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À défaut d’être encore en mesure d’interdire le commerce du thon rouge, le gouvernement vient de prendre une initiative à la fois utile et insolite destinée à protéger une autre espèce menacée de disparition, les abeilles.
Entre autres engagements en faveur de la biodiversité, dont la préservation a été intronisée priorité environnementale de l’année par les Nations Unies, la première loi du Grenelle prévoit d’interdire l’épandage aérien des produits phytosanitaires et d’ « appuyer le plan d’urgence abeilles sur une évaluation toxicologique indépendante » qui devra mesurer les « effets de l’ensemble des substances chimiques sur les abeilles ».
En attendant les conclusions de ce rapport, qui ne devraient pas inciter à l’optimisme, les ministères de l’Environnement et des Transports se sont entendus « pour que les abords routiers soient en mesure d’accueillir des insectes pollinisateurs ». Aussi, dès le printemps prochain, des fleurs vont-elles être plantées sur les bords de certaines routes françaises. Des espèces mellifères (NDLR : visitées par les abeilles) seront d’abord semées sur environ deux cents cinquante kilomètres à titre expérimental « afin d’offrir aux abeilles de nouvelles ressources florales pour leur alimentation » et de renforcer leurs défenses immunitaires. Ce dispositif, par ailleurs salué par le Réseau biodiversité pour les abeilles, lequel assurera son suivi apicole, pourrait d’ici 2013 être étendu à la totalité du réseau routier français non concédé, soit près de douze mille kilomètres.
« Plus de 35 % de nos ressources alimentaires proviennent des insectes pollinisateurs »
« Plus de 35 % de nos ressources alimentaires proviennent aujourd’hui des insectes pollinisateurs comme les abeilles. Les protéger, c’est aussi assurer notre survie », a estimé une Chantal Jouanno pragmatique. Le secrétaire d’État aux transports, Dominique Bussereau, a quant à lui mis en avant l’aspiration gouvernementale de « réduire les impacts environnementaux des infrastructures routières et de leur faire jouer un rôle positif ».
Le fauchage écologique (ou tardif), qui vise à laisser le temps à certaines fleurs de s’épanouir en réduisant de trois à un le nombre de fauches saisonnières sur les bords de route, sera par ailleurs étendu aux abeilles. Il faut dire que le taux de mortalité de l’insecte hyménoptère, menacé à la fois par l’agriculture intensive, les pesticides et les virus, a connu une augmentation inquiétante lors de la décennie écoulée.
Or, comme l’a rappelé le ministère de l’Écologie sur son site Internet, « en butinant les fleurs pour en récolter le nectar et le pollen, (il assure) naturellement la pollinisation de nombreuses espèces et permettent ainsi la fécondation nécessaire à la production de fruits et de graines ».
Il ne faut pas chercher ailleurs l’absolue nécessité d’optimiser ses chances de survie.

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