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Campagne France Nature Environnement : la Région Bretagne renonce aux poursuites

Campagne France Nature Environnement : la Région Bretagne renonce aux poursuites
Cette affiche avait déclenché la colère du Conseil régional de Bretagne, qui a toutefois décidé de retirer sa plainte contre France Nature Environnement

Il fallait oser. Aux dires du chef de l’État en personne, du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) – en fait du monde agricole dans son ensemble – et du président du Conseil régional de Bretagne Jean-Yves Le Drian (PS), c’était même un crime de lèse-majesté…

Arguant d’un préjudice économique et touristique, ce dernier avait porté plainte contre FNE, coupable d’avoir établi publiquement, en amont du dernier Salon de l’Agriculture, le lien pourtant avéré entre agriculture intensive et prolifération des algues vertes sur le littoral breton. Outre la dramatique diminution des populations d’abeilles, elle aussi imputée au secteur primaire, la fédération avait également épinglé, depuis toujours convaincue de leur dangerosité, les organismes génétiquement modifiés (OGM). Le tout dans le cadre d’une campagne d’affiches coup de poing qui aura laissé des traces à la fois chez les arrosés et chez l’arroseur. Il a même un temps été question d’une suspension des subventions qu’accorde l’État à son initiatrice, suivant le souhait du député de la majorité Marc Le Fur, défenseur zélé du modèle agricole actuel nonobstant ses carences environnementales criantes et qui avait fait part de son indignation à la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet.

Seule figure du gouvernement à ne pas avoir vilipendé l’action de FNE, elle a dû apprécier le renoncement hier de la Région Bretagne à lui donner une suite judiciaire. Assignée par cette dernière pour « atteinte à l’image », la fédération s’était préalablement fendue d’une missive dans laquelle son président Bruno Genty a expliqué que la campagne incriminée « n’était pas dirigée contre la Bretagne et ne visait pas à la stigmatiser ». Et d’ajouter : « je sais que le travail engagé par votre collectivité pour résoudre le fléau des algues vertes. Nous ne pouvons que souhaiter une intensification de ces efforts afin d’aboutir à des résultats concrets dans les meilleurs délais ».

Une mise au point dont le Conseil régional s’est contenté, répondant via un communiqué que « l’atteinte qu’il avait subie est réparée de ce fait ». Préjugeait-il le procès en référé qui devait se tenir demain au tribunal de Paris mal engagé ? Toujours est-il qu’après s’être insurgé du fait que la première région agricole française ait à ses yeux été dépeinte comme « source de pollution et mise en danger d’autrui », il a au bout du compte décidé de « se désister de l’instance ».

Cette volte-face est intervenue au surlendemain du rejet de plusieurs plaintes – dont celle de l’agence de développement touristique Atout France – par le jury de déontologie, pour qui le message « dénonce une réalité reconnue et n’est nullement trompeur ou dénigrant ». Coïncidence ? Pas sûr…

Crédit photo : FNE
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