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A croire que les méthodes traditionnelles de déforestation ne suffisent plus. Exit la tronçonneuse et les litres d’essence utilisés pour mettre le feu : désormais la forêt amazonienne est en proie à une nouvelle technique de déboisement clandestin, à savoir les herbicides répandus par avion.
Grâce à un système de détection par satellite, l’IBAMA (Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles) a constaté ce week-end qu’au sud de la ville de Canutama, dans l’Etat d’Amazonas (Brésil), 178 hectares ont été touchés par le déversement d’agro-toxiques par avion. Le recours à cette méthode a évidemment un impact environnemental majeur, à la fois sur la biodiversité, les arbres, qui blanchissent et perdent leurs feuilles, les sols et les nappes phréatiques « (Les déboiseurs clandestins) changent de stratégie car avec ces agro-toxiques répandus par avion, ils parviennent à détruire plus de zones boisées en peu de temps » décrypte Jefferson Lobato, responsable du département de surveillance de l’IBAMA dans l’Etat d’Amazonas.

Une équipe d’inspection de l’Institut a par ailleurs indiqué avoir retrouvé, cachées dans les bois, près de quatre tonnes de produits chimiques classés comme « herbicides hautement toxiques ». Une découverte qui arrive sans doute à temps pour empêcher un nouvel épisode de déforestation clandestin. La personne responsable a été identifiée et sera jugée pour « crime contre l’environnement ». Elle encourt une amende pouvant atteindre 1,4 millions d’euros, somme dont on espère qu’elle dissuadera les amateurs de cette technique de déforestation très peu utilisée jusqu’ici, l’IBAMA n’ayant pour l’heure relevé qu’un cas de déboisement chimique dans l’Etat d’Amazonas en 1999 et un autre plus récent dans l’Etat voisin de Rondônia.
Reste qu’après un ralentissement de la cadence encourageant, les derniers chiffres de la déforestation sont inquiétants. D’après un rapport du système de détection de la déforestation en temps réel, le DETER, 268 kilomètres carrés ont en outre été détruits durant le mois de mai dernier, soit 2,5 fois plus qu’il y a un an. Le plus gros ne sera malheureusement pas reboisé.

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