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Ça chauffe pour les lézards

Ça chauffe pour les lézards

La liste des espèces animales menacées d’extinction compte désormais de nouvelles victimes, les iguanes, les caméléons et les lézards.

Ces derniers pâtiraient gravement du réchauffement climatique. Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Californie, 12% des espèces de lézards se sont éteintes au Mexique depuis les années 1970. Se basant sur ce constat, les scientifiques ont élaboré une modélisation de l’espérance de vie des lézards et en sont arrivés à cette funeste conclusion : d’ici à 2080, la hausse des températures pourrait provoquer la disparition de près de 40% des populations de lézards et de 20% de ces espèces.

« Les lézards sont très mal armés pour affronter les changements brutaux de températures »

L’augmentation des températures est ainsi la principale menace qui pèse sur la survie de cette espèce animale. « Nous avons beaucoup travaillé pour valider ce modèle informatique qui montre bien que les extinctions de lézards résultent du réchauffement, pas des pertes d’habitat », précise Barry Sinervo, responsable de cette étude réalisée au cœur de parcs nationaux et de zones naturelles protégées.

Les lézards régulent leur température corporelle au contact du sol et de la roche. Certes friands de soleil, ils apprécient aussi les endroits ombragés pour se rafraichir. « Contrairement à ce qu’on imagine, ces petits reptiles […] sont très mal armés pour affronter des changement brutaux de températures », explique Jean Clobert, directeur de la station d’écologie expérimentale du Centre national de recherche scientifique (CNRS) à Moulis (Ariège). Aussi, quand le thermomètre s’affole, les lézards sont contraints de rester tapis dans l’ombre.

Un exil forcé en inadéquation avec leurs habitudes alimentaires et finalement fatal puisqu’ils finissent  par mourir de dessèchement.

Effet domino

L’extinction des lézards risque en outre de déclencher des réactions en cascade. Les reptiles se situent en effet au cœur de la chaîne alimentaire de nombreuses autres espèces animales. Ils sont notamment  des proies essentielles pour les oiseaux et les serpents. Les lézards sont par ailleurs très gourmands en insectes qui, eux, pourraient du coup proliférer. La disparition des lézards augure donc de sérieuses menaces sur la préservation de nombreux écosystèmes.

Dédiée à la biodiversité, l’année 2010 restera dans les mémoires comme une période sombre alors qu’un rapport de l’ONU stipule que les menaces qui planent sur certaines espèces sont désormais quasi-impossibles à écarter. Associé à cinquante-neuf autres scientifiques, Jean Clobert vient d’adresser une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy dans laquelle ils s’alarment d’une « disproportion persistante » entre les « grandes menaces qui pèsent sur notre planète » et les réponses apportées jusqu’à aujourd’hui. Chacun connaît maintenant la gravité de la situation à laquelle sont confrontées un nombre croissant d’espèces animales et végétales. De la prise de conscience à la nécessaire action, il y a toutefois un grand pas qu’il faut franchir au plus vite. Sous peine de voir une proportion importante de lézards disparaître, et d’autres espèces avec eux.

Crédit photo: Flickr – travlinman43
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