En cette Année internationale de la biodiversité, le nouveau gouvernement britannique de coalition, qui dès son investiture a annoncé son intention d’être le plus « vert » de l’histoire du pays et s’emploie à joindre les actes à la parole, vient une nouvelle fois de défrayer la chronique. Le ministère de l’Environnement, de l’Agroalimentaire et des Affaires rurales a en effet officialisé la création de quinze nouveaux sites pour sauvegarder oiseaux et espèces marines, ce qui multiplierait par deux les zones protégées outre-Manche et porterait à 4% la proportion des eaux territoriales préservées (NDLR : La surface maritime protégée resterait néanmoins deux fois inférieure à la surface terrestre protégée sur le territoire national).
Cette décision monterait en outre à 200 le nombre de sites protégés au sein du pourtour maritime. Il est cependant à noter que la volonté gouvernementale est en partie tributaire de l’aval de l’Union Européenne (UE), lequel inclurait ces sites dans le dispositif continental Natura 2000.
L’objectif est bien entendu de protéger la biodiversité exceptionnellement riche établie sur les bancs de sable, récifs, crevasses et autres caves des côtes britanniques. Il suppose l’interdiction (ou tout du moins le strict encadrement) des activités de pêche et de dragage ainsi que la mise en place d’éoliennes offshore dans les zones concernées, restrictions qui pourraient ne pas faire l’unanimité.
Reste que l’intention est louable et que sa concrétisation permettrait la protection de nombreuses espèces telles que l’anémone bijou (Corynactis viridis), les bécasseaux maubèches (Calidris canutus), les plongeons catmarins (Gavia stellata), ou les vieilles coquettes (Labrus mixtus).
Les associations écologistes ont sans surprise salué cette annonce mais demeurent lucides sur la marge de manoeuvre. Les estimations du ministère quant au coût de cette mesure – quatre millions de livres (environ quatre millions huit cent mille euros) pour la mise en place des zones protégées, auxquels s’ajoute un million trois cent mille livres (un million six cent mille euros) pour leur surveillance et leur entretien – ont également tempéré quelques ardeurs, vu les coupes budgétaires annoncées pour l’automne.
Le ministère s’est néanmoins employé à dissiper les doutes écologistes, jugeant le budget consacré à ce projet raisonnable et assurant qu’il ne serait pas concerné par les rigueurs automnales. Verdict sans doute définitif dans quelques mois.