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Le dernier rapport du Natural England arrive à point nommé. Alors qu’en cette « Année de la biodiversité » les regards des pouvoirs publics sont plus que jamais tournés vers la préservation des espèces et que des mesures ont été prises dans de nombreux pays (développés ou non) pour sauver celles qui peuvent encore l’être, ses conclusions ont vocation à interpeller les autorités britanniques sur la conjoncture défavorable à laquelle sont confrontés les écosystèmes du royaume.
Cet organisme qui dépend du gouvernement réclame en particulier de nouvelles mesures pour atténuer les effets du réchauffement climatique, lequel menace directement leur pérennité. Les allégations de l’un de ses responsables, Tom Tew, ont été relayées par nos confrères de Maxisciences. Or, selon lui, « chaque espèce a un rôle, comme les rivets d’un avion ou les briques d’un barrage », et « la structure de l’environnement est fragilisée lorsque l’une d’entre elles disparaît ».
Aussi les décideurs doivent-ils désormais prendre le problème à bras le corps, alors que la faune et la flore ont subi des pertes considérables ces deux derniers millénaires (NDLR : Au moins quatre cent quatre-vingt douze espèces auraient en effet disparu en deux mille ans, la plupart ces deux derniers siècles. Les mutations agricoles et industrielles seraient les principales responsables de l’extinction d’espèces de coccinelles, libellules et autres papillons qui vivaient exclusivement établies outre-Manche) et que, d’après le Lost Life report, l’étau se resserrerait autour de nombreuses espèces animales et végétales du pays.
Pas moins de neuf cent quarante trois animaux, certains a priori incontournables, à l’image des grenouilles rousses et des moineaux, pourraient en effet disparaître ou tout du moins accuser une forte réduction de leurs effectifs.
Pour l’heure, les papillons et les amphibiens auraient déjà vu leurs populations baisser de respectivement 24 % et 22 % depuis deux mille ans. Quant aux dauphins et aux mammifères terrestres, on évalue la diminution de leur nombre à 15 et 12 %. Chassé pour sa viande, le grand pingouin a été exterminé par l’homme. Le bourdon Bombus subterraneus, lui, n’a pas survécu au développement de l’industrie des pesticides.
Certains spécialistes estiment donc que d’autres espèces pourraient connaître le même sort et évoquent même une sixième extinction massive imputable à l’homme et à ses activités. La chasse et la pêche intensive, sur lesquelles il est possible de légiférer, en font partie. La pollution est toutefois une autre cause majeure de la saignée observée par la communauté scientifique, et en l’occurrence une interdiction même partielle est évidemment inenvisageable.
Un recours accru aux énergies renouvelables et un encadrement plus strict de certaines pratiques pourraient toutefois dissiper quelques-unes des craintes dont font désormais l’objet un quart des espèces établies sur le territoire britannique.

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