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Matt Damon et le réalisateur Gus Van Sant préparent actuellement un film qui devrait notamment traiter de la fracturation hydraulique. Interdite en France, objet d’un moratoire en Bulgarie, la technique d’extraction des gaz de schiste est en revanche toujours utilisée aux Etats-Unis, notamment en Pennsylvanie, malgré les critiques des associations de protection de l’environnement et un précédent documentaire, Gasland, réalisé par Josh Fox.
Le tournage de The Promised Land (NDLR : « La terre promise ») devrait bientôt commencer. Organisé par le Bureau du film de Pittsburgh, qui recherchait des visages « avec du caractère », le casting ouvert au public s’est déroulé la semaine dernière. Il a permis de recruter « des fermiers, des personnes âgées, des joueurs de baseball, des hommes et des femmes chics et en tenues de soirée, des adolescents et des enfants », détaille Timesonline.com. Egalement à l’affiche, Matt Damon a co-écrit le scénario avec l’acteur John Krasinski et Dave Eggers, auteur du scénario de Max et les Maximonstres.
D’après le site Internet dédié au cinéma Variety, The Promised Land opposera deux cadres d’entreprises rivaux, l’un d’eux voyant sa vie « plongée dans le désarroi lorsqu’il arrive dans une petite ville ». On n’en sait pas beaucoup plus sur ce long-métrage, qui prend en tout cas fait et cause contre l’exploitation des gaz de schiste, désormais soutenue de l’autre côté de l’Atlantique.

Selon le site américain Ecorazzi, le film sera probablement un focus sur la ville de Dimock (Pennsylvannie), où les résidents sont privés d’eau potable depuis 2008 pour cause de contamination, notamment au méthane. Interdite en France depuis juillet dernier (avec une dérogation probable pour les explorations dites scientifiques), la fracturation hydraulique est cependant en vigueur aux Etats-Unis et plus particulièrement en Pennsylvanie, où les écologistes peinent à se faire entendre. Cette méthode d’extraction est pourtant fortement soupçonnée de stimuler l’activité sismique, en plus de favoriser l’augmentation des niveaux de radioactivité et de contaminer les eaux souterraines par l’injection de matières chimiques pendant le forage.
Matt Damon avait déjà exprimé son point de vue sur cette technique dans une vidéo faisant la promotion du Working Families Party, une coalition d’associations et activistes. Il n’est pas le seul à vouloir mettre en avant les craintes sanitaires et environnementales élevées qu’elle suscite. Rappelons en effet que le réalisateur Josh Fox a également enquêté sur la fracturation hydraulique, ce qui lui a valu de se faire arrêter alors qu’il tentait de filmer une audience au Congrès américain, en aval de son documentaire Gasland, qui a fait couler beaucoup d’encre. Le film de Matt Damon et Gus Van Sant devrait lui aussi faire parler de lui. L’équipe du film Frack Nation, un documentaire pro-fracturation hydraulique s’est en effet déjà employée à le décrédibiliser : « il ne sera pas facile (pour “The promised Land“) de faire passer le message avec une suite à Gasland sous forme de film hollywoodien à gros budget se concentrant sur des histoires effrayantes plutôt que sur des histoires vraies. Nous reconnaissons que les films hollywoodiens n’ont pas à être véridiques, ils doivent juste être divertissants. Mais “The promised land“ va accroître les inquiétudes infondées à propos de la fracturation. » Une déclaration qui promet un nouveau débat mouvementé autour de la fracturation hydraulique. De là à s’attendre à une interdiction, ou même à davantage de contrôle…

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