NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Les algues vertes en recul dans les Côtes-d’Armor

Les algues vertes en recul dans les Côtes-d’Armor
La raréfaction des algues vertes dans les Côtes-d'Armor cet été s'expliquerait d'abord par une conjoncture météo favorable. Si les hautes sphères ont décidé de davantage investir pour mettre un terme à cette pollution pluridécennale et aux conséquences multiples, elles auraient donc tout intérêt à ne pas relâcher leur effort

Quoique discuté par des élus locaux et une partie des populations concernées, le plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes officialisé en février commencerait-il à porter ses fruits ? Une fois n’est pas coutume les ulves, qui dénaturent une partie du littoral breton depuis des années et dont la présence massive est imputée prioritairement à l’agriculture intensive, se sont en tout cas faites plus rares cet été.

Les « marées vertes » n’ont certes pas encore disparu, et sans doute faudra-t-il encore attendre plusieurs années avant d’assister à la dépollution totale des sites jusque là affectés, mais la Bretagne, au demeurant pas vraiment épargnée par les catastrophes écologiques en tout genre depuis les années 1970, a désormais matière à espérer. D’autant que la diminution est sensible.

Des conditions météorologiques défavorables à la progression des « marées vertes »

Plus que le traitement renforcé de ce problème chronique par l’appareil étatique ce serait toutefois… les conditions météorologiques qui pour l’essentiel expliqueraient cette accalmie. La fraîcheur de l’eau, des précipitations moins importantes que d’ordinaire et un ensoleillement limité auraient grandement limité la prolifération. À la fois long et rigoureux, l’hiver écoulé a fait chuter l’eau de mer à moins de dix degrés celsius, et « ce climat agité a entraîné une importante dispersion des algues résiduelles au large », décrypte Sylvain Ballu, membre du Centre d’études et de valorisation des algues (CEVA) de Pleubian (Côtes-d’Armor). Et l’expert d’invoquer également les ramassages, particulièrement fréquents l’an passé et qui font désormais l’objet d’un soutien financier accru au plus haut niveau de l’État, ainsi que les débits de cours d’eau qui charrient les nutriments, lesquels seraient actuellement « plus faibles que les années passées ».

L’amélioration de la situation environnementale est notamment criante dans la baie de Saint-Brieuc, où les collectes sont de quatre à cinq fois inférieures aux prévisions. La désertion est aussi significative aux abords de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor), où François Fillon s’était rendu l’an dernier, témoignant de la volonté gouvernementale d’en finir avec un fléau aux répercussions touristiques et sanitaires manifestes (NDLR : Plusieurs décès lui ont même été imputés, notamment celui d’un chauffeur routier retrouvé mort après avoir transporté une importante cargaison d’algues vertes) - en plus d’engendrer d’importantes dépenses connexes. Pour la première fois depuis quatre ans les algues vertes ont même disparu cet été de la baie de Fresnaye.

La nouvelle usine de traitement de Lantic (Côtes-d’Armor) en sous-activité

« Inaugurée en juillet dernier par le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire et la Secrétaire d’État à l’Écologie Chantal Jouanno, la toute nouvelle unité de traitement de Lantic (Côtes-d’Armor) (cinq millions d’euros d’investissement, dont 80 % de crédit d’État), s’est retrouvée en sous-activité en raison de cette régression des algues », précisent en outre nos confrères du Monde. Ce n’est certes pas la vocation première de cette structure flambant neuve mais c’est bien la preuve que l’été 2010 est sans commune gravité avec le précédent.

Toute médaille ayant son revers, la question du financement des installations actuellement sous-employées pourrait néanmoins être source de tensions entre décideurs nationaux et locaux, et nous n’en sommes pour l’heure qu’aux prémisses d’une lutte qui demeurera âpre tant que perdureront les mauvaises habitudes agricoles. Il convient donc de suivre les recommandations des scientifiques en agissant aussi – surtout – en amont, de ne pas se borner à effacer les traces et sans doute, comme le réclame le conseiller régional socialiste et président du syndicat intercommunal de traitement Thierry Burlot, « de réfléchir à une amélioration du système de prévision des marées vertes ».

Favorable à « la mise en place d’un programme de recherche européen permettant davantage d’anticipation et de meilleurs repérages en mer », ce dernier pourrait à terme être entendu. D’autant que les algues vertes restent solidement implantées dans le département du Finistère.

Crédit photo : Wikimedia Commons - Thesupermat
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • daniel d

    Je crains qu’il ne s’agisse que d’une accalmie, les conditions climatiques de cette année ne pouvant se répéter indéfiniment.
    Le phénomène perdurera tant qu’on ne s’en tiendra à traiter les effets et non à s’attaquer aux causes, que chacun connait et qui sont l’agriculture déraisonnablement intensive et son corollaire, l’utilisation abusive d’engrais.
    La légende de votre illustration me paraît bien optimiste à cet égard quand vous écrivez “raréfaction” là où j’aurais plutôt utilisé le terme de “diminution” en y ajoutant le qualificatif “provisoire”;-)