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Marée noire : Le propriétaire de la plateforme traînerait des casseroles

Marée noire : Le propriétaire de la plateforme traînerait des casseroles
Propriétaire de nombreuses plateformes pétrolières offshore dont Deep Water Horizon, le groupe Transocean Ltd pourrait bientôt être épinglé par la justice américaine

Jusqu’ici BP monopolisait la vindicte populaire, étatique et médiatique aux Etats-Unis. C’est en catimini que la justice s’est penchée sur les antécédents de l’entreprise américaine basée à Genève – elle siégeait jusqu’en 2008 aux îles Caïman – qui louait Deep Water Horizon à la multinationale britannique. À défaut de faire disparaître du jour au lendemain les vives critiques adressées à cette dernière quant à sa gestion de la marée noire dans le Golfe du Mexique les soupçons qui planent désormais sur Transocean Ltd risquent fort de déclencher une autre volée de bois vert.

De fortes présomptions pesaient déjà sur elle après le témoignage mi-mai sur la chaîne de télévision CBS d’un de ses employés, Mike Williams, selon lequel les techniciens de BP avaient fait l’objet de fortes pressions pour accélérer la production de pétrole dans les heures qui ont précédé l’explosion. Une série de contretemps techniques avaient ralenti les travaux, ce qui faisait aussi perdre des centaines de milliers de dollars par jour au groupe pétrolier britannique, lequel aura toutefois payé autrement plus cher le prix de son imprudence.

Auditionnés devant le Sénat, BP, Transocean Ltd [NDLR : qui poussé l'indécence jusqu'à déposer une requête devant le Tribunal de district de Houston pour que ses engagements soient limités à vingt-six millions huit cent mille dollars (environ vingt et un millions d'euros) ] mais aussi Halliburton – la société qui a réalisé le coffrage du puits et détenait un quart de Deep Water Horizon - s’étaient dans le même temps livrés à un spectacle qualifié de « ridicule » par Barack Obama himself, les trois sociétés se rejetant mutuellement la responsabilité de ce dont on ne savait pas encore qu’il s’agissait de la plus grave catastrophe écologique de l’histoire de l’Oncle Sam.

Reste que pendant que BP faisait la une de tous les journaux à travers les accusations de manquements répétés à la sécurité, son incapacité chronique à interrompre la fuite du puits de la plateforme immergée et les faux-fuyants et autres déclarations calamiteuses de ses dirigeants on en oubliait presque que le groupe ne faisait « que » louer cette dernière.

Fraudes fiscales ?

Quid alors du bailleur ? Même si les tirs se sont concentrés sur la multinationale britannique – Transocean Ltd a il est vrai fait beaucoup pour qu’il en soit ainsi – est-il exempt de tous reproches ?  Quel est le mode de fonctionnement de ce géant du forage offshore si méconnu du grand public malgré son implantation dans trente pays, ses dix-huit mille employés, sa puissance financière et son implication dans la marée noire ? Quoi qu’il en soit la justice américaine s’intéresse à son cas et la nature même de ses investigations laisse présager d’une redoutable contre-publicité.

Dans leur édition de jeudi nos confrères du New York Times ont ainsi écrit sûrs de leur fait que l’entreprise a détourné les lois fiscales dans plusieurs pays dont la Norvège, où les juges essaient aussi d’y voir plus clair et où elle encourrait une amende de huit cent quarante millions de dollars (six cent soixante-cinq millions d’euros), les États-Unis et le Brésil, où des investigations similaires sont actuellement en cours.

D’après le quotidien elle aurait par ailleurs des liens avec des forages au Myanmar (NDLR : Le nouveau nom de la Birmanie). Une des plateformes de Transocean Ltd est en effet en partie louée par une société appartenant à deux personnes liées à la junte birmane et qui seraient directement impliquées dans une sombre affaire… de trafic d’héroïne.

Violations des règles de sécurité ?

Tout aussi glauques sont les soupçons qui planent sur l’ancien propriétaire de Deep Water Horizon quant à l’irrespect des règles de sécurité en Europe. Une commission d’enquête norvégienne nommée à la suite d’un accident en 2007 en mer d’Écosse qui a provoqué la mort de huit personnes travaillant sur un bateau de mise en place d’une plateforme de l’entreprise a notamment dénoncé plusieurs négligences.

Il n’y a peut-être pas loin d’ici à ce que des violations de procédure sur Deep Water Horizon soient bientôt révélées, sachant en outre que de nombreux incidents sur d’autres plateformes ayant nécessité une enquête des autorités américaines ont déjà été attribués à Transocean Ltd.

Le fait est que si les conclusions des enquêtes aujourd’hui en cours corroborent les assertions du New York Times l’entreprise ne sortira pas indemne de la marée noire sur le plan de l’image et pourrait ne plus être en mesure de s’obstiner dans le déni de contribution au génocide environnemental. BP n’a très probablement pas l’apanage de l’inconscience et du souci de rentabilité économique mal placé.

Crédit photo : Wikimedia commons – Swinsto101
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