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La treizième édition, qui se tiendra jusqu’au 15 juin prochain et consistera en une centaine d’initiatives * dans toute la France, a été inaugurée vendredi matin par l’Agence Bio, à deux pas du Cour Saint-Émilion (XIIe arrondissement de Paris).
La filière bio ne connaît visiblement pas la crise. Certes, l’objectif fixé par le Grenelle de l’environnement, à savoir 6 % de la surface agricole utile (SAU) d’ici 2020, sera difficile à atteindre, mais de nombreux voyants sont aujourd’hui au vert et sa progression, d’autant plus admirable eu égard au contexte économique, ne souffre pas la moindre discussion.
À l’intérieur du café Bert’s, et tandis que les badauds affluaient vers les stands de dégustation de L’Agence Bio, la bonne humeur était palpable. Cette dernière a il est vrai égrené une multitude de chiffres tous plus encourageants les uns que les autres. La France, qui a récemment franchi le cap du million d’hectares de surfaces agricoles « bio », comptait par exemple 23 135 exploitations « vertes » fin 2011, c’est-à -dire 4,5 % du total et surtout deux fois plus qu’en 2007. 811 exploitations supplémentaires ont par ailleurs été comptabilisées entre le 1er janvier et le 15 mai dernier.
Au dernier pointage, l’Hexagone pouvait également se targuer de 35 271 opérateurs, dont les deux tiers de producteurs, lesquels sont 41 % plus nombreux qu’en 2009. Et si le développement est « plus ou moins marqué suivant les filières », comme l’a admis l’Agence bio dans son dossier de presse, toutes sont à présent « concernées par la hausse des surfaces en mode de production biologique, avec des progressions de plus de 20 % en 2011 par rapport à 2010 pour les légumes secs, les fruits et la vigne ».

Les produits bio ont plus que jamais la cote
Au niveau régional, la Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le Languedoc-Roussillon et la Corse méritent un grand coup de chapeau. Avec respectivement 12, 9,3 et 6,7 % de leurs surfaces agricoles convertis au bio, ces régions sont en effet les trois seules de France à avoir déjà dépassé les recommandations « grenelliennes » (NDLR : Précisons en outre que dix régions françaises sur vingt-deux dépassent la moyenne nationale).
« La production se développe, les relations sont de plus en plus approfondies et les engagements toujours plus structurés », a résumé Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio, qui a aussi souligné que la grande distribution représente grosso modo la moitié des ventes et surtout que les importations ont diminué de trois points entre 2010 et 2011. Alors que plus d’un agriculteur bio sur trois est actuellement éleveur, les filières bovine et ovine tirent leur épingle du jeu puisqu’en la matière, la France est auto-suffisante. Les producteurs de volaille et d’oeufs bio sont dans la même situation et le secteur viticole, lui, est carrément euphorique.
L’Agence bio recensait ainsi 61 000 hectares de vignes bio fin 2011, contre « seulement » 22 000 en 2007, et 4 692 producteurs. De même, « 7,4 % du vignoble national était conduit en bio ». On ajoutera que le marché pèse maintenant près de 4 milliards d’euros, deux fois plus qu’en 2007, que « 40 972 hectares de fruits et légumes bio étaient cultivés dans 9 614 fermes (42 % des fermes bio) et que « plus de 45 % des préparateurs (ont déclaré) s’approvisionner dans leur région et plus de 40 % en France ». Cela « traduit l’implication locale des entreprises engagées en bio », estime l’Agence. Et d’une façon générale un engouement pour les produits bio, une bonne santé de l’agriculture biologique, bref un déclic vert des producteurs et des consommateurs jubilatoire.
* Apéros bio, conférences, journées portes ouvertes, rencontres professionnelles etc.

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