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Le PNUE édite un guide de la biodiversité

Le PNUE édite un guide de la biodiversité
Le dictionnaire encyclopédique fraîchement mis en ligne sur Internet par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) doit servir à orienter les décisions des entreprises et des gouvernements dans le sens d'un respect accru des espèces, animales et végétales

Le fiasco programmé à Nagoya démontre que les gros efforts consentis par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) pour amener l’ensemble de la communauté internationale au pragmatisme « vert » ne portent toujours pas leurs fruits. Conscient qu’il faut ici convaincre avant de prétendre à vaincre, il a présenté lundi en ouverture du sommet un manuel de la biodiversité. Cet outil vise, à défaut de voir le message entendu par tous les négociateurs présents au Japon, à inciter les entreprises et les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités en matière de défense des écosystèmes.

Omniprésent dans une actualité environnementale marquée par des désillusions à répétition, le PNUE n’est pas resté les deux pieds dans le même sabot pour interpeller la communauté internationale sur la gravité de la situation des espèces animales et végétales à Nagoya (Japon). C’est sans doute peine perdue étant donné la tournure des discussions dans la métropole nippone, mais nul ne pourra lui reprocher de ne pas avoir déployé toute son énergie à l’évitement d’un statu quo dont paradoxalement tous s’accordent à dire qu’il serait catastrophique. Las ! On l’a évoqué aujourd’hui, toutes les conditions sont réunies pour faire de la conférence de Nagoya un « Copenhague de la biodiversité » : mêmes réticences à débloquer des fonds, mêmes passes d’arme pathétiques, même fermeté de part et d’autre.

Le PNUE, auteur de rapports pourtant sans équivoque sur la pêche en eau douce et la batterie de menaces qui pèsent sur les écosystèmes marins dans leur ensemble, pour ne citer que les plus récents, continue de voir ses recommandations piétinées par quelques « biophobes » qui donnent l’impression de continuer à croire que les défenseurs de l’environnement ne font que crier au loup mais sont malheureusement assez puissants pour faire achopper des négociations de la plus haute importance. Il n’a pas pour autant désarmé et continue de faire le job, son job – ce qui est tout à son honneur -, comme le prouve l’édition sur le web de ce « Guide de la biodiversité de A à Z » dont on aimerait que ses participants, parce qu’ils sont eux aussi concernés au premier chef, prennent au moins la peine d’y jeter un oeil, histoire de définitivement prendre conscience de la nécessité de sauver ce patrimoine naturel étrillé par les calculs.

« Une référence utile »

Montrées du doigt par la majeure partie de la population hexagonale quant à l’impact de leurs activités sur la biodiversité, ainsi qu’en ont témoigné les résultats d’un récent sondage IFOP commandé par le WWF, depuis peu aiguillées par le ministère français de l’Écologie pour mener des politiques environnementales plus poussées (voire pour les cas les plus désespérants commencer à intégrer la protection de la faune et de la flore au cours de leurs sessions brainstorming), les entreprises sont pour la majorité d’entre elles bien à côté de la plaque. D’où la parution de ce manuel pédagogique qui leur est destiné en priorité et qui, d’après le Directeur du centre mondial de surveillance de la conservation de la nature Jon Hutton, constitue « une référence utile pour soutenir les entreprises qui s’engagent en faveur de la défense de la biodiversité ». « C’est notre contribution à l’Année de la Biodiversité », a-t-il ajouté. Une contribution interactive et rédigée en partenariat avec la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque interaméricaine de développement (BID), le Conseil international des mines et des métaux (CIMM) et l’Association internationale de l’industrie pétrolière pour la conservation de l’environnement (IPIECA) – oui, ça existe…

Un recueil d’informations essentielles

Accessible sur la Toile, le guide a pointé quelque trente-cinq zones-clef pour la biodiversité partout dans le monde, présente notamment les espèces qui les peuplent et leur habitat. Les populations locales et les statuts juridiques desdites contrées font elles aussi l’objet d’un topo exhaustif, le tout offrant aux entreprises, mais aussi aux gouvernements et aux ONG, des informations à même d’accélérer des mesures destinées à mieux protéger ces ressources dont l’opinion publique internationale évalue mieux aujourd’hui le caractère inestimable.

« C’est un outil utile pour éclairer les décisions [...] en matière d’implantation, afin de minimiser l’empreinte environnementale de leurs projets et de maximiser les possibilités de conservation, associées au développement d’infrastructures », a corroboré Ernani Pilla, un spécialiste des ressources naturelles au sein de la BID. Il doit  aussi « aider les industriels à mieux comprendre les nombreux aspects de la protection de la biodiversité », a renchérit Andrew Mackenzie, directeur du CIMM.

Ce dictionnaire encyclopédique de la biodiversité regorge donc de données expertisées et apporte aussi de précieuses indications sur les espèces listées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ainsi que sur le portail Natura 2000.

La dégradation constante des écosystèmes et la persistance de l’immobilisme international justifient pleinement la diffusion à grande échelle d’un tel support. Reste à ceux auxquels il s’adresse d’en tenir compte. Le devoir environnemental n’incombe en effet pas qu’aux particuliers et ne consiste pas qu’en de petites initiatives isolées. Après des décennies de laxisme, et même si les premiers n’ont de cesse pour pléthore d’entre eux de repousser l’échéance, les gouvernants et les entreprises ont pour ainsi dire l’obligation de se racheter. Le temps presse et cette réalité brutale explique aussi la publication de ce « Guide de la biodiversité de A à Z » (en fait à « W ») dont il faut souhaiter qu’il sera massivement consulté. La nature et ses innombrables trésors le méritent amplement.

Crédit photo : flickR – Keven Law / OliBac / monkeywing
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