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Mont Blanc : la multiplication des éboulements, un autre symptôme du réchauffement climatique

Mont Blanc : la multiplication des éboulements, un autre symptôme du réchauffement climatique

Outre la banquise de l’Arctique, dont le recul ne peut plus être expliqué par la seule vulnérabilité naturelle et qui a atteint ce mois-ci une superficie dramatiquement faible, le réchauffement climatique fait actuellement une autre victime  de marque : le Mont Blanc. Trois éboulements de rochers particulièrement spectaculaires ont été observés ce week-end. Au total, 12 000 mètres cubes de granit se sont décrochés de la face ouest des Drus, dégageant un nuage de poussière visible jusque dans la vallée de Chamonix (Haute-Savoie).

Un phénomène qui se fait de moins en moins rare aux dires de Ludovic Ravanel, chercheur à Edytem, un laboratoire de l’Université de Savoie et du CNRS chargé d’étudier le point culminant français. « Les éboulements vont être de plus en plus nombreux et les volumes mis en jeu plus importants avec le temps », prophétise-t-il. Un évènement de plus grande ampleur s’était par ailleurs déjà produit en 2005. 265 000 mètres cubes de granit se sont alors effondrées, causant de gros dégâts sur le pilier Bonatti, bien connu des alpinistes. « Depuis la fin des années 80, on assiste à des éboulements de plus en plus fréquents » (NDLR : quelque 182 éboulements ont été recensés dans la région depuis 2007), souligne le géomorphologue, selon lequel l’érosion constante du permafrost (ou pergilésol), sol dont la température est en permanence inférieure à 0 degré celsius, est « sans aucun doute » à l’origine des chutes de pierres. «  Son rôle est primordial puisqu’il agit comme un ciment », précise-t-il. Ainsi, tant que les températures sont négatives, tout va bien, le terrain reste rigide et maintient les roches, mais a contrario lorsqu’elles remontent au-dessus de zéro, les glaces se transforment en eau et «  la cohésion des parois rocheuses n’est plus assurée.»

Un phénomène qui tend donc à s’intensifier dans la mesure où le thermomètre aurait grimpé de deux degrés celsius en moyenne depuis 1936. « On n’avait jamais vu ça lors des siècles derniers. La glace dégèle plus profondément chaque année et à des altitudes de plus en plus élevées », rapporte M. Ravanel, passablement inquiet du fait qu’en fondant la glace ne joue plus le rôle de réflecteur et laisse la roche apparente, « qui est conductrice de chaleur même l’hiver ». Des écroulements y compris durant les saisons froides, théoriquement à l’abri, ne seraient donc plus à exclure.

Un problème de plus pour le massif alpin, où comme dans celui de l’Himalaya la fonte des glaciers tend dans le même temps à s’accélérer, et qui suscite lui aussi les plus vives inquiétudes. Car si cette fois-ci aucune victime n’est à déplorer, ces éboulements constituent un risque évident pour les villages des massifs montagneux.

Crédits photos : flickr – eGuide Travel / Jérôme Bon
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