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Chine : Des interrogations subsistent sur la marée noire

Chine : Des interrogations subsistent sur la marée noire
Les pêcheurs et autres volontaires continuent de récupérer du pétrole sur les plages souillées par la marée noire dans le port de Dalian, dans des conditions d’hygiène souvent douteuses

Si la presse officielle s’est réjouie de la « victoire décisive » remportée contre la marée noire, la réalité des faits apparaît cependant moins reluisante .

On le sait, parler des problèmes environnementaux dans l’Empire du Milieu n’est pas chose aisée. De même remettre en cause le travail des autorités peut comporter certains risques. Alors que dans la plupart des cas les médias chinois bénéficient d’une certaine « latitude » sur les questions écologiques, le South China Morning Post, quotidien indépendant basé à Hong Kong, a rapporté que seuls les communiqués officiels ont pu être diffusés. Les reportages sur place ont par ailleurs été annulés, d’où de nombreuses incertitudes sur ce qu’il en est sur place.

L’explosion de deux oléoducs à Dalian, au nord-est de la Chine, a provoqué un désastre écologique que les autorités ont rapidement déclaré contrôler. Les témoignages recueillis aux abords du premier port pétrolier du pays tendent toutefois à contredire les assertions définitives des officiels. Les pêcheurs sur place sont en effet toujours maculés de noir, en lutte contre les hydrocarbures, et rien ne semble vraiment réglé ni terminé. « Ca, c’est ce qu’on a récupéré depuis hier (mardi) », a déclaré Kong Yun-huan, habitante de Dalian, devant 32 bidons remplis. Dans le Dalian Daily News, le maire Li Wancai assurait pourtant lundi dernier que « la marée noire a été totalement éradiquée » et que « le pétrole ne s’est pas diffusé dans les eaux internationales ».

Il n’y a guère que Greenpeace qui ait réussi à rapporter des témoignages sur place en dehors des autres journalistes et ce qui en ressort n’est pas non plus réjouissant. L’association avait été la première à diffuser des clichés des pompiers qui cherchaient à colmater la fuite à mains nues. Cette aberration est aussi le lot de tous les pêcheurs mobilisés pour participer au nettoyage, comme l’a confirmé Zhong Yu, chef de l’équipe d’intervention rapide de Greenpeace arrivée il y a une semaine à Dalian : « Ils procèdent souvent au nettoyage sans protection, sans gants et sans masques ». « Aucune des entreprises concernées n’a fourni de protection aux gens qui nettoient. Or, toutes sortes de composés toxiques sont dangereux, il peut y avoir des intoxications », a-t-elle  également souligné, avec notamment le géant chinois Petrochina dans le viseur. C’est en effet l’une de ses filiales est à l’origine de la catastrophe.

Et que le tourisme continue

Han Xu, un autre membre de l’association qui a participé aux opérations de nettoyage, a lui aussi indiqué que bien des zones sont encore souillées et notamment les plages, qui seraient « intégralement recouvertes de pétrole ». Sauf que même sur les baies toujours contaminées et où les boulettes d’hydrocarbures sont encore visibles, les touristes continuent de se baigner. D’une façon générale les badauds ne semblent pas contrariés par le fait de jouer ou de marcher dans des endroits qui n’ont pas été nettoyés.

« Le problème avec le nettoyage d’une marée noire est que c’est une opération qui se fait de fond en comble », rappelle Han Xu. Les autorités n’ont cependant aucunement l’intention de porter préjudice au tourisme, un secteur auquel elles tiennent par-dessus tout, et c’est la raison pour laquelle les vacanciers ignorent la situation réelle dans la zone de Dalian. Avec la pêche et l’industrie, le tourisme figure parmi les secteurs qui font tourner l’économie de cette mégalopole de six millions d’habitants, aussi annoncer que la situation n’est pas sous contrôle pourrait-il avoir des conséquences économiques – et médiatiques – désastreuses. Malgré la présence des militants locaux de Greenpeace, habillés de leurs combinaisons orange et qui appellent la population à la prudence, les visiteurs continuent à se baigner dans les eaux du Golfe de Dalian, seulement protégés des nappes de pétrole par des ceintures de paille et de cheveux.

« Tout est fait pour ne pas heurter les intérêts du secteur du tourisme », corrobore Tang Zilin, animateur de Depva, une ONG locale de défense de l’environnement. En revanche pas grand-chose n’est entrepris pour préserver la sécurité des habitants.

Crédit photo : Flickr – Maven@China
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