiques à l’échelle planétaire…

Lutter contre la piraterie

Cette amélioration de l’état des écosystèmes marins en terres australes est aussi une bouffée d’oxygène pour les populations locales dans la mesure où la pêche occupe une place essentielle dans l’économie. La légine constitue par exemple la deuxième exportation la plus importante de l’île de la Réunion, où 250 emplois directs et 1 000 indirects en découlent, en plus d’être la deuxième pêcherie de France en termes de valeur. Jusqu’il y a peu la cherté de cette espèce amenait souvent des bateaux pirates à s’y intéresser, ce qui, à force de pillages – de l’ordre de deux à trois fois le tonnage pêché légalement – , avait conduit à une diminution préoccupante de sa population.

Pour lutter contre ce fléau, les TAAF ont mis en place une surveillance plus stricte de la zone économique exclusive (ZEE) nationale et ont saisi de manière systématique les navires arraisonnés. Cette fermeté contre la pêche illicite a donc porté ses fruits. « Il faut cependant rester vigilant, la ressource va devenir plus attractive en étant plus abondante », prophétise le préfet des TAAF Rollon Mouchel-Blaisot.

Raisonner la pêche

Autre motif d’explication de l’augmentation de la biomasse marine : une gestion plus raisonnée de la pêche locale. Elle a grandement contribué au fait que deux espèces, le poisson des glaces et le colin austral, très prisés des marchés asiatiques, puissent de nouveau être péchées dans les TAAF. « Dès 2011 », selon M. Mouchel-Blaisot. Leur capture avait été interrompue en raison d’une surexploitation dans les années 1980 et 1990, laquelle avait conduit à une baisse dangereuse des stocks. Grâce à la mise en place d’une législation plus stricte, avec notamment la délimitation d’une réserve dans les TAAF où toute pêche est interdite, les deux espèces en question ont vu leur population doubler ces quatre dernières années.

Dans l’ensemble, M. Mouchel-Blaisot considère que ces résultats encourageants sont une incitation à relever l’ensemble des quotas de pêche. « D’ici deux à trois ans » il serait d’après lui possible pour les pêcheurs de la région de pêcher de plus importantes quantités de légine, une fois que les jeunes pousses auront atteint l’âge adulte. « On va desserrer la vis », a-t-il indiqué à propos de l’avenir général de la pêche dans les TAAF. Une décision économiquement rassurante pour ces îles. La plus grande vigilance doit toutefois rester de mise pour qu’elle ne devienne pas nuisible du point de vue écologique.

Crédit photo : Flickr - / NOAA
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