NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

« Dette contre nature », ou quand l’économie finance l’écologie

Le programme « Dette contre nature », financé par les instances fédérales américaines, permet aux pays en développement d’assainir à la fois leurs finances et leurs écosystèmes.

Le problème de la dette des pays du Sud est l’un des plus complexes de ces dernières années. Peut-il se régler grâce à l’écologie ? C’est en tout cas dans ce cadre que s’inscrit le programme « Dette contre nature ».

Cette initiative originale a été lancée par la loi américaine pour la Préservation des forêts tropicales, un texte législatif qui permet de muer une dette financière en compensation environnementale, que ce soit par des projets de protection de l’environnement, de gestion des ressources naturelles ou de soutien au développement durable pour les communautés locales. Lancé en 1998, il concerne déjà une douzaine de pays en développement que sont le Bangladesh, le Botswana, Belize, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, la Jamaïque, le Paraguay, Panama, le Pérou, les Philippines et el Salvador. Un responsable du département d’Etat américain explique qu’un tel programme, qui a déjà dépensé 239 millions de dollars dans ce type d’actions, aide les gouvernements à « réorienter » les remboursements de dette vers des fonds locaux, qui financeront des ONG et des actions des collectivités locales. Et c’est maintenant au tour du Brésil de s’y associer.

Economie et écologie font-ils bon ménage ?

L’accord conclu entre Brasilia et Washington porte sur la transformation d’une dette de 21 millions de dollars (16 millions d’euros) en programmes de protection de l’environnement. Trois écosystèmes sont particulièrement dans le viseur de cet échange inédit, la forêt atlantique qui recouvre l’ensemble du littoral brésilien, le Caatinga – une zone semi-aride du Nord-est – et le Cerrado, une savane du centre du pays. La reforestation de l’Amazonie, chantier écologique prioritaire du Brésil, n’est pas directement concernée par cet accord puisque pour en venir à bout, 16 millions d’euros seraient bien entendu largement insuffisants. « Le Brésil est l’un des pays ayant la plus grande biodiversité au monde » a rappelé le Trésor dans un communiqué. « La forêt pluviale atlantique à elle seule abrite plus de 250 espèces de mammifères, plus de 750 espèces de reptiles et amphibiens et près de 1.000 d’oiseaux ».

Ce n’est pas la première fois que des problématiques écologiques sont directement traitées par une solution financière. C’est encore en Amérique du Sud, en Equateur ce coup-ci, qu’a eu lieu la première tentative de monétisation de la nature puisque Quito, par la voix de son président Rafael Correa, a décidé de renoncer à l’exploitation d’importants gisements pétroliers en échange d’une compensation pour les pertes occasionnées. Ce projet Yasuni, qui a même donné lieu à la création du verbe « yasuniser », permet ainsi de protéger la biodiversité locale tout en ne constituant pas un handicap économique pour ces pays qui comptent essentiellement sur ces ressources naturelles pour assurer leur développement.

L’Amazonie respire (un peu) moins mal

Le Brésil avait de son côté récemment annoncé avoir assisté, pour la première fois, à un important recul de la déforestation en Amazonie, même si ces chiffres sont toujours inquiétants et que le climat y est toujours extrêmement tendu. Ainsi, 1 809 kilomètres carrés de forêt amazonienne avaient disparu entre août 2009 et juin 2010 alors que sur la même période, un an auparavant, cette surface défrichée avait été de 3 536 kilomètres carrés, soit un recul de 49%. Il n’empêche que sa surface totale a tout de même diminué de 14% en 40 ans, soit 800 000 kilomètres carrés de végétation en moins – on rappelle à titre de comparaison que la superficie de la France est de 550 000 kilomètres carrés.

La ministre brésilienne de l’environnement se réjouit toutefois de ce léger mieux : « C’est très positif et cela révèle la tendance observée l’année dernière ». « Pour la première fois, nous sommes en mesure de montrer que le taux mondial de déforestation a régressé grâce à des efforts déployés de façon concertée, aussi bien sur le plan local qu’international », indique Eduardo Rojas, sous-directeur général de la Food and Agriculture Organization (FAO) et responsable du Département des forêts. Avec les 163 millions de dollars que devrait dégager le programme de préservation des forêts tropicales dans les prochaines années, ce sont près de vingt millions d’hectares qui devraient être mieux protégés contre la déforestation. Ou quand le vert des dollars vient au secours du vert des forêts…

Crédit photo : Flickr – markg6
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !