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Marée noire : Quelles solutions ?

Marée noire : Quelles solutions ?
La nappe de pétrole provoquée par l'explosion de la plate-forme Deep Water Horizon continue de progresser vers les côtes américaines. Les experts redoutent une catastrophe environnementale majeure

British Petroleum (BP) dépense actuellement six millions de dollars US (quatre millions cinq cent mille euros) par jour dans diverses opérations de nettoyage. Elles impliquent plusieurs dizaines d’avions et de navires mais rien n’indique qu’elles finiront par porter leurs fruits. Parallèlement, les gardes-côtes ont décidé de mettre le feu à la nappe.

Immergé par mille cinq cents mètres de fond, le puits déverse actuellement près de huit cent mille litres de brut par jour. Il est à l’origine d’une nappe de pétrole et de deux mille cinq cent litres de gasoil (NDLR : Le carburant qui alimentait  la plate-forme) qui, hier en milieu d’après-midi, atteignait soixante quatorze mille kilomètres carrés – soit une surface équivalente aux superficies additionnées des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes.

Aussi le contre-amiral des gardes-côtes Mary Landry était-elle fondée à déclarer hier que « les efforts entrepris par BP pour colmater les fuites (n’avaient) pas abouti pour le moment ».

À la grâce du feu

Les tentatives inédites, via quatre sous-marins robotisés « ROV » (« Remotely operated vehicules »), d’activation de la valve de quatre cent cinquante tonnes pour refermer le puits s’étant jusqu’ici soldées par autant d’échecs, les gardes-côtes se sont résolus à… brûler cette nappe qui, à l’heure où nous écrivons ces lignes, n’est plus qu’à une trentaine de kilomètres des côtes de la Louisiane.

Une opération risquée qui entraînera une importante pollution atmosphérique et qui consiste d’abord à « confiner le pétrole avec un barrage pour en augmenter l’épaisseur », éclaire M. Le Lann. « L’avantage, c’est que cela réduit l’ampleur de la nappe qui atteint les côtes ». Selon le directeur du CEDRE, il n’y aurait par ailleurs « pas de risques pour les populations côtières ».

On ne saura de toute façon jamais si cette option des « incendies contrôlés » de petites portions de la marée noire pour en réduire l’ampleur était la plus satisfaisante ou s’il aurait fallu confiner le pétrole pour le pomper – « assez compliqué », dixit le spécialiste précité – voire recourir à des produits dispersants pour dissoudre la nappe, ce qui n’aurait pas fait disparaître le pétrole.

Couvercle sous-marin

Parallèlement aux opérations d’endiguement précédemment évoquées et qui n’ont pas été abandonnées, les ingénieurs de BP travaillent à la réalisation d’un gigantesque couvercle métallique sous-marin en forme d’entonnoir qui encerclerait le puits pour retenir le pétrole avant qu’il se disperse dans l’océan. Les hydrocarbures seraient ensuite extraits vers des barges. Jamais éprouvée en eaux profondes, la méthode n’apporte de fait aucune garantie en matière d’efficacité. Reste que cette structure, « fabriquée sur mesure, est en cours de conception et de construction » et devrait être prête « d’ici deux à quatre semaines », a signifié un porte-parole de la compagnie, Robert Wine.

Le locataire de Deep Water Horizon a aussi dépêché lundi une autre de ses plates-formes, Development Driller III, laquelle forera un puits de secours pour court-circuiter le premier ou pour y injecter un enduit spécial destiné à boucher la fuite. Une autre alternative qui selon BP prendrait « deux à trois mois » et qui a le tort supplémentaire d’être particulièrement coûteuse. Elle pourrait donc être vite abandonnée… à moins que ce puits et cette plate-forme-ci ne se substituent aux éléments détruits par l’explosion.

L’Alabama, la Floride, la Louisiane et le Mississippi aux premières loges

Déjà dramatique tout en laissant craindre un désastre écologique plus important encore, la situation a en tout cas conduit le gouverneur de la Louisiane à solliciter auprès des autorités fédérales une aide d’urgence pour protéger les côtes. « Ces moyens supplémentaires sont primordiaux pour atténuer l’impact de la marée noire sur nos côtes », a estimé Bobby Jindal.

Les réserves et autres sites de nidification de son État, mais aussi ceux d’Alabama, de Floride et du Mississippi risquent fort de payer un lourd tribut à la marée noire. 40 % des fruits de mer consommés outre-Atlantique proviennent par ailleurs de Louisiane. Les cachalots, dauphins et requins du Golfe du Mexique font enfin l’objet de vives inquiétudes.

Drame humain – onze personnes sont toujours portées disparues – , l’explosion de la plate-forme pétrolière Deep Water Horizon est également promise à devenir l’une des plus graves catastrophes écologiques de ces dernières années. Pollution de l’air, dégâts immenses sur l’écosystème de la région, elle donne du crédit aux adversaires du pétrole. Dans pareil cas, il n’y a toutefois que des perdants. La biodiversité marine est le premier d’entre eux.

Crédit photo : United States Coast Guards
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