NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Marée noire : La météo pourrait compliquer la donne

Marée noire : La météo pourrait compliquer la donne
La saison des ouragans, prédite très agitée par le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), pourrait venir compliquer les opérations de nettoyage

BP avait quelque espoir de sortir de la panade grâce au « Top kill », cette méthode à l’intitulé définitif qui consistait à boucher le puits en injectant en son sein des fluides lourds (NDLR : en fait une solution constituée d’eau, de matières solides et de baryte, un minerai à haute densité) et du ciment. Aux dires du « big boss » Tony Hayward, elle avait même « entre 60 et 70 % de chances » de réussir.

« C’est une lutte titanesque entre le flot et la solution injectée dans le puits », avait pour sa part décrit Robert Dudley, directeur exécutif de la multinationale britannique.

Débutée mercredi, l’opération [NDLR : cette fois encore jamais tentée dans des eaux aussi profondes et qui selon le Washington Post revenait à verser entre cent cinq et cent trente-trois litres par seconde dans le conduit (!) ], risquait toutefois, aux dires de l’expert Eric Smith, membre du Tulane Energy Institute, d’endommager la valve anti-explosion et favorisait ainsi les risques d’une fuite encore plus importante.

Envisagée par la multinationale britannique dès le début de la catastrophe mais ayant nécessité un mois de préparatifs, elle aura finalement été un échec. Comme toutes les précédentes.

« Après trois jours entiers de tentative, nous avons été dans l’incapacité de contenir la fuite », a ainsi reconnu samedi Doug Suttles, directeur d’exploitation de BP. Une déclaration laconique dont la teneur a semble-t-il surpris Barack Obama, qui dans un communiqué a rappelé que la population avait « d’abord reçu des retours positifs ».

Les ingénieurs préparent maintenant un autre dispositif – « pas sans risque », a estimé le chef de l’exécutif américain – qui prévoit de sectionner le pipeline endommagé et d’y ajouter un nouveau dôme de confinement. Celle-ci devra capturer le pétrole et le siphonner jusqu’à un navire en surface, mais dans ce cas encore les têtes pensantes vont devoir composer avec la pression, laquelle a jusqu’ici eu raison de toutes les options.

Le NOAA redoute un nombre élevé d’ouragans

La météo pourrait aussi jouer contre eux, alors que la saison des ouragans s’ouvre demain et que le NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), dans son dernier bulletin rendu public jeudi, a tablé sur une activité cyclonique particulièrement intense dans le bassin Atlantique et dans le golfe du Mexique en particulier. L’organisme a prévu la formation de quatorze à vingt-trois tempêtes tropicales d’ici à décembre – la moyenne annuelle étant de onze « seulement » – et huit à quatorze d’entre elles pourraient « muter » en ouragan.

Déjà rendue particulièrement difficile par la nature même de la pollution, qui ne ressemble pas à une « nappe » ordinaire mais consiste davantage en des filaments d’hydrocarbures recouverts de dispersants, la tâche des secours relèverait de la gageure si en plus une conjoncture météorologique défavorable s’ajoutait aux paramètres à prendre en considération.

Le Vieux Continent prêtera cependant main forte aux gardes-côtes. Alors que le gouverneur de Louisiane Bobby Jindal a déploré officiellement manquer de moyens logistiques pour faire face à une pollution qui affecte désormais plus de cent soixante kilomètres des côtes de « son » État, la Commission européenne a en effet annoncé vendredi qu’elle leur prêterait du matériel, conformément à la requête qu’ils avaient formulée auprès du Centre d’information et de suivi de la protection civile européenne. « Cette réaction positive de l’Europe à la demande d’aide matérielle dans le Golfe du Mexique est un geste de solidarité internationale [...] Nous sommes aux côtés de nos amis américains dans leur gestion de ce désastre  », a commenté Kristalina Georgieva, Commissaire européenne chargée de la Coopération internationale, de l’Aide humanitaire et de la Réaction aux crises.

Et l’on reparle du couvercle

Après la tentative infructueuse d’injecter fluides lourds et ciment dans le puits, BP persiste donc à vouloir installer nouveau dôme de confinement pour tenter d’arrêter la fuite.

Une opération similaire n’avait pas obtenu les effets espérés au début du mois « à cause de la formation de cristaux de glace sous l’effet du gaz et de l’eau », a rappelé Robert Dudley. Le directeur général de la multinationale britannique a toutefois déclaré que son groupe allait reproduire l’opération « au moins jusqu’en août ». « Si nous pouvons contenir le flot du puits entre maintenant et le mois d’août et faire en sorte que le pétrole ne se répande pas dans la mer, ce serait une issue positive », a-t-il justifié. D’ici trois mois, la construction de deux puits secondaires sera en effet achevée, et ceux-ci devraient atténuer l’excès de pression qui s’exerce sur le puits principal et définitivement stopper la fuite.

Objet de quelque vingt-cinq mille demandes d’indemnisations, BP a par ailleurs révélé mercredi en avoir honoré douze mille et avoir déjà versé vingt-neuf millions de dollars (soit environ vingt-trois millions sept cent mille euros) aux requérants, des pêcheurs pour la plupart.

Le groupe pétrolier s’est également engagé en début de semaine dernière à consacrer cinq cents millions de dollars (environ quatre cent cinq millions d’euros) à un programme de recherche dédié à l’impact de la marée noire sur l’environnement. Étalé sur une décennie, il sera dirigé par un comité consultatif d’experts indépendants qui répartira les fonds en fonction des différentes études réalisées par des spécialistes de la biologie marine et de l’océanographie. « Le cas échéant, les recherches pourront être coordonnées avec le programme actuel d’étude d’impact sur les ressources naturelles », a précisé le groupe sur son site Internet, et « une première bourse attribuée à l’Université de Louisiane permettra de donner le coup d’envoi de ces travaux ». L’accent sera notamment porté sur l’action des produits dispersants, massivement utilités par BP et qui ont fait l’objet d’une vive polémique quant à leurs répercussions sur la biodiversité sous-marine.

Crédit photo : United States Coast Guard

Pages : 1 2

Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !