Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !
Plusieurs guépards quitteront prochainement l’Iran, la Namibie ou l’Afrique du sud pour venir fouler les prairies de l’Inde. Le gouvernement indien a approuvé la semaine dernière un plan de réintroduction.
Selon ce plan 18 spécimens repeupleront au cours de l’année à venir des terres arides et des prairies. Trois sites répartis sur l’ensemble du territoire hébergeront chacun six guépards et les autorités espèrent voir la population portée à une cinquantaine d’ici à 2060. « La mise en œuvre de ce plan pourrait prendre entre 10 et 15 ans », a tout de même tempéré un porte-parole du gouvernement. Reste qu’il fera de l’Inde « le seul pays au monde à accueillir six des huit grands félins et à posséder tous les grands chats d’Asie », ainsi que l’a souligné M.K Ranjitsinh, membre du Wildlife Trust of India.
Les autorités espèrent une restauration des prairies
Ces 18 nouveaux résidents seront accueillis comme de véritables pachas par le gouvernement indien, qui a notamment investi près de 30 millions de roupies (environ 500 000 euros) pour transformer le site Kuno Palpur et les réserves fauniques de Nauradehi (Madhya Pradesh) et de Shahgarh (dans le nord du Rajasthan) en un paradis pour guépards. Si les habitants vont devoir être relogés la contrepartie écologique est toutefois considérable puisque d’après les officiels la réintroduction des félins pourrait favoriser la biodiversité végétale. « De la même manière que le tigre a restauré les forêts […] et les dauphins les rivières, le guépard pourra restaurer les prairies d’Inde », estime Jairam Ramesh, ministre indien de l’Environnement et des forêts.
Mais le plan adopté par le gouvernement a d’abord une forte symbolique. Près de 2 200 guépards se sont en effet éteints depuis 2002, et malgré diverses mesures le gouvernement n’est jusque-là pas parvenu à mettre un terme à la corruption, à la contrebande criminelle et à l’inertie administrative qui les mettent gravement ainsi en péril. « La nature nous a donné quelque chose que nous n’avons pas su préserver », déplor le Dr Ali Sher, membre de l’Institut indien d’immunologie.
L’Inde pourrait enfin se transformer en terre d’asile pour les derniers guépards qui arpentent encore les terres du Cameroun. Selon une étude de l’Institut des sciences environnementales de l’Université de Leiden (Pays-Bas) le félin, de même que le chien sauvage d’Afrique, a quasiment disparu du pays en raison de la perte de leur habitat et du braconnage. A moins que les pouvoirs publics camerounais entreprennent de restaurer leur milieu naturel et suivent l’exemple indien en élaborant à leur tour un plan de réintroduction.

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !