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Les bactéries mangeuses de pétrole pourraient endiguer la marée noire

Les bactéries mangeuses de pétrole pourraient endiguer la marée noire
La découverte d’une nouvelle bactérie avaleuse de pétrole par une équipe de l’université de Berkeley pourrait permettre de limiter ce qui peut encore l’être sur l’impact environnemental de la marée noire du golfe du Mexique

La nature pourrait bien venir en aide à BP pour limiter l’impact environnemental de la marée noire du golfe du Mexique. Des scientifiques ont en effet découvert une bactérie qui se nourrit de pétrole sans pour autant épuiser l’oxygène dans l’eau.

Telle est la principale conclusion d’une étude publiée dans ScienceXpress – la version sur Internet de la célèbre revue scientifique Science – par une équipe d’une trentaine de chercheurs du Laboratoire national Lawrence Berkeley (Californie) dirigée par l’écologiste microbien Terry Hazen. « Cette découverte, qui fournit les premières données scientifiques de l’activité microbienne sur la dispersion d’un panache de pétrole dans les fonds marins, indique qu’il existe un grand potentiel de biodégradation naturelle d’hydrocarbures dans les grandes profondeurs océanes » explique ce scientifique.

Cette miraculeuse bactérie, qui partage beaucoup de caractéristiques avec l’ordre des océanospirillales, n’est pas originellement attirée par les hydrocarbures mais, comme le pense M. Hazen, elle s’est peut-être adaptée au fil du temps en fonction des modifications de son écosystème. Découverte à la fin du mois de mai à la suite de 200 prélèvements effectués sur 17 sites différents, elle semble préférer l’eau froide et pourrait donc se révéler utile pour avaler le pétrole qui traîne encore en masses imposantes dans les profondeurs du Golfe, même au-delà de 1 000 mètres de fond. « Cette recherche montre aussi que ces populations microbiennes psychrophiles –capables de vivre dans les profondeurs marines par des températures de -5 degrés Celsius– et les autres micro-organismes proches, jouent un rôle important dans le sort ultime et les conséquences environnementales des panaches de pétrole sous-marins dans le golfe du Mexique » précise M. Hazen.

Solution miracle ?

L’équipe de l’université de Berkeley craignait jusque là que l’activité de ces bactéries ne joue un rôle néfaste dans l’oxygénation de l’eau du golfe, ce qui aurait eu pour conséquence de créer des zones « mortes » dangereuses pour l’écosystème marin de la région. Il semblerait toutefois que ce doute puisse être dissipé, puisque la saturation d’oxygène à l’extérieur de la traînée de pétrole est de 67%, contre 59% à l’intérieur.

Ceci constitue la première nouvelle depuis des lustres sur le front de la marée noire. Alors que l’opération « bottom kill » va de report en report, retardant d’autant plus le colmatage définitif du sinistre puits Macondo, une autre équipe de l’université de Géorgie avait de son côté considéré qu’il subsistait dans les eaux du Golfe non pas un quart des millions de barils déversés dans les eaux mais bien les trois-quarts. Si le comportement de ces bactéries se révèle généralisable, les officiels pourraient peut-être avoir l’appui d’une aide précieuse pour nettoyer ce qui peut encore l’être de la plus importante marée noire accidentelle de l’histoire. Quitte à pouvoir servir sur d’autres fronts ?

Crédit photo : Flickr - marinephotobank
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