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Chasse à la baleine : Le Japon franchit la ligne jaune

Chasse à la baleine : Le Japon franchit la ligne jaune
Les Japonais sont particulièrement friands de viande de baleine, cétacé menacé de disparition qu'ils continuent de pêcher officiellement à des fins scientifiques. Les autorités semblent prêtes à tout pour perpétuer cette tradition, quitte à entrer dans l'illégalité

Argent sale, prostituées : la saga de la chasse à la baleine a pris une dimension plus sordide encore à la suite d’un article choc du Sunday Times.

Ceux qui se demandaient par quel « miracle » certaines délégations ne s’opposaient (toujours) pas à la détermination japonaise, alors même que toutes les études scientifiques font état d’une diminution inquiétante des stocks des cétacés [NDLR : Les baleines figurent en outre sur la liste des espèces protégées de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) depuis 1996], ont vu leurs soupçons de corruption confirmés par les investigations de nos confrères de l’édition dominicale du quotidien britannique.

Ces derniers l’ont jouée « à l’envers » et ont eu recours à une pratique journalistique ancienne mais qui a souvent porté ses fruits, l’infiltration, en se faisant passer pour des proches d’un milliardaire disposé à payer en échange d’une modification du vote de plusieurs pays initialement favorables à la chasse.

Six pays prêts à revoir leur position

Habilement menées, leurs investigations ont révélé que quatre nains diplomatiques – la Communauté de Grenade, les îles Marshall, Kiribati et Saint-Christophe-et-Niévès – et deux pays africains – la Côte-d’Ivoire et la Guinée – ont accepté d’ouvrir des négociations pour réviser leur position.

L’édifiante flexibilité de décideurs finalement ô combien faciles à soudoyer a ainsi été mise au jour et a de quoi écoeurer les défenseurs de l’environnement et les autorités australiennes, qui s’opposent depuis des années à leurs homologues japonaises au risque d’altérer gravement les relations diplomatiques entre les deux pays. Quant à la crédibilité de la Commission baleinière internationale (CBI), une institution dont les séances ont été marquées par des distributions ostentatoires d’argent liquide et qui n’a donc plus rien de vénérable, elle est aujourd’hui passablement ébranlée.

À la suite de la retranscription scripturale de conversations accablantes il n’y a plus lieu désormais d’évoquer les « talents » des lobbyistes nippons mais plutôt de déplorer l’infinie bassesse de leurs arguments. Des arguments d’abord sonnants et trébuchants puisque le représentant de la Guinée qui s’est laissé berner a évoqué mille dollars par jour offerts par le Japon pour les dépenses quotidiennes du ministre de la Pêche pendant toute la durée des rencontres de la CBI. Plus glauques encore sont les allégations d’un représentant tanzanien selon lequel des « gentilles filles » auraient été mises à disposition du ministre et de responsables du secteur de la pêche lors de séjours tout frais payés au Japon.

Un compromis acheté ?

La prochaine session de la CBI débutera lundi prochain au Maroc et sera suivie d’encore plus près après cette bombe lâchée par le Sunday Times. Formulée fin avril la proposition de réouverture partielle de la pêche commerciale à la baleine, laquelle fait l’objet d’un moratoire allègrement piétiné depuis 1986, laisse a posteriori un goût des plus âcres dans la bouche. Les États-Unis devraient s’y opposer – c’est en tout cas le souhait de l’acteur Pierce Brosnan, qui dans une vidéo assortie de quelques images coups de poing a rappelé à Barack Obama sa promesse de campagne – mais elle devrait être encore d’actualité la semaine prochaine. On voit mal en effet la délégation japonaise renier un « effort » de plus de deux décennies et faire comme si un scandale avait effectivement éclaté.

Allons-nous bientôt apprendre que des délégations de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction) ont elles-aussi été achetées pour que le thon rouge ne soit pas inscrit à l’Annexe I ? Avec le recul cette décision peut elle aussi paraître trop décevante pour être vraie.

Crédit photo : Wikimedia commons – Stefan Powell
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