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Marée noire : Obama déçoit encore

Marée noire : Obama déçoit encore
Ici en déplacement à Venice (Louisiane), Barack Obama n'a pas su convaincre les observateurs lors d'un discours pourtant très attendu prononcé mardi depuis le Bureau Ovale. Toujours évasif sur son plan d'action, le chef de l'exécutif américain a toutefois réussi à faire plier le groupe BP le lendemain en obtenant de lui une contribution de vingt milliards de dollars (a minima) pour un fonds d'indemnisation réservé aux victimes de la marée noire. Une bouffée d'oxygène pour l'homme le plus puissant de la planète, chahuté depuis plusieurs semaines sur sa gestion de la crise.

BP finit par céder aux pressions de la Maison Blanche

Géré par une autorité indépendante, ce fonds d’indemnisation est un nouveau gage de bonne volonté du groupe pétrolier (qui selon l’assistante de Barack Obama pour l’environnement Carol Browner n’avait aucune obligation légale à cet égard) après l’officialisation il y a deux semaines d’un programme de recherche de cinq cents millions de dollars sur l’impact de la marée noire et celle d’un fonds de protection de la nature dans les États situés autour du Golfe du Mexique.

Histoire d’éviter de se mettre tout un pays à dos, la direction de BP a par ailleurs annoncé que les sept milliards cinq cents millions de dollars (six milliards d’euros) de dividendes ne seront finalement pas versés aux actionnaires et qu’en revanche une « contribution volontaire » de cent millions de dollars (près de quatre-vingt un millions d’euros) allait être allouée à un autre fonds destiné à aider les ouvriers du secteur du pétrole limogés à la suite de la marée noire.

« Nous nous préoccupons des petites gens », a commenté le président suédois de la multinationale britannique Carl-Henric Svanberg, qui s’est entretenu hier avec le chef de l’exécutif américain à Washington et a dû présenter des excuses pour ces propos condescendants, non sans avoir à son tour montré que la communication n’était décidément pas le domaine de prédilection du géant pétrolier dont il a la charge.

Les vingt milliards de dollars précités seront provisionnés sur le compte fiduciaire en quatre ans et ne constituent pas un plafond, ce qui devrait exacerber les craintes des investisseurs et entretenir les rumeurs d’une éventuelle offensive boursière hostile. De même ils ne seront pas liés aux plaintes en justice ultérieures. Astronomique, cette somme équivaudrait à l’intégralité des dépenses d’investissement consenties par BP l’an passé ou encore à deux années de dividendes.

D’autres pays pourraient en outre lui réclamer de l’argent, ainsi le Mexique, potentiellement menacé par l’arrivée d’hydrocarbures sur ses côtes, et Cuba, encore plus exposé depuis l’arrivée du brut sur les plages de la Floride voisine et l’ouverture de la saison des ouragans. La découverte de galettes de fioul sur ses côtes serait une autre mauvaise nouvelle pour le groupe pétrolier et achèverait de pourrir les rapports déjà délétères qu’entretient l’île avec la première puissance économique du monde depuis 1959.

Elle aurait aussi des conséquences apocalyptiques pour son écosystème, dans une République encore très repliée sur elle-même et qui ne dispose pas des moyens idoines pour faire face à une telle déferlante. Dans la mesure où l’économie cubaine repose de plus en plus sur le tourisme, on peut préjuger d’un été morose à La Havane et d’une baisse importante de fréquentation des bancs de sable blanc de Varadero.

Crédit photo : United States Coast Guard

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  • guidu

    Les Américains en veulent bien sûr beaucoup à BP mais n’épargnent pas Barack Obama. C’est en quelque sorte le “Katrina” de son mandat mais il faut reconnaître qu’à l’époque “W” avait mis beaucoup plus de temps à réagir. Je crois qu’ils ont besoin de coupables et que sa baisse de popularité traduit plus leur colère que leur sentiment d’une mauvaise gestion de la crise. Le fait est qu’il n’y peut rien… et que les Etats-Unis, pas plus qu’un autre pays je pense, n’étaient pas préparés à une telle situation.