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Marée noire en Nouvelle-Zélande : le sort s’acharne

Un peu plus d'un mois après que le porte-containers Rena ait heurté un récif dans la baie de Plenty, des experts australiens ont estimé qu'une partie des plages de la côte est de la Nouvelle-Zélande pourraient être polluées pendant des années

La majorité des médias de masse se sont détournés d’elle et donc de cette catastrophe écologique depuis que la Nouvelle-Zélande a remporté, d’extrême justesse, « sa » Coupe du Monde de rugby. La victoire finale des All Blacks n’a cependant pas coïncidé avec un miracle dans la baie de Plenty, qui abrite une biodiversité marine inestimable mais continue de souffrir mille tourments depuis le 5 octobre dernier, jour où le porte-containers Rena, battant pavillon libérien, est allé se fracasser contre le récif des Astrolabes. Un événement tragique, ô combien évitable vu la notoriété de l’obstacle et qui a suscité un émoi considérable dans le pays ainsi qu’une belle vague de solidarité, l’entreprise néo-zélandaise Skeinz, spécialisée dans la commercialisation de laines en tout genre, ayant par exemple invité la population à tricoter des pulls pour sauver les pingouins mazoutés (NDLR : un programme officiel et bénévole de nettoyage des plages est également en place depuis le 12 octobre. Plus de quatre mille volontaires y ont déjà pris part).

Pour louable qu’elle soit, l’initiative ne suffira malheureusement pas à éviter une insupportable saignée écosystémique sachant que, si quatre cents oiseaux ont pu être recueillis, mille trois cents environ ont d’ores et déjà péri et quatre-vingt-huit containers se sont échappés du cargo à la suite d’une tempête il y a trois semaines. À l’heure où nous écrivons ces lignes, trente-deux d’entre eux ont pu être retrouvés mais les cinquante-six autres sont toujours portés disparus.  « C’est comme rechercher une aiguille dans une botte de foin », a reconnu Andrew Barry, membre du Syndicat maritime de Nouvelle-Zélande (MNZ), qui a ajouté que des grues et des barges seront utilisées pour tenter de ramener lesdits containers à la surface une fois ceux-ci localisés.

Alors que l’eau de mer a investi les cuves du cargo, lequel menace chaque jour un peu plus de se briser, la météo est en outre une nouvelle fois venue contrarier les opérations de secours, qui ont dues être interrompues cinq heures hier en raison de la propagation de gaz toxiques. Une vingtaine de sauveteurs se trouvaient alors à bord pour installer les trois tonnes de tuyaux et les deux grosses pompes nécessaires au pompage de l’eau de mer, réalisé à partir du tanker Awanuia et qui est aujourd’hui LA priorité. Une tâche infiniment complexe et tributaire de nombreux facteurs extérieurs, tout comme le pompage des lubrifiants et autres combustibles qui se sont échappés du Rena.

Des experts australiens qui se ont rendus dans la baie de Plenty la semaine dernière ont enfin indiqué qu’une partie de la côte est du pays pourrait être durablement polluée. En tout état de cause, « le nettoyage des plages prendra des mois » et « des fragments de pétrole vont réapparaître pendant des mois et des années », a précisé l’un d’entre eux, Joe Rositano, qui a aussi travaillé sur la marée noire dans le Golfe du Mexique (États-Unis). Il sait malheureusement de quoi il parle.

Crédits photos : Reuters - HO / flickr – Rick
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  • polo

    Ca ne changera jamais…

  • daniel d

    Il leur a fallu un arbitre plus qu’indulgent pour que se produise un premier miracle…
    Là, malheureusement, ils sont seuls…