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Marée noire : Tous les États du littoral touchés

Marée noire : Tous les États du littoral touchés
Des micro-boulettes de brut ont investi une partie des côtes du Texas. Quand bien même les autorités ont assuré qu'elles ne présentaient aucun danger pour la population tous les Etats situés autour du Golfe du Mexique sont désormais touchés par la marée noire

Alors que BP a déjà déboursé plus de trois milliards de dollars (environ deux milliards trois cent soixante millions d’euros) en opérations de nettoyage et dédommagements les hydrocarbures ont fini,  par atteindre l’ensemble des États américains menacés par l’explosion de Deep Water Horizon. Deux mois et demi après le début de la marée noire.

Les aléas de la météo – par ailleurs pas toujours favorable aux secours et à BP très loin de là, ainsi qu’en a témoigné la tempête Alex, laquelle a amené la semaine dernière une suspension d’opérations de pompage déjà fort délicates – auront longtemps repoussé l’inéluctable mais cette fois « on » y est : tous les États du littoral voient désormais leurs côtes souillées par des galettes de brut mélangé à des produits dispersants. L’été promet d’être maussade outre-Altantique, avec des conséquences encore difficiles à évaluer pour le tourisme mais dont on peut écrire sans risquer de se tromper qu’elles seront bien réelles.

Du brut jusqu’au Texas

Des petites boulettes de brut mesurant entre un et trois centimètres de diamètre ont été ramassées ce week-end au Texas, sur les plages de Galveston, soit à… six cents kilomètres de la Nouvelle-Orléans (Louisiane), ce qui dénote une nouvelle fois le caractère insaisissable de cette pollution décidément hors norme.

Les autorités supputent toutefois que lesdites boulettes proviennent d’un bateau affecté au pompage du puits de la plateforme immergée. « Nous examinons actuellement cinq bateaux qui pourraient expliquer que le pétrole soit arrivé jusque là », a ainsi précisé mardi l’amiral Thad Allen, commandant des gardes-côtes et responsable de l’organisation des secours. Il n’en demeure pas moins que du brut a déjà été observé sur quelque huit cent kilomètres du littoral américain et que des galettes ont pour la première fois été constatées dans un État jusque là épargné, ce qui tant de temps après le début de la catastrophe relève du miracle. Reste maintenant à savoir comment et dans quel sens souffleront les vents et si les prédictions des météorologues selon lesquels la saison des ouragans qui a débuté le 1er juin dernier sera cette année particulièrement animée se réaliseront.

Le gouvernement britannique au secours de BP ?

Le gouvernement britannique met de son côté tout en oeuvre pour que la prophétie de certains analystes d’une OPA hostile sur BP en reste au stade d’une simple hypothèse. Le groupe pétrolier (NDLR : qui a également affirmé récupérer actuellement environ vingt-cinq mille barils par jour) s’emploie de son côté à balayer les suspicions de déconfiture et a assuré disposer d’une manne budgétaire suffisamment importante pour assumer le coût de la marée noire dans le Golfe du Mexique sans avoir à recourir à l’aide de nouveaux actionnaires. « Nous n’émettons pas de nouvelles actions », a notamment déclaré l’un de ses portes-parole pour faire taire les rumeurs parues dans la presse britannique d’une recherche de nouveaux partenaires stratégiques auprès de fonds souverains.

« Nous sommes ouverts à une augmentation de la participation de nos actionnaires existants », a aussi confirmé le groupe. La mise au point n’a toutefois pas tempéré toutes les ardeurs, le responsable de la compagnie libyenne de pétrole (NOC) Chokri Ghanem ayant affirmé avant-hier que le capital de BP était une « opportunité » pour les investisseurs.

Conscientes des convoitises que le géant suscite depuis l’explosion de la plateforme qu’il louait à Transocean Ltd et la dégringolade de sa capitalisation boursière qui en a découlé les autorités britanniques envisageraient à présent selon nos confrères du Times un plan d’urgence. Il s’agirait de garantir la survie de celui qui était jusqu’à la catastrophe la multinationale la plus puissante du pays. L’État-providence au chevet de BP : insensée il y a encore quelques semaines cette hypothèse serait donc aujourd’hui plausible, même si le groupe a semble-t-il effectivement de quoi voir venir.

BP pourrait chercher à renforcer son actionnariat

Si on ne peut reprocher à ses responsables le manque de transparence quant aux sommes dépensées pour réparer les dégâts le flou subsiste sur sa façon d’appréhender son avenir financier. D’après le New York Times BP aurait demandé à deux de ses partenaires exploitants du puits, les entreprises Anadarko Petroleum Corporation et Mitsui Oil Exploration, qui possèdent respectivement 25 et 10 % du puits, de participer à hauteur de quatre cents millions de dollars (trois cent quinze millions d’euros) aux coûts du nettoyage. Le groupe britannique pourrait toutefois se voir opposer une fin de non-recevoir, Anadarko l’ayant chargé par la voix de son PDG Jim Hackett devant la Commission d’enquête mi-juin en l’accusant de « faute lourde ». Reste que d’après un communiqué de BP paru dans la foulée de la saillie les deux entités sont liées par un accord de partage du coût de toutes les opérations.

En attendant la résolution de ce différend de principe le directeur exécutif de la multinationale britannique Tony Hayward s’est entretenu hier avec le prince héritier d’Abu Dhabi Cheikh Mohammed Ben Zayed et il serait question d’un renforcement de la participation de l’émirat pétrolier dans le capital du groupe à hauteur de 10%. « Nous sommes ici pour discuter avec nos actionnaires actuels », a déclaré un M. Hayward évasif peu avant l’entrevue. Cette fois encore l’objectif était de réfléchir aux moyens à mettre en oeuvre pour se prémunir contre une OPA sur le groupe.

« Dans un monde parfait, sans interruptions, il serait possible de colmater la fuite entre le 20 et le 27 juillet », a pour sa part confié au Wall Street Journal Bob Dudley, responsable des opérations de BP pour l’Asie et le continent américain et qui a pris le relais de M. Hayward dans la gestion quotidienne de la crise. Encore une fois cet optimisme pourrait néanmoins être douché par des conditions météorologiques défavorables (NDLR : d’autant que le Centre américain de veille cyclonique vient d’émettre un nouvel avis de tempête pour la vallée du Rio Grande), comme l’a lui même reconnu M. Dudley. Et le fait est que depuis le 20 avril 2010 le monde dans lequel vit BP est tout sauf parfait.

Crédit photo : United States Coast Guard
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